SPIRITUALITÉ : quelle place donner dans ma vie à ce qui me dépasse ?
Il existe des questions auxquelles aucune organisation parfaite de notre quotidien ne répond complètement.
Pourquoi certaines expériences nous bouleversent-elles autant ?
Pourquoi ressentons-nous parfois profondément :
la beauté d’un paysage,
le silence,
la naissance d’un enfant,
la présence d’une personne,
la mort de quelqu’un,
le sentiment d’appartenir au vivant,
ou l’impression que notre existence participe à quelque chose de plus vaste que nous ?
Ces expériences ne signifient pas nécessairement que nous devons adopter :
une religion,
une croyance,
une doctrine
ou une explication particulière du monde.
Mais elles peuvent ouvrir une question :
« Quelle place ai-je envie de donner dans ma vie à ce qui dépasse ma seule individualité ? »
Pour certaines personnes, cette question sera profondément religieuse.
Pour d’autres :
philosophique,
existentielle,
symbolique,
humaniste,
liée à la nature,
à la conscience,
au vivant,
à l’amour,
à la transmission
ou à l’expérience d’une profonde connexion.
La spiritualité ne possède donc pas nécessairement :
une seule forme.
La question devient plutôt :
« Qu’est-ce qui, pour moi, me relie à quelque chose de plus vaste sans me faire perdre ce que je suis ? »
Qu’est-ce que la spiritualité ?
Le mot peut provoquer des réactions très différentes.
Pour certains, il évoque immédiatement :
la religion,
la foi,
la prière,
la transcendance.
Pour d’autres :
la méditation,
la nature,
la conscience,
l’intériorité,
la recherche de sens.
Et pour d’autres encore, il ne correspond à rien qui leur soit nécessaire.
Il est donc important de ne pas enfermer la spiritualité dans une définition unique.
Nous pouvons ici l’envisager comme :
la manière dont une personne se relie éventuellement à une réalité, une valeur, une expérience ou une dimension qu’elle considère comme plus vaste que sa seule existence individuelle.
Ce « plus vaste » peut être compris de manières très différentes.
Dieu.
Une tradition spirituelle.
L’humanité.
Le vivant.
La nature.
La conscience.
Une communauté.
Une œuvre collective.
La transmission.
L’amour.
Une forme de transcendance.
Ou simplement :
le sentiment que mon existence ne se limite pas entièrement à moi-même.
Spiritualité et religion : est-ce la même chose ?
Non.
Les deux peuvent se rencontrer.
Mais elles ne sont pas synonymes.
Une religion propose généralement un cadre partagé
Elle peut comprendre :
des croyances,
des textes,
des traditions,
des pratiques,
des rites,
une communauté,
une représentation du sacré.
Pour beaucoup de personnes, ce cadre constitue une source importante :
de sens,
de lien,
de continuité,
de soutien
et d’appartenance.
La spiritualité peut également exister en dehors d’une religion
Une personne peut ne se reconnaître dans aucune tradition religieuse…
et ressentir pourtant profondément :
un lien avec la nature,
une conscience de l’interdépendance,
une responsabilité envers les générations futures,
un sentiment d’émerveillement,
ou la nécessité de vivre selon certaines valeurs qui dépassent son intérêt personnel.
L’enjeu n’est donc pas de décider :
quelle forme serait supérieure à une autre.
Mais de pouvoir se demander :
« Qu’est-ce qui fait réellement sens pour moi ? »
Pourquoi avons-nous parfois besoin de nous relier à plus vaste que nous ?
Notre vie quotidienne nous ramène naturellement :
à nos problèmes,
nos objectifs,
nos responsabilités,
nos besoins,
nos peurs,
nos projets.
Mais certaines expériences déplacent momentanément notre perspective.
Nous contemplons la mer.
Nous regardons un ciel étoilé.
Nous accompagnons quelqu’un qui meurt.
Nous tenons un nouveau-né dans nos bras.
Nous créons quelque chose qui nous dépasse.
Nous participons à une œuvre collective.
Et pendant quelques instants…
notre existence ne semble plus organisée uniquement autour de :
« moi ».
Cela peut produire :
de l’émerveillement,
de l’humilité,
de la gratitude,
un sentiment d’unité,
de connexion,
ou simplement une modification de nos priorités.
La spiritualité peut commencer dans cet élargissement du regard.
Se sentir relié ne signifie pas devoir croire
Nous pouvons parfois penser qu’une démarche spirituelle exige :
une certitude.
Mais il est également possible de vivre cette dimension à travers :
le doute,
la recherche,
l’interrogation.
Nous pouvons dire :
« Je ne sais pas. »
Et malgré cela nous demander :
« Comment ai-je envie d’habiter cette vie ? »
« Qu’est-ce que je considère comme profondément précieux ? »
« Qu’est-ce qui mérite mon respect ? »
« À quoi est-ce que je me sens relié ? »
La spiritualité peut donc être :
une réponse.
Mais elle peut également être :
une manière de rester ouvert à certaines questions.
La spiritualité peut-elle donner du sens à la vie ?
Pour certaines personnes :
oui.
Mais elle n’est ni nécessaire ni suffisante pour vivre une vie qui ait du sens.
Nous pouvons trouver du sens :
dans une relation,
dans l’éducation de nos enfants,
dans notre métier,
dans la création,
dans la transmission,
dans nos valeurs,
dans un engagement,
sans aucune référence spirituelle particulière.
L’article SENS DE LA VIE : comment retrouver une direction lorsque je ne sais plus pourquoi j’avance ? développe précisément cette distinction.
La spiritualité ajoute éventuellement une autre question :
« Est-ce que ce qui donne du sens à ma vie me relie également à quelque chose qui dépasse ma propre existence ? »
Dépasser son individualité ne signifie pas se nier soi-même
C’est une distinction essentielle.
Se relier à quelque chose de plus vaste ne signifie pas :
disparaître,
renoncer à son identité,
abandonner ses limites,
obéir aveuglément,
ou considérer que ses propres besoins ne comptent plus.
Une spiritualité qui demanderait continuellement de nier :
ses émotions,
son corps,
ses limites,
ses besoins,
ou son discernement
peut devenir une nouvelle manière :
de s’éloigner de soi.
La question reste donc profondément liée à l’IDENTITÉ :
Comment m’ouvrir à plus vaste que moi sans cesser d’être moi-même ?
IDENTITÉ : qui suis-je au-delà de mes rôles, de mon histoire et de ce que l’on attend de moi ?
La spiritualité peut parfois devenir une manière d’éviter ce que nous ressentons
La spiritualité peut soutenir.
Elle peut également, parfois, être utilisée pour :
éviter.
Éviter une colère.
Une souffrance.
Un conflit.
Une responsabilité.
Une limite à poser.
Une décision difficile.
Nous pouvons alors transformer certaines idées spirituelles en réponses automatiques :
« Il suffit de lâcher prise. »
« Il faut pardonner. »
« Tout arrive pour une raison. »
« Je dois rester positif. »
« Si cela m’arrive, c’est que j’avais quelque chose à apprendre. »
Ces phrases peuvent avoir une signification personnelle.
Mais elles peuvent aussi empêcher d’accueillir réellement :
la douleur,
l’injustice,
la colère,
ou la nécessité d’agir.
Une démarche spirituelle qui nous aide réellement à vivre peut aussi laisser une place à la totalité de notre humanité.
Pas seulement ce que nous considérons comme lumineux.
Une expérience spirituelle n’est pas nécessairement une explication
Nous pouvons vivre une expérience intense :
de paix,
d’unité,
d’émerveillement,
de présence,
de connexion.
Cette expérience peut être profondément importante.
Mais son interprétation reste une autre question.
Deux personnes peuvent ressentir quelque chose de très proche…
et l’expliquer de manières très différentes.
L’une parlera :
de Dieu.
Une autre :
de conscience.
Une autre :
de nature.
Une autre encore :
d’un état psychologique particulier.
Nous pouvons donc respecter :
l’expérience vécue
sans être obligés d’imposer :
une seule interprétation.
C’est une distinction importante pour préserver :
la liberté,
le discernement,
et le respect des croyances de chacun.
Spiritualité, appartenance et lien au monde
Se sentir relié à plus vaste que soi rejoint directement la question de l’APPARTENANCE.
Nous pouvons appartenir :
à une famille,
à une culture,
à une communauté,
à une tradition,
à une génération,
à l’humanité,
au vivant.
L’article APPARTENANCE : comment être relié aux autres sans cesser d’être moi-même ? développe cette tension entre connexion et autonomie.
La spiritualité peut parfois élargir encore cette question :
« Jusqu’où s’étend le monde auquel je me sens appartenir ? »
Uniquement à moi ?
À mes proches ?
À mon groupe ?
À l’humanité ?
Au vivant ?
À quelque chose de plus vaste encore ?
Spiritualité et mission : qu’ai-je envie de servir ?
La question spirituelle peut également rencontrer celle de la MISSION.
Non pas nécessairement :
« Quelle mission supérieure m’a été imposée ? »
Mais :
« Qu’est-ce qui mérite suffisamment mon engagement pour que j’aie envie de lui consacrer une partie de ma vie ? »
Une personne peut vouloir servir :
la transmission,
la justice,
la beauté,
l’éducation,
la santé,
la liberté,
la protection du vivant,
la connaissance,
la relation,
la paix,
la création.
Il n’est pas nécessaire de considérer cette mission comme :
prédestinée.
Elle peut être :
choisie.
MISSION DE VIE : qu’est-ce que j’ai envie d’apporter à travers ce que je suis ?
Le lien avec les Niveaux Logiques : au-delà de l’identité individuelle
Les Niveaux Logiques de Dilts permettent notamment de distinguer :
l’environnement,
les comportements,
les capacités,
les croyances et valeurs,
l’identité,
puis une dimension plus large autour de la vision, du but et du système auquel nous nous sentons appartenir.
Le travail de Robert Dilts permet notamment de distinguer ces différents niveaux de questionnement.
Les Niveaux Logiques de Dilts : comprendre les niveaux du changement
Dans l’approche Coaching & Thérapies®, cette réflexion est prolongée en distinguant :
IDENTITÉ → MISSION → APPARTENANCE → SENS → SPIRITUALITÉ
Ces dimensions ne constituent pas une hiérarchie scientifique universelle.
Elles permettent de différencier plusieurs questions :
Qui suis-je ?
Qu’est-ce que j’ai envie d’apporter ?
À quoi suis-je relié ?
Pourquoi cela compte-t-il ?
À quoi de plus vaste ai-je éventuellement envie de relier mon existence ?
La spiritualité peut-elle évoluer au cours de la vie ?
Oui.
Nous pouvons :
croire puis douter,
douter puis chercher,
quitter une tradition,
y revenir autrement,
développer une spiritualité personnelle,
ou décider que cette dimension n’est pas centrale dans notre existence.
Certaines périodes de vie rendent également ces questions plus présentes.
Un deuil.
Une naissance.
Une maladie.
Une rencontre.
Le vieillissement.
Une expérience de nature.
Une rupture.
Une transformation profonde.
Nous pouvons alors découvrir que certaines réponses anciennes :
ne nous suffisent plus.
Comme pour le sens, la spiritualité peut être une dimension :
vivante et évolutive.
Comment donner une juste place à la spiritualité dans ma vie ?
Il ne s’agit pas nécessairement d’en faire davantage.
Il peut être plus utile de se demander :
Qu’est-ce que je considère comme profondément précieux ?
Qu’est-ce qui mérite :
mon respect,
mon attention,
mon engagement ?
Quand est-ce que je ressens le plus fortement que ma vie ne se limite pas à moi ?
Dans la nature ?
Dans une relation ?
Dans la transmission ?
Dans la création ?
Dans la méditation ?
Dans la prière ?
Dans le silence ?
Quelles croyances me nourrissent réellement ?
Et lesquelles ai-je simplement :
héritées,
adoptées,
ou jamais questionnées ?
Ma spiritualité m’aide-t-elle à vivre davantage ma réalité… ou à l’éviter ?
Me permet-elle d’accueillir :
mes émotions,
mes limites,
mes responsabilités ?
Ou m’aide-t-elle surtout à les contourner ?
Est-ce que je peux respecter le chemin des autres sans vouloir leur imposer le mien ?
Une spiritualité suffisamment mature laisse également une place :
à la différence.
Qu’est-ce que cette dimension change concrètement dans ma manière de vivre ?
Plus de présence ?
De responsabilité ?
De gratitude ?
De respect ?
De compassion ?
De cohérence ?
La spiritualité peut être profondément intérieure.
Mais elle devient également visible dans :
la manière dont nous habitons notre vie.
Le regard du Coach & Thérapeute
Dans un accompagnement, je ne cherche pas à définir :
ce qu’une personne devrait croire.
La spiritualité appartient à son histoire.
À ses valeurs.
À sa culture.
À ses expériences.
À ses convictions.
Ou à son absence de conviction.
Le travail peut davantage consister à explorer :
ce qui fait sens,
ce qui relie,
ce qui soutient,
ce qui a été transmis,
ce qui a parfois été imposé,
ce que la personne souhaite conserver,
et ce qu’elle souhaite aujourd’hui questionner.
Le travail de Viktor Frankl a notamment donné une place importante à la capacité humaine à s’orienter vers un sens ou une réalité qui dépasse la seule préoccupation de soi.
Mais aucune réponse ne peut être :
imposée de l’extérieur.
La spiritualité ne devrait pas retirer à la personne :
sa liberté,
son discernement,
sa responsabilité,
ou son humanité.
Elle peut, lorsqu’elle a une place juste, ouvrir davantage :
le regard.
Conclusion : être ouvert à plus vaste sans quitter sa propre vie
La spiritualité peut prendre des formes profondément différentes.
Elle peut être :
religieuse,
philosophique,
humaniste,
contemplative,
liée à la nature,
au vivant,
à la conscience,
ou simplement à la manière dont nous ressentons notre appartenance au monde.
Elle n’a pas besoin d’être spectaculaire.
Elle n’a pas besoin non plus :
d’avoir réponse à tout.
Peut-être commence-t-elle parfois par reconnaître :
que nous ne contrôlons pas tout,
que nous ne comprenons pas tout,
et que notre existence s’inscrit malgré tout :
dans des relations,
une histoire,
une humanité,
un monde vivant
qui nous dépassent.
La question n’est donc peut-être pas :
« À quoi dois-je croire ? »
Mais davantage :
« Quelle place ai-je envie de donner dans ma vie à ce qui me dépasse… tout en restant libre, lucide et pleinement présent à ma propre existence ? »
Pour poursuivre votre réflexion
La spiritualité s’inscrit dans un chemin plus large : comprendre qui vous êtes, clarifier ce que vous souhaitez apporter, reconnaître vos appartenances et donner du sens à la manière dont vous choisissez d’habiter votre vie.
PHILOSOPHIE DE VIE : se connaître, choisir et donner du sens à sa vie
IDENTITÉ : qui suis-je au-delà de mes rôles, de mon histoire et de ce que l’on attend de moi ?
MISSION DE VIE : qu’est-ce que j’ai envie d’apporter à travers ce que je suis ?
APPARTENANCE : comment être relié aux autres sans cesser d’être moi-même ?
SENS DE LA VIE : comment retrouver une direction lorsque je ne sais plus pourquoi j’avance ?
Les Niveaux Logiques de Dilts : comprendre les niveaux du changement
Et si vous exploriez la place que vous souhaitez donner à cette dimension de votre vie ?
Vous n’avez pas besoin :
de croire davantage,
de croire autrement,
ou de trouver une réponse définitive.
Mais certaines questions peuvent mériter d’être explorées.
Ce qui vous relie.
Ce qui vous dépasse.
Ce qui vous donne du sens.
Ce que vous souhaitez transmettre.
Et la manière dont tout cela peut trouver une place suffisamment juste dans votre vie.
Un accompagnement peut offrir un espace pour explorer ces questions :
sans imposer de croyance,
sans jugement,
et en respectant votre propre manière de donner du sens à votre existence.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
Un temps pour comprendre ce qui compte aujourd’hui et voir comment cette dimension peut éventuellement trouver une place :
plus consciente, plus libre et plus cohérente dans votre vie.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement