IMAGERY RESCRIPTING (ImRS) : retravailler les souvenirs traumatiques par l’imagerie

Revisiter une expérience sans changer les faits, pour transformer ce qu’elle continue à produire aujourd’hui

EXTRAIT

Certaines expériences appartiennent au passé mais restent émotionnellement très présentes. L’Imagery Rescripting (ImRS) utilise l’imagerie mentale pour revisiter une scène douloureuse et modifier ce qu’elle continue à signifier et à provoquer aujourd’hui, sans prétendre changer la réalité historique de ce qui s’est passé.


Pourquoi certains souvenirs continuent-ils à provoquer les mêmes émotions ?

Vous savez que l’événement est terminé.

Vous savez que vous êtes aujourd’hui ailleurs.

Vous savez parfois même très bien que :

« cette situation appartient au passé ».

Et pourtant…

une image revient.

Une scène.

Un visage.

Une phrase.

Un lieu.

Une expression.

Et l’émotion apparaît presque immédiatement.

Honte.

Peur.

Impuissance.

Tristesse.

Colère.

Dégoût.

Vous pouvez parfaitement comprendre intellectuellement que l’événement appartient au passé…

tout en ressentant encore quelque chose comme :

« Une partie de moi est toujours là-bas. »

L’Imagery Rescripting, souvent abrégé ImRS, a précisément été développé pour travailler certaines de ces expériences.


Qu’est-ce que l’Imagery Rescripting ?

L’Imagery Rescripting est une technique thérapeutique utilisant l’imagerie mentale pour retravailler certaines représentations émotionnellement chargées.

L’objectif n’est pas de supprimer l’événement.

Il n’est pas non plus de convaincre la personne qu’une autre histoire s’est réellement produite.

Il s’agit plutôt de revisiter une scène ou une image afin d’y introduire, dans l’imagerie :

protection,

sécurité,

défense,

possibilité d’agir,

soutien,

reconnaissance,

limites,

ou réponse à certains besoins qui n’avaient pas pu être satisfaits au moment de l’événement.

Une mise à jour récente du protocole par Arnoud Arntz décrit l’ImRS comme une technique transdiagnostique destinée aux souvenirs aversifs d’expériences réelles, mais aussi à certaines images aversives telles que cauchemars ou projections futures.


Dans quelle famille thérapeutique se situe l’ImRS ?

L’ImRS est aujourd’hui utilisé dans différentes approches.

Il est fortement présent dans :

les Thérapies Cognitives et Comportementales,

certaines thérapies centrées trauma,

la Thérapie des Schémas,

et différentes approches intégratives.

Voir :


Les grands auteurs de l’Imagery Rescripting

Parmi les chercheurs et cliniciens importants dans le développement contemporain de l’ImRS figure Arnoud Arntz.

Ses travaux ont notamment porté sur l’utilisation de l’ImRS dans le PTSD et sur la formalisation contemporaine du protocole.

Les travaux d’Ann Hackmann ont également largement contribué à l’utilisation thérapeutique de l’imagerie et des souvenirs dans les approches cognitives.

Emily A. Holmes est une autre référence importante dans la recherche sur l’imagerie mentale et son rôle dans différents troubles psychologiques.

Enfin, l’ImRS occupe une place importante dans la Thérapie des Schémas développée par Jeffrey Young, où l’on retrouve notamment les notions de besoins émotionnels, de modes et d’Adulte Sain.

Il serait cependant incorrect de présenter Jeffrey Young comme « l’inventeur » de l’ImRS : la technique possède une histoire plus large et a été développée dans plusieurs traditions thérapeutiques.


Réécrire un souvenir ne signifie pas réécrire l’Histoire

Le mot Rescripting peut créer une confusion.

Il pourrait laisser croire que l’objectif est :

« faire comme si l’événement s’était déroulé autrement ».

Ce n’est pas le principe.

Prenons une humiliation.

Le fait historique est :

« J’ai été humilié devant plusieurs personnes. »

Après ImRS, la personne sait toujours que cette scène a eu lieu.

Elle ne doit pas repartir en pensant :

« En réalité, quelqu’un m’a défendu et rien de cela ne s’est produit. »

La réalité historique reste intacte.

Ce qui peut évoluer est :

la signification émotionnelle de la scène

et

la manière dont cette scène continue à organiser les réactions présentes.

Le fait reste

« J’étais un enfant et cet adulte m’a humilié. »

Mais la conclusion peut changer

Avant :

« Je n’ai rien fait parce que je suis faible. »

Après travail :

« J’étais un enfant dans une situation où je n’avais ni les ressources ni le pouvoir d’un adulte. »

Avant :

« Personne ne me protégera jamais. »

Après :

« Je peux aujourd’hui développer des ressources et des relations protectrices qui n’existaient pas à l’époque. »

Ce déplacement peut être extrêmement important.


Pourquoi travailler avec une image plutôt qu’uniquement avec des mots ?

Certains souvenirs ne sont pas vécus uniquement comme des récits.

Ils peuvent être associés à :

une image,

un son,

une posture,

un visage,

une sensation corporelle,

une émotion,

une impression de danger,

une représentation extrêmement vive.

La personne peut savoir intellectuellement :

« Je n’ai plus huit ans. »

mais ressentir encore, lorsqu’une scène similaire est activée :

la peur ou l’impuissance de l’enfant qu’elle était.

L’ImRS cherche précisément à travailler à ce niveau expérientiel.


Le modèle ABC et l’Imagery Rescripting

Le modèle ABC montre comment une situation peut activer :

pensées,

images mentales,

émotions,

corps,

comportements.

Le modèle ABC
/chronique/outils/tcc/le-modele-abc

Votre article rappelle d’ailleurs explicitement que les « pensées » en TCC ne sont pas seulement des phrases verbales : elles peuvent également inclure des images mentales, anticipations et souvenirs.

L’ImRS permet d’aller particulièrement travailler cette dimension imagée.


Quelle est la cible d’un Imagery Rescripting ?

La cible peut être :

une scène réelle,

un souvenir traumatique,

une humiliation,

un rejet,

un abandon,

une expérience d’impuissance,

une image intrusive,

une représentation récurrente,

certaines images futures anxiogènes,

ou parfois des cauchemars.

La technique est donc dite transdiagnostique : elle ne correspond pas à un seul diagnostic.


Ce qui compte n’est pas uniquement ce qui s’est passé, mais ce qui manquait

Une question particulièrement importante dans l’ImRS est :

« De quoi cette personne aurait-elle eu besoin dans cette situation ? »

Peut-être :

être protégée,

être crue,

pouvoir partir,

pouvoir dire non,

être rassurée,

être défendue,

être prise dans les bras,

être reconnue,

voir l’agresseur stoppé,

retrouver du pouvoir,

ou simplement entendre :

« Ce qui se passe n’est pas de ta faute. »


Comment se déroule un Imagery Rescripting ?

Les protocoles varient selon :

l’approche,

la problématique,

l’âge auquel l’événement a été vécu,

les ressources de la personne,

la cible,

et la formulation clinique.

Il n’existe donc pas une seule séquence universelle.

Mais plusieurs grands temps apparaissent régulièrement.


1. Clarifier la cible

Avant toute imagerie :

qu’est-ce que nous cherchons à travailler ?

Une scène ?

Une honte ?

Une impuissance ?

Une peur ?

Une croyance ?

Une représentation de soi ?

Une image intrusive ?

Le protocole commence donc, là encore, par une formulation.


2. Recontacter suffisamment la scène ou l’image

La personne est invitée à retrouver la scène avec suffisamment de présence émotionnelle pour que ce qui reste actif puisse apparaître.

Mais l’objectif n’est pas :

de pousser la personne à être submergée.

La dose d’activation doit rester compatible avec un travail thérapeutique suffisamment sécurisé.


3. Identifier ce qui se passe et ce qui manque

Le thérapeute peut explorer :

Que ressentez-vous ?

Que pensez-vous ?

De quoi avez-vous peur ?

Que souhaiteriez-vous qu’il se passe ?

De quoi cette partie de vous aurait-elle besoin ?

Protection ?

Soutien ?

Justice ?

Limites ?

Réconfort ?

Pouvoir agir ?


4. Introduire une réponse corrective dans l’imagerie

La scène peut ensuite évoluer dans l’imagerie.

Il peut devenir possible :

d’arrêter l’agresseur,

de sortir l’enfant de la situation,

de poser une limite,

de confronter quelqu’un,

d’appeler une personne protectrice,

de restaurer une forme de sécurité,

ou de répondre au besoin émotionnel qui n’avait pas pu être satisfait.

L’objectif n’est pas de réécrire l’Histoire.

Il est de modifier l’expérience émotionnelle actuelle associée à cette histoire.


5. Observer ce qui change

La personne peut ensuite observer :

l’émotion,

la sensation corporelle,

la croyance,

la représentation de soi,

et la signification de la scène.

L’objectif n’est pas nécessairement :

« ne plus rien ressentir ».

Il est parfois simplement :

« Je peux repenser à cette scène sans redevenir entièrement la personne impuissante que j’étais à l’époque. »


Qui intervient dans la scène ?

Il existe plusieurs variantes.

Parfois :

LE THÉRAPEUTE

est introduit dans l’imagerie comme figure protectrice.

Parfois :

L’ADULTE ACTUEL

intervient auprès de l’enfant ou de la personne plus jeune.

Parfois :

UNE AUTRE FIGURE PROTECTRICE

est introduite.

Dans certaines modalités influencées par la Thérapie des Schémas, la personne peut progressivement mobiliser son Adulte Sain.

Il ne faut donc pas présenter :

« visualiser son Adulte Sain »

comme la définition obligatoire de tout ImRS.

C’est une modalité possible parmi plusieurs.


ImRS et TRAHISON

Prenons une trahison.

La personne ne souffre peut-être pas uniquement de l’idée :

« On m’a trompé. »

Elle revoit continuellement :

le moment où elle a découvert les messages,

le visage de son partenaire,

la scène de l’aveu,

la réaction d’autres personnes,

le moment où elle s’est sentie ridiculisée.

Et la croyance dominante devient :

« Je suis stupide. »

Ou :

« Je n’ai aucun pouvoir. »

Ou :

« Personne ne viendra m’aider. »

L’ImRS peut alors devenir pertinent si une scène particulièrement chargée émotionnellement continue d’organiser la honte ou l’impuissance.

Lire :

 

Puis :

 


ImRS et HONTE

La honte est probablement l’une des applications les plus intéressantes pour notre future architecture éditoriale.

Une personne peut parfaitement savoir :

« Je n’avais aucune raison d’avoir honte. »

Mais revoir intérieurement une scène :

où elle a été ridiculisée,

déshabillée psychologiquement,

rabaissée,

exposée,

rejetée,

ou incapable de se défendre,

et ressentir immédiatement :

« Je suis encore cette personne-là. »

L’ImRS permet alors de travailler la scène, pas uniquement la phrase.

C’est une différence majeure avec un travail cognitif strictement verbal.


ImRS et HUMILIATION

Une humiliation ancienne peut construire :

« Si je me montre, quelqu’un me rabaissera. »

« Si je fais une erreur, je serai ridiculisé. »

« Je dois être irréprochable. »

Le futur satellite :

pourra donc mailler directement vers l’ImRS lorsqu’une scène précise reste organisatrice.


ImRS et PERFECTIONNISME

Voilà un autre maillage particulièrement intéressant.

Le problème visible :

PERFECTIONNISME

« Je dois tout réussir. »

Mais derrière :

« Si je fais une erreur, je serai humilié. »

Puis éventuellement :

UNE SCÈNE

un parent très critique,

un professeur humiliant,

une erreur exposée devant toute une classe,

une comparaison répétée,

un échec particulièrement honteux.

Le travail TCC peut porter sur :

les croyances,

les comportements perfectionnistes,

les expériences comportementales,

la tolérance de l’imperfection.

Mais si une scène ancienne reste émotionnellement centrale :

l’ImRS peut devenir une autre cible de travail.

Futur satellite :


ImRS et REJET

Même logique lorsqu’une expérience de rejet continue à porter une représentation telle que :

« Je ne suis pas désirable. »

« Personne ne voudra de moi. »

« Si je suis vraiment moi-même, je serai rejeté. »

Futur satellite :
 


ImRS et ABANDON

Certaines scènes de séparation, de départ ou d’absence peuvent rester extrêmement présentes.

Le travail peut alors concerner :

la solitude,

l’impuissance,

la peur,

le besoin de protection,

la sécurité relationnelle.

Maillage :

Et :

https://coaching-therapies.com/chronique/fondements/psychologie/theorie-attachement-securite-interieure-relations


ImRS et IMPUISSANCE

Une personne peut porter le souvenir :

« Je n’ai rien pu faire. »

Le problème actuel peut être moins :

le danger lui-même

que :

l’expérience d’avoir été totalement sans pouvoir.

Le rescripting peut alors introduire :

la protection,

la sortie,

la défense,

la limite,

la possibilité d’agir,

ou une autre personne venant interrompre la situation.

Voir :


L’ImRS modifie-t-il la mémoire ?

Il faut être précis.

La personne ne perd pas la connaissance de ce qui s’est réellement passé.

Le souvenir autobiographique n’est pas simplement remplacé par un nouveau souvenir fictif.

L’objectif thérapeutique est davantage de modifier :

les significations,

les associations émotionnelles,

certaines croyances,

certaines réponses,

et la manière dont le souvenir influence l’expérience présente.

Cette distinction est essentielle, notamment lorsque l’on parle de trauma.


Imagery Rescripting et reconsolidation de la mémoire : attention aux raccourcis

Le terme reconsolidation de la mémoire est aujourd’hui très utilisé.

Parfois trop.

Lorsqu’un souvenir est réactivé, certains processus neurobiologiques peuvent permettre sa modification avant une nouvelle stabilisation.

Cela constitue un champ scientifique majeur.

Mais il serait excessif d’affirmer simplement :

« L’ImRS fonctionne parce qu’il reconsolide la mémoire. »

Les mécanismes thérapeutiques exacts de l’ImRS restent étudiés.

Nous pouvons donc présenter la reconsolidation comme une piste mécanistique possible, mais pas comme une explication définitive.

Cette prudence est importante pour votre rubrique :

Notre MASTER rappelle justement que les neurosciences éclairent une partie du fonctionnement humain sans pouvoir à elles seules tout expliquer.


Que dit la recherche scientifique sur l’Imagery Rescripting ?

Les données sont aujourd’hui beaucoup plus intéressantes qu’il y a quelques années.

Une première méta-analyse de 2016 portant sur 19 essais et 363 patients observait déjà des effets importants de l’ImRS sur différents troubles associés à des souvenirs aversifs, tout en soulignant le nombre encore limité d’essais randomisés.

Une méta-analyse actualisée publiée en 2023 a inclus 17 essais randomisés et 908 participants. Elle retrouvait un bénéfice de l’ImRS par rapport aux contrôles passifs et ne mettait pas en évidence de différence significative avec plusieurs traitements actifs comparés, notamment l’exposition, la restructuration cognitive ou l’EMDR. Les auteurs soulignent néanmoins que le nombre d’études reste limité pour chaque trouble spécifique.


ImRS et PTSD lié aux traumatismes de l’enfance

Un essai clinique randomisé portant sur des adultes présentant un PTSD lié à des traumatismes de l’enfance a comparé l’ImRS à l’EMDR.

Les deux traitements ont entraîné une diminution importante des symptômes, sans supériorité claire de l’un sur l’autre dans cette étude.

Une autre étude randomisée a ensuite évalué l’ImRS comme traitement autonome de PTSD liés à des abus durant l’enfance, avec des résultats soutenant son efficacité dans cette population étudiée.

Cela ne signifie pas que :

ImRS = EMDR

ni que l’ImRS possède déjà exactement le même statut dans toutes les recommandations internationales.

Cela signifie que son niveau de documentation scientifique est désormais suffisamment important pour justifier pleinement sa présence dans une rubrique TCC structurée.


ImRS ou CPT : quelle différence ?

Prenons une scène d’humiliation.

Le souvenir

« Le professeur m’a humilié devant toute la classe. »

La croyance

« Si je fais une erreur devant quelqu’un, je serai humilié. »

Avec ImRS

Nous pouvons travailler particulièrement :

la scène,

l’impuissance,

le besoin de défense,

le sentiment de honte,

la représentation émotionnelle.

Avec CPT

Nous pouvons travailler particulièrement :

« Une erreur signifie que je vais forcément être humilié. »

ou :

« Cette scène prouve que je suis quelqu’un de ridicule. »

Lire :


ImRS ou EMDR ?

Les deux peuvent travailler des expériences traumatiques, mais leur logique est différente.

EMDR

La personne cible une mémoire traumatique et suit un protocole de retraitement comprenant notamment des stimulations bilatérales.

ImRS

La scène est activée puis transformée dans l’imagerie afin de modifier certaines significations, réponses et besoins émotionnels associés.

L’un n’est donc pas simplement une variante de l’autre.

Ils peuvent parfois constituer deux options différentes selon :

la cible,

la personne,

le type de représentation,

et la formulation clinique.


ImRS ou exposition prolongée ?

Dans l’exposition prolongée, une logique centrale consiste à diminuer progressivement l’évitement et à permettre un nouvel apprentissage au contact des souvenirs ou situations évités.

Dans l’ImRS, la personne n’est pas nécessairement invitée à rester longuement dans le souvenir tel qu’il s’est produit.

La scène est utilisée comme point d’entrée vers une transformation imagée de l’expérience.

Ce sont donc deux mécanismes thérapeutiques différents.


ImRS, CPT, EMDR et Exposition : tableau comparatif

APPROCHE QUESTION CENTRALE
CPT Qu’ai-je fini par croire à cause du trauma ?
ImRS Que continue à provoquer cette scène, et qu’aurait-il fallu pouvoir vivre ou recevoir autrement ?
EMDR Quelle mémoire traumatique reste insuffisamment retraitée ?
Exposition prolongée Qu’est-ce que j’évite encore et que mon système doit réapprendre à traverser ?

Ce tableau ne sert pas à choisir soi-même un traitement.

Il montre surtout pourquoi :

UN TRAUMA ≠ UNE TECHNIQUE UNIQUE.


Faut-il toujours commencer par un « lieu sûr » ?

Non.

Certains protocoles d’imagerie utilisent des exercices préalables de sécurité ou de ressources.

D’autres formes d’ImRS ne suivent pas systématiquement cette séquence.

La décision dépend :

du protocole,

de l’état de la personne,

de sa stabilité,

de la dissociation éventuelle,

des ressources disponibles,

et de la cible.

Il serait donc incorrect de présenter :

« lieu sûr → souvenir → rescripting »

comme une règle universelle.

Faut-il toujours visualiser un « Adulte Sain » ?

Non plus.

La notion d’Adulte Sain est particulièrement associée à la Thérapie des Schémas.

Elle peut être extrêmement utile.

Mais l’ImRS peut aussi utiliser :

le thérapeute,

l’adulte actuel,

une autre figure protectrice,

ou d’autres modalités.

Encore une fois :

UNE VARIANTE ≠ LA DÉFINITION DE TOUTE LA MÉTHODE.


L’ImRS est-il un exercice à faire seul ?

Lorsqu’il s’agit :

d’un souvenir légèrement désagréable,

d’une image peu intense,

ou d’un travail de développement personnel très encadré,

certains exercices d’imagerie peuvent être relativement simples.

Mais lorsqu’il existe :

un PTSD,

une dissociation,

des violences graves,

des traumatismes complexes,

des souvenirs extrêmement activants,

ou une forte instabilité émotionnelle,

l’ImRS ne devrait pas être réduit à :

« fermez les yeux et réécrivez votre trauma ».

Le cadre thérapeutique, l’évaluation et la capacité de régulation deviennent essentiels.

Sécurité intérieure et ImRS

Un travail sur les souvenirs traumatiques suppose parfois de commencer par renforcer la capacité à :

rester présent,

revenir au présent,

identifier ce qui se passe,

tolérer l’émotion,

et retrouver suffisamment de stabilité.

C’est ici que l’ImRS rejoint votre modèle :

La Sécurité Intérieure®

/chronique/modeles/cliniques/la-securite-interieure

Votre modèle souligne précisément que la stabilité intérieure n’implique pas l’absence d’émotions, mais la possibilité de les traverser sans perdre entièrement ses repères.

Il rejoint également :

Régulation Intérieure®

/chronique/articles/mental-emotions-regulation-interieure

L’ImRS dans une approche intégrative Coaching & Thérapies®

L’ImRS devient particulièrement intéressant lorsqu’une scène reste centrale.

Mais la personne peut également présenter :

une croyance,

un comportement d’évitement,

une stratégie de contrôle,

une difficulté d’attachement,

une hypervigilance,

une problématique relationnelle actuelle.

L’approche intégrative ne consiste donc pas à dire :

« Nous allons faire un Imagery Rescripting parce que vous avez un trauma. »

Elle consiste à demander :

« Quelle cible cherchons-nous à transformer ? »

Puis :

si la cible est une scène chargée → ImRS peut être pertinent

si la cible est une croyance → CPT/TCC peut être pertinent

si la cible est une mémoire traumatique spécifique → EMDR peut être pertinent

si la cible est l’évitement → exposition peut être pertinente

si la cible est la relation actuelle → Systémie / travail relationnel peut devenir nécessaire

si le système est fortement désorganisé → régulation et sécurité peuvent précéder d’autres interventions

Cette logique rejoint directement :

La Méthode Coaching & Thérapies®
/chronique/articles/methode-coaching-therapies

Maillage vers MA VIE PERSONNELLE

L’ImRS pourra devenir un outil directement relié à plusieurs satellites.

TRAHISON

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/trahison-comment-me-liberer-pour-refaire-confiance

HONTE — À CRÉER

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/honte-comment-me-liberer-du-regard-qui-me-condamne

HUMILIATION — À CRÉER

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/humiliation-comment-me-liberer-de-la-honte-et-retrouver-ma-place

REJET — À CRÉER

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/rejet-comment-etre-moi-meme-sans-peur-du-regard-des-autres

ABANDON — À CRÉER

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/abandon-comment-aimer-sans-peur-de-perdre

IMPUISSANCE — À CRÉER

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/impuissance-comment-retrouver-ma-capacite-a-choisir-et-agir

PERFECTIONNISME — À CRÉER

/chronique/series/ma-vie-personnelle/blessures-traumas/perfectionnisme-de-quoi-essaie-t-il-reellement-de-me-proteger

Maillage vers les autres outils

Maillage vers les Fondements scientifiques

FAQ — Imagery Rescripting

Qu’est-ce que l’Imagery Rescripting ?

L’ImRS est une technique thérapeutique utilisant l’imagerie mentale pour retravailler la signification émotionnelle de souvenirs ou images aversifs.

Réécrit-on réellement le souvenir ?

Non.

La personne continue de savoir ce qui s’est historiquement produit.

Le travail porte sur ce que le souvenir continue à provoquer et signifier dans le présent.

L’ImRS est-il uniquement utilisé pour les traumas ?

Non.

La recherche a étudié l’ImRS dans plusieurs troubles associés à des images ou souvenirs aversifs, notamment PTSD, anxiété sociale, troubles anxieux, troubles alimentaires et d’autres problématiques.

L’ImRS est-il une TCC ?

Il est largement utilisé dans les approches cognitivo-comportementales, mais également dans la Thérapie des Schémas et d’autres approches intégratives.

Quelle différence entre ImRS et CPT ?

La CPT travaille principalement les croyances et significations post-traumatiques.

L’ImRS travaille plus directement avec la scène ou l’image émotionnellement activée.

Quelle différence entre ImRS et EMDR ?

Les deux peuvent travailler des souvenirs traumatiques, mais avec des protocoles et mécanismes thérapeutiques différents.

L’ImRS peut-il aider sur la honte ?

Oui, certaines formes de honte liées à des souvenirs précis d’humiliation, de rejet ou d’impuissance peuvent constituer des cibles particulièrement pertinentes.

Peut-on utiliser l’ImRS après une trahison ?

Oui, lorsque la trahison reste notamment associée à une scène très chargée :

la découverte,

l’aveu,

l’humiliation,

ou une scène ancienne réactivée.

Mais si le problème dominant est principalement une croyance telle que « personne n’est fiable », un travail cognitif comme la CPT peut être plus directement ciblé.


Le regard du Coach & Thérapeute


Lorsqu’une personne me dit :

« Je sais que c’est fini, mais lorsque j’y repense, j’ai l’impression que cela se passe encore. »

je ne m’intéresse pas uniquement à ce qu’elle sait.

Je m’intéresse aussi à ce qu’elle :

voit intérieurement,

ressent,

revient vivre,

et croit encore dans cette scène.

Car parfois, le problème n’est plus seulement le récit :

« Cela m’est arrivé. »

Le problème est :

« Lorsque cette scène revient, je redeviens immédiatement celui ou celle qui n’avait aucun pouvoir. »

C’est là que l’Imagery Rescripting devient particulièrement intéressant.

Il ouvre une possibilité :

revisiter sans nier,

modifier sans falsifier,

réparer symboliquement sans prétendre changer l’Histoire.

Et surtout :

permettre à la personne actuelle d’apporter à la personne d’alors ce qui lui manquait peut-être profondément.

De la protection.

Une voix.

Une limite.

Une présence.

Une possibilité de sortir.

Une autre compréhension.

Le souvenir reste une partie de l’histoire.

Mais il peut progressivement cesser d’occuper exactement la même place dans le présent.


Faites le premier pas

Certaines expériences appartiennent au passé…

mais continuent à apparaître dans :

vos émotions,

vos réactions,

vos relations,

vos croyances,

ou certaines images qui semblent ne jamais vraiment disparaître.

Le premier travail consiste à comprendre :

ce qui reste actif

et

quelle cible mérite réellement d’être travaillée.

Un souvenir ?

Une image ?

Une croyance ?

Une honte ?

Une peur ?

Une stratégie de protection ?

Une difficulté actuelle ?

Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.

20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement

Références scientifiques principales

Une méta-analyse de Morina, Lancee et Arntz a montré dès 2016 des résultats prometteurs de l’ImRS sur différentes problématiques associées aux souvenirs aversifs, tout en soulignant le faible nombre d’essais randomisés disponibles à cette époque.

La méta-analyse actualisée de Kip, Schoppe, Arntz et Morina publiée en 2023 a inclus 17 essais randomisés et 908 participants ; l’ImRS était supérieur aux contrôles passifs et ne différait pas significativement, dans les comparaisons disponibles, de plusieurs traitements actifs établis.

Un essai randomisé a comparé ImRS et EMDR chez des adultes présentant un PTSD lié à des traumatismes de l’enfance, avec des améliorations importantes dans les deux groupes.

Un autre essai randomisé a étudié l’ImRS comme traitement autonome du PTSD lié à des abus durant l’enfance et a apporté des données favorables sur son efficacité.

Enfin, Arnoud Arntz a publié en 2025 une actualisation du protocole décrivant l’ImRS comme une technique transdiagnostique applicable aux souvenirs aversifs réels mais aussi à certaines images telles que cauchemars ou projections futures.


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