Pourquoi l’auto-trahison relationnelle s’installe ?
Introduction — Ce oui qui ne nous ressemble pas
Nous disons oui.
Alors que quelque chose en nous résiste.
Alors que notre corps se crispe.
Alors que notre pensée murmure non.
Sur le moment, ce oui semble anodin.
Parfois même nécessaire.
Avec le temps, il laisse une trace plus profonde :
-
une fatigue relationnelle
-
une perte de clarté intérieure
-
un malaise diffus, difficile à nommer
Dire oui quand nous pensons non est l’une des formes les plus courantes — et les plus silencieuses — d’auto-trahison relationnelle.
Dire oui quand nous pensons non : de quoi parlons-nous ?
Il ne s’agit pas :
-
d’un oui choisi
-
d’un compromis conscient
-
d’une flexibilité ponctuelle
Il s’agit d’un oui prononcé :
-
pour éviter une tension
-
pour préserver le lien
-
pour ne pas décevoir
-
pour ne pas déranger
REPÈRE ESSENTIEL
Un oui aligné apaise.
Un oui contraint fatigue.
Pourquoi disons-nous oui quand nous pensons non ?
La peur du conflit
Nous avons souvent appris que :
-
dire non crée des tensions
-
exprimer un désaccord met en danger la relation
Alors nous choisissons le oui comme stratégie d’évitement.
Le conflit est évité… mais le malaise est déplacé.
La peur de décevoir ou de perdre l’autre
Dire non peut réveiller :
-
la peur de ne plus être aimé
-
la peur de perdre notre place
-
la peur d’être perçu comme égoïste
Nous préférons parfois nous adapter plutôt que risquer la perte, même intérieurement.
Des schémas relationnels appris
Dans certains contextes, nous avons appris que :
-
dire non est mal vu
-
être gentil, c’est dire oui
-
s’affirmer, c’est déranger
Ces messages s’inscrivent profondément et deviennent automatiques.
Des blessures émotionnelles activées
Les blessures de rejet, d’abandon ou d’humiliation rendent le non :
-
anxiogène
-
risqué
-
émotionnellement coûteux
REPÈRE
Ce n’est pas le non qui est difficile.
C’est ce que nous craignons qu’il provoque.
Ce que ce oui répété nous fait intérieurement
Dire oui contre nous-mêmes n’est jamais neutre.
Avec le temps :
-
la frustration s’accumule
-
la colère se retourne contre nous
-
notre boussole intérieure s’émousse
Nous cessons peu à peu de nous faire confiance.
Quand le oui devient une auto-trahison relationnelle
L’auto-trahison relationnelle s’installe lorsque :
-
nous ignorons nos limites
-
nous minimisons nos besoins
-
nous faisons passer l’autre systématiquement avant nous
SIGNAL D’ALERTE
Si dire oui nous éloigne régulièrement de nous-mêmes,
ce n’est plus un choix relationnel,
mais une adaptation de survie.
Les conséquences relationnelles de ces oui non alignés
Un déséquilibre dans la relation
Lorsque nous disons oui trop souvent :
-
l’autre prend plus de place
-
nos besoins deviennent invisibles
-
la relation perd sa réciprocité
L’apparition du ressentiment
Ce que nous donnons sans pouvoir le dire :
-
s’accumule
-
se rigidifie
-
ressort parfois sous forme de froideur, d’irritabilité ou de passif-agressif
Une communication de plus en plus floue
À force de dire oui sans y être :
-
notre parole perd en crédibilité
-
notre présence se fragilise
-
le lien devient confus
La relation continue… mais elle s’appauvrit.
Pourquoi dire oui n’empêche pas le conflit
Nous croyons souvent que dire oui :
-
apaise
-
protège
-
évite les tensions
En réalité :
-
le conflit est simplement différé
-
la tension se déplace
-
le malaise s’installe en silence
REPÈRE
Dire oui contre soi n’élimine pas le conflit.
Il le rend invisible… et plus difficile à résoudre.
Sortir de l’auto-trahison relationnelle
Réapprendre à écouter nos signaux
Avant de répondre, nous pouvons nous demander :
-
Qu’est-ce que je ressens réellement ?
-
Est-ce un oui libre ou un oui contraint ?
Le corps est souvent plus honnête que les mots.
Oser des non simples et sobres
Dire non n’implique pas :
-
de se justifier excessivement
-
d’attaquer
-
de rompre
Un non clair et posé suffit souvent :
-
« Cela ne me convient pas. »
-
« Je ne peux pas. »
INVITATION
Vous pouvez commencer par un non simple,
sans explication complexe.
Accepter l’inconfort temporaire
Dire non peut générer :
-
une réaction
-
une déception
-
un malaise
L’inconfort est parfois le prix de la justesse.
Dire non pour restaurer la relation
Paradoxalement :
-
dire non clarifie
-
dire non rééquilibre
-
dire non protège le lien
Une relation qui ne tolère pas le non est déjà fragile.
Conclusion — Dire oui à l’autre ne doit pas être dire non à soi
Dire oui quand nous pensons non n’est pas un manque de générosité.
C’est souvent le signe :
-
d’une peur active
-
d’une blessure ancienne
-
d’une stratégie relationnelle de survie
Sortir de l’auto-trahison relationnelle, c’est réapprendre à nous inclure dans la relation.
Un oui aligné nourrit le lien.
Un oui contraint l’use en silence.
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