Pourquoi l’intention ne suffit pas en Communication ?
Quand vouloir bien faire ne garantit ni compréhension ni relation saine
Introduction — « Pourtant, je ne voulais pas blesser »
Qui n’a jamais prononcé (ou entendu) ces phrases ?
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« Ce n’est pas ce que je voulais dire. »
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« Tu as mal compris mon intention. »
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« Je pensais bien faire. »
Et pourtant, malgré de bonnes intentions, la relation se tend, l’autre se ferme, le malaise s’installe.
En communication, vouloir bien faire ne suffit pas.
Car ce qui compte réellement, ce n’est pas ce que vous vouliez dire… mais ce que l’autre reçoit et ressent.
Intention et impact : deux réalités différentes
L’intention : une réalité intérieure
L’intention appartient à celui qui parle :
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ce qu’il voulait transmettre
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ce qu’il pensait être juste
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ce qu’il cherchait à éviter ou à préserver
Elle est souvent sincère.
Mais elle reste invisible pour l’autre.
L’impact : une réalité relationnelle
L’impact est ce que l’autre :
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comprend
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ressent
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vit émotionnellement
L’impact existe même si l’intention était bonne.
PRINCIPE FONDAMENTAL
En communication, l’intention est personnelle.
L’impact est relationnel.
Pourquoi l’impact prime toujours sur l’intention
Dans une relation, c’est l’impact émotionnel qui laisse une trace, pas l’intention.
Même si :
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les mots sont polis
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le ton est calme
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le message semble rationnel
Si l’échange génère :
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malaise
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confusion
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blessure
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sentiment d’injustice
Alors la communication est dysfonctionnelle, indépendamment de l’intention.
Les pièges courants de la “bonne intention”
« Je dis ça pour ton bien »
Derrière cette phrase se cachent souvent :
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un jugement
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une posture de supériorité
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une négation du vécu de l’autre
L’impact peut être vécu comme une attaque ou une invalidation.
« Je suis honnête, moi »
L’honnêteté sans conscience de l’impact peut devenir :
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brutale
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intrusive
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violente émotionnellement
CLE
La sincérité n’excuse pas l’absence de respect émotionnel.
« Il / elle est trop sensible »
Attribuer l’impact à la sensibilité de l’autre permet d’éviter de se remettre en question.
C’est une forme subtile de déresponsabilisation relationnelle.
Pourquoi on se réfugie derrière l’intention
Pour se protéger
Reconnaître l’impact oblige à :
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entendre l’autre
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accepter une part de responsabilité
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renoncer à avoir “raison”
Ce n’est pas confortable.
Par peur de culpabiliser
Beaucoup confondent :
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responsabilité relationnelle
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culpabilité personnelle
Reconnaître un impact ne signifie pas être une mauvaise personne.
Intention, peurs et blessures émotionnelles
Lorsque l’impact est nié, ce sont souvent :
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des peurs (rejet, conflit, jugement)
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des blessures émotionnelles activées
qui pilotent la communication.
Par exemple :
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une peur du conflit → minimisation de l’impact
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une blessure d’injustice → rigidité et justification
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une blessure de rejet → refus d’entendre la sensibilité de l’autre
La communication devient alors défensive, même avec de bonnes intentions.
L’impact émotionnel comme boussole relationnelle
Écouter l’impact ne veut pas dire se renier
Prendre en compte l’impact, ce n’est pas :
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se taire
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s’effacer
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s’excuser de tout
C’est :
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reconnaître le vécu de l’autre
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ajuster sa manière de dire
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rester en lien sans se renier
Ajuster plutôt que justifier
Une communication saine repose sur la capacité à dire :
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« Je n’avais pas cette intention, mais j’entends l’impact. »
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« Je vais ajuster ma manière de dire. »
CLÉ RELATIONNELLE
L’ajustement construit la relation.
La justification la fige.
Dans quels contextes l’erreur intention / impact est-elle la plus fréquente ?
Dans le couple
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reproches déguisés en conseils
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silences justifiés par de “bonnes raisons”
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paroles blessantes minimisées
Dans la communication professionnelle
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feedbacks mal reçus
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consignes floues mais “bien intentionnées”
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autorité imposée sans conscience émotionnelle
En communication en public
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message juste mais mal incarné
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discours déconnecté du vécu du public
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suradaptation qui brouille l’impact
Les contextes changent, le mécanisme reste identique.
Sortir du piège de la bonne intention
Pour sortir de la communication dysfonctionnelle liée à l’intention, il est essentiel de :
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déplacer son attention vers l’impact
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accepter d’ajuster sans se justifier
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reconnaître les émotions générées
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communiquer avec responsabilité relationnelle
Une communication mature accepte l’imperfection et privilégie le lien.
Conclusion — Ce qui transforme vraiment la communication
La qualité d’une communication ne se mesure pas à ce que vous vouliez dire,
mais à ce que l’autre peut recevoir sans se sentir ni attaqué, ni nié.
Une communication devient saine lorsque :
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l’intention est présente
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l’impact est reconnu
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l’ajustement est possible
C’est à cet endroit précis que la relation peut évoluer.