Les attentes implicites dans les relations

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Ce que nous espérons sans le dire… et qui finit parfois par peser lourdement sur la relation.

Introduction — Ce que nous attendons en silence

Nous attendons.

De l’attention.
De la compréhension.
Un geste.
Une réaction.
Une présence.
Un soutien.
Une preuve que nous comptons.

Et pourtant, nous ne disons rien.

Nous pensons que l’autre devrait savoir.

Qu’il devrait comprendre.

Qu’il devrait deviner.

Puis, lorsque ce que nous espérions n’arrive pas, quelque chose change intérieurement.

Une déception apparaît.

Puis parfois une interprétation :

  • « S’il tenait vraiment à moi, il l’aurait fait. »
  • « Elle devrait savoir que j’en ai besoin. »
  • « Moi, à sa place, j’aurais compris. »

L’attente n’est alors plus seulement insatisfaite : elle commence à devenir une lecture de la relation et parfois même une mesure de l’importance que l’autre nous accorde.

C’est ainsi que des besoins légitimes peuvent progressivement devenir des sources de frustration, de malentendus, de ressentiment et de conflits.

Les attentes implicites sont l’un des mécanismes les plus discrets de la vie relationnelle.


Que sont réellement les attentes implicites ?

Une attente implicite est quelque chose que nous espérons recevoir, voir ou vivre dans une relation sans l’avoir clairement formulé ni véritablement négocié avec l’autre.

Elle peut concerner :

  • l’attention ;
  • le soutien ;
  • la disponibilité ;
  • la reconnaissance ;
  • l’affection ;
  • la fidélité ;
  • l’organisation quotidienne ;
  • la sexualité ;
  • la répartition des responsabilités ;
  • la façon de communiquer ;
  • la manière de traverser un désaccord.

Elles fonctionnent parfois comme de véritables contrats invisibles :

je connais la règle → l’autre ignore qu’elle existe → mais j’attends malgré tout qu’il la respecte.

REPÈRE ESSENTIEL

Une attente implicite est une attente qui nous paraît évidente… alors qu’elle n’a jamais nécessairement été partagée.


Besoin, attente, demande et exigence : ne pas tout confondre

Ces notions sont proches, mais elles ne désignent pas la même chose.

Le besoin :
« J’ai besoin de me sentir soutenu. »

L’attente :
« J’aimerais qu’il prenne de mes nouvelles. »

L’attente implicite :
« S’il tenait vraiment à moi, il penserait spontanément à m’appeler. »

La demande :
« Est-ce que tu pourrais m’appeler demain ? J’aurais besoin de sentir ta présence. »

L’exigence :
« Si tu ne m’appelles pas, c’est que tu te moques de moi. »

Cette différence est fondamentale.

Le problème n’est pas d’avoir des besoins ou des attentes.


La difficulté commence lorsque
nous transformons silencieusement nos attentes personnelles en obligations pour l’autre.


Pourquoi certaines attentes restent-elles implicites ?

Parce que dire peut sembler risqué

Exprimer ce que nous souhaitons nous expose.

L’autre pourrait :

  • refuser ;
  • ne pas comprendre ;
  • trouver notre demande excessive ;
  • être en désaccord ;
  • ne pas pouvoir y répondre.

Pour certaines personnes, ce risque réveille la peur de déranger, de déplaire, d’être rejeté ou de créer un conflit.

Le silence semble alors plus sûr.

Mais il existe un paradoxe : ce qui protège temporairement du conflit peut préparer le conflit futur.

Lorsque la peur de déranger, la suradaptation, la peur du conflit ou certains schémas relationnels répétitifs vous empêchent d’exprimer clairement ce dont vous avez besoin, ces mécanismes peuvent dépasser la seule question de la communication.

Vous pouvez également explorer

Parce que nous confondons proximité et évidence

Dans les relations importantes, nous pouvons croire :

« S’il m’aime, il devrait comprendre. »

« Si elle me connaît vraiment, elle devrait savoir. »

« Je ne devrais pas avoir besoin de demander. »

Nous faisons alors de la capacité de l’autre à deviner une preuve de proximité ou d’amour.

Or l’intimité n’est pas de la télépathie.

Une relation profonde permet de mieux connaître l’autre, mais elle ne supprime jamais la nécessité de communiquer.

Parce que nos attentes ont une histoire

Certaines de nos règles relationnelles ne sont pas nées dans la relation actuelle.

Nous les avons apprises bien avant.

Dans une famille, par exemple, l’amour peut se manifester par :

  • beaucoup de paroles ;
  • des services rendus ;
  • une forte disponibilité ;
  • une grande pudeur émotionnelle ;
  • l’autonomie ;
  • la protection ;
  • des gestes d’affection.

Ce que nous avons connu devient facilement notre définition du « normal ».

Les travaux sur l’attachement initiés notamment par John Bowlby permettent aussi de comprendre comment nos premières expériences relationnelles participent à construire nos attentes concernant la proximité, la sécurité et la disponibilité de l’autre.

Pour aller plus loin sur ces transmissions, voir également Vos racines vous construisent. Trouvez l’équilibre.


Pourquoi l’autre ne comprend-il pas toujours ce qui me paraît évident ?

Parce que nous n’entrons jamais dans une relation avec exactement la même carte du monde.

Deux histoires, deux cartes relationnelles

Pour vous, répondre rapidement à un message peut signifier :

  • « Tu comptes pour moi. »

Pour l’autre, aimer peut très bien coexister avec plusieurs heures de silence.

Pour vous, aider spontanément peut être une preuve d’attention.

Pour l’autre, respecter votre autonomie peut être une preuve de considération.

Pour vous, parler immédiatement d’un désaccord peut être rassurant.

Pour l’autre, avoir besoin de temps avant de parler peut être indispensable.

Les deux personnes peuvent donc être sincères… tout en interprétant le même comportement de manière opposée.

C’est également ce que permettent de comprendre les Biais de Perception® : nous ne recevons pas simplement une réalité objective, nous la sélectionnons et l’interprétons à travers notre histoire, nos croyances et notre état intérieur.

Les travaux de Paul Watzlawick et de l’École de Palo Alto ont également contribué à montrer combien la communication prend son sens dans la relation, le contexte et les interactions.

REPÈRE
Ce qui est évident pour moi peut être parfaitement invisible pour l’autre.



De l’attente implicite au conflit relationnel : comment la boucle se construit-elle ?

Une attente implicite ne provoque pas automatiquement un conflit.

Le problème apparaît souvent à travers une succession d’étapes.

1. Un besoin apparaît

« J’aurais besoin de me sentir davantage soutenu. »

2. Une attente se construit

« Il devrait prendre de mes nouvelles. »

3. L’attente reste silencieuse

Nous ne demandons rien.

L’autre ne dispose donc pas nécessairement de l’information.

4. L’autre agit selon sa propre logique

Il ne téléphone pas.

Ou il répond autrement que nous l’espérions.

5. Nous interprétons son comportement

« Je ne compte pas vraiment pour lui. »

« Il est égoïste. »

« Elle se fiche de ce que je ressens. »

C’est un moment décisif.

Nous ne réagissons plus seulement à ce qui s’est passé.

Nous réagissons aussi au sens que nous lui avons donné.

6. Une émotion apparaît

Déception.

Tristesse.

Colère.

Frustration.

Insécurité.

7. Notre comportement change

Nous pouvons :

  • devenir froid ;
  • nous retirer ;
  • attaquer ;
  • faire un reproche ;
  • répondre sèchement ;
  • cesser de donner ;
  • attendre que l’autre remarque notre changement.

8. L’autre réagit à son tour

Il peut :

  • se défendre ;
  • se fermer ;
  • s’éloigner ;
  • contre-attaquer ;
  • ne rien comprendre à notre réaction.

La difficulté devient alors une boucle relationnelle.

La Systémie invite précisément à observer ces boucles : plutôt que de rechercher uniquement qui a tort ou raison, elle s’intéresse à la manière dont les réactions de chacun finissent par s’alimenter mutuellement.



Quand l’attente implicite devient reproche silencieux

Lorsqu’une attente reste longtemps insatisfaite, une forme de comptabilité relationnelle peut apparaître.

Nous commençons à enregistrer intérieurement :

« Encore une fois, c’est moi qui fais l’effort. »

« Moi, à sa place, j’aurais pensé à lui. »

« Après tout ce que je fais… »

« Elle ne fait jamais attention à moi. »

« Je dois toujours tout demander. »

Progressivement, le regard porté sur l’autre change.

Nous pouvons juger l’autre sur une règle qu’il ne connaissait pas

C’est l’un des paradoxes les plus importants des attentes implicites.

L’autre peut devenir coupable, dans notre esprit, d’avoir échoué à un examen dont nous ne lui avions jamais donné les questions.

Le ressentiment s’installe alors sans véritable possibilité de réparation.

Car pour réparer quelque chose, encore faut-il savoir ce qui est reproché.

Le reproche silencieux finit souvent par devenir visible

Même lorsque nous ne disons rien explicitement, notre comportement communique.

Le ressentiment peut apparaître sous forme de :

  • froideur ;
  • distance ;
  • sarcasmes ;
  • petites piques ;
  • soupirs ;
  • retrait ;
  • silence ;
  • passivité ;
  • agressivité indirecte.

Ce qui n’a pas été exprimé directement finit alors par circuler autrement dans la relation.


Les attentes implicites peuvent nourrir une communication dysfonctionnelle

    Lorsque les besoins ne sont pas clairement exprimés, la communication devient plus difficile à décoder.

    Une phrase peut alors dire une chose tout en en signifiant une autre.

    « Fais comme tu veux. »

    peut parfois vouloir dire :

    « J’aurais aimé que tu comprennes ce que j’attendais. »

    « Ce n’est pas grave. »

    peut signifier :

    « Je suis profondément déçu, mais je n’ose pas te le dire. »

    « Laisse tomber. »

    peut signifier :

    « J’aurais aimé que tu insistes. »

    L’Analyse Transactionnelle, développée par Eric Berne, permet notamment d’observer ces différents niveaux de communication.

    Pour approfondir : L’Analyse Transactionnelle (AT).

    Et plus spécifiquement : Transactions : simples, croisées, cachées.

    Lorsque le message apparent et le message implicite ne correspondent plus, les malentendus deviennent beaucoup plus probables.


    Dans quelles relations les attentes implicites sont-elles particulièrement fréquentes ?

    Elles peuvent exister partout.

    Mais certains contextes les favorisent particulièrement.

    Dans le couple

    Plus la relation est intime, plus nous pouvons attendre d’être compris spontanément.

    Les attentes peuvent concerner :

    • l’attention ;
    • le soutien ;
    • la sexualité ;
    • la fidélité ;
    • les enfants ;
    • l’argent ;
    • les tâches ;
    • les loisirs ;
    • les familles respectives ;
    • la disponibilité ;
    • les projets ;
    • les marques d’affection.

    Deux partenaires peuvent énormément s’aimer et pourtant posséder des attentes très différentes concernant ce qu’un couple « devrait naturellement être ».

    La difficulté ne vient donc pas nécessairement d’un manque d’amour.

    Elle peut venir d’un manque de mise en commun des cartes relationnelles.

    Pour approfondir : Communication dysfonctionnelle dans le couple : quand l’intime complique la parole.

    Dans la famille

    Les familles sont particulièrement riches en règles implicites.

    Par exemple :

    « On doit toujours être là les uns pour les autres. »

    « On ne refuse pas un service à sa famille. »

    « Les problèmes restent entre nous. »

    « Les enfants doivent appeler régulièrement leurs parents. »

    Ces règles peuvent être très fortes sans avoir jamais été réellement discutées.

    Dans les relations amicales

    Les relations amicales comportent elles aussi leurs attentes implicites et leurs contrats invisibles.

    Nous pouvons penser :

    « Un véritable ami devrait comprendre. »

    « Il devrait me défendre. »

    « Elle devrait prendre de mes nouvelles. »

    « Après tout ce que j’ai fait pour lui… »

    « Si notre relation compte vraiment, il devrait être là quand j’en ai besoin. »

    Or deux personnes peuvent avoir des conceptions très différentes d’une relation amicale.

    Pour l’une, l’amitié suppose des contacts fréquents.

    Pour l’autre, une relation peut rester profonde malgré de longues périodes sans nouvelles.

    L’une considère qu’un ami doit prendre position lorsqu’un conflit survient.

    L’autre estime qu’un véritable ami peut rester neutre ou exprimer son désaccord.

    L’une attend une forte disponibilité émotionnelle.

    L’autre associe davantage l’amitié à la confiance, à la liberté et à l’absence d’obligation.

    Là encore, ce que nous appelons une évidence relationnelle peut simplement correspondre à notre propre définition de la relation amicale.

    Dans le monde professionnel

    Les attentes implicites existent également au travail.

    Nous pouvons attendre :

    • de la reconnaissance ;
    • des retours ;
    • de la disponibilité ;
    • de l’autonomie ;
    • une promotion ;
    • davantage de considération ;
    • de la loyauté ;
    • de la clarté.

    Un manager peut attendre qu’un collaborateur prenne spontanément des initiatives.

    Le collaborateur peut attendre que son responsable lui indique clairement ce qu’il attend.

    Chacun pense être clair.

    Et chacun attend quelque chose que l’autre n’a peut-être jamais compris.


    Toutes les attentes ne sont pas illégitimes

    Comprendre les attentes implicites ne signifie pas conclure :

    • « Je ne dois plus rien attendre de personne. »

    Ce serait une autre forme d’excès.

    Toute relation comporte des attentes.

    Certaines sont même indispensables.

    Nous pouvons légitimement attendre :

    • du respect ;
    • le respect d’une limite clairement exprimée ;
    • la cohérence entre les paroles et les actes ;
    • le respect des engagements pris ;
    • une sécurité relationnelle minimale ;
    • une certaine réciprocité ;
    • le respect d’accords réellement établis.

    Une attente partagée n’est plus seulement une attente implicite

    La distinction importante se situe entre :

    ce que j’imagine être évident

    et

    ce que nous avons réellement clarifié ensemble.

    Dans un couple, par exemple, la fidélité peut faire partie d’un accord.

    Dans une équipe, certaines responsabilités peuvent être clairement définies.

    Dans une amitié, certaines limites peuvent avoir été exprimées.

    Le problème n’est donc pas l’existence d’attentes.

    Le problème vient surtout de leur invisibilité.

    La Boussole des Dynamiques Relationnelles® permet d’élargir cette lecture en explorant notamment la communication, l’autonomie, le pouvoir, l’attachement et la responsabilité relationnelle.


    Exprimer une attente n’est pas exiger

    Beaucoup de personnes ne demandent pas parce qu’elles ont peur de devenir exigeantes.

    Mais une demande et une exigence ne produisent pas la même relation.

    L’attente implicite

    « Il devrait savoir. »

    L’autre n’a pas accès à l’information.

    La demande explicite

    « J’aimerais que nous passions davantage de temps ensemble. Est-ce que nous pouvons en parler ? »

    L’autre peut comprendre.

    Il peut répondre.

    Un dialogue devient possible.

    L’exigence

    « Si tu m’aimais vraiment, tu passerais plus de temps avec moi. »

    La réponse de l’autre devient alors une preuve de sa valeur ou de son amour.

    C’est très différent.

    La Communication Non Violente, développée par Marshall Rosenberg, propose précisément de distinguer l’observation, le ressenti, les besoins et la demande.

    Pour approfondir : Communication Non Violente (CNV) : comprendre et utiliser l’outil de communication.

    CLARIFICATION ESSENTIELLE

    Exprimer une attente n’oblige pas l’autre à la satisfaire.
    Cela lui permet enfin de savoir ce que nous souhaitons.



    Comment rendre ses attentes plus conscientes et plus explicites ?

    Il ne s’agit pas de transformer chaque relation en négociation permanente.

    Il s’agit surtout d’identifier les attentes qui commencent à produire de la souffrance.

    Qu’est-ce que j’attends réellement ?

    La première question paraît simple.

    Elle ne l’est pas toujours.

    « Je veux qu’il fasse attention à moi » peut cacher plusieurs attentes :

    • qu’il écoute ;
    • qu’il appelle ;
    • qu’il pose des questions ;
    • qu’il me soutienne ;
    • qu’il me consacre du temps ;
    • qu’il me rassure.

    Plus l’attente devient précise, plus elle devient communicable.

    L’autre le sait-il vraiment ?

    Pas :

    « Je lui ai fait comprendre. »

    Mais :

    • « Est-ce que je lui ai réellement dit ? »

    Il existe une différence considérable entre :

    donner des indices

    et

    formuler clairement une demande.

    S’agit-il d’une préférence, d’un besoin, d’une limite ou d’un accord ?

    Toutes nos attentes n’ont pas la même importance.

    « J’aimerais que tu répondes plus rapidement à mes messages »

    n’est pas nécessairement équivalent à :

    « Je ne veux pas être insulté pendant nos désaccords. »

    La première peut être une préférence à discuter.

    La seconde peut correspondre à une limite importante.

    Puis-je exprimer ce que je veux sans accuser ?

    Comparer :

    « Tu ne penses jamais à moi. »

    et :

    « Quand nous restons plusieurs jours sans nouvelles, je me sens éloigné de toi. J’aimerais que nous trouvions un rythme qui nous convienne à tous les deux. »

    La seconde formulation ne garantit pas l’accord.

    Mais elle permet de savoir sur quoi porte réellement le dialogue.

    Que se passe-t-il si l’autre ne peut pas ou ne veut pas répondre à mon attente ?

    Cette question est essentielle.

    Exprimer une attente ne signifie pas obtenir automatiquement satisfaction.

    L’autre peut :

    • comprendre et accepter ;
    • comprendre mais ne pas pouvoir ;
    • comprendre mais ne pas vouloir ;
    • proposer autre chose ;
    • avoir lui-même des besoins différents.

    Le véritable dialogue commence parfois précisément ici.


    Quand le problème n’est plus seulement une attente implicite

    Il existe une limite importante à l’idée selon laquelle tout problème relationnel pourrait se résoudre en communiquant mieux.

    Parfois, l’attente a été clairement exprimée.

    L’autre l’a entendue.

    Elle a été répétée.

    Et pourtant, rien ne change.

    La question devient alors différente.

    Malentendu ou incompatibilité ?

    Deux personnes peuvent comprendre parfaitement leurs besoins respectifs et constater malgré tout qu’ils sont difficilement compatibles.

    L’un souhaite énormément de proximité.

    L’autre a besoin de beaucoup d’autonomie.

    L’un envisage des enfants.

    L’autre non.

    L’un souhaite une relation très engagée.

    L’autre ne veut pas du même projet.

    La communication permet alors non pas de supprimer la différence, mais de la voir clairement.

    Malentendu ou déséquilibre relationnel ?

    Dans certaines relations, une personne exprime ses besoins mais ceux-ci sont continuellement ignorés, minimisés ou ridiculisés.

    Nous ne sommes alors plus seulement face à un problème d’attente implicite.

    Il peut exister :

    • un déséquilibre ;
    • une absence de réciprocité ;
    • un problème de respect ;
    • un fonctionnement relationnel beaucoup plus large.

    La clarté ne sert donc pas seulement à obtenir davantage.

    Elle permet aussi de voir la relation telle qu’elle fonctionne réellement.

    Lorsque nous nous taisons constamment pour éviter de perdre l’autre, lire également : Quand préserver le lien abîme la relation.


    Pourquoi certaines attentes provoquent-elles des réactions particulièrement fortes ?

    Toutes les attentes insatisfaites n’ont pas le même impact.

    Certaines touchent des zones particulièrement sensibles :

    • la peur d’être abandonné ;
    • le sentiment de ne pas compter ;
    • la peur du rejet ;
    • le besoin de reconnaissance ;
    • le sentiment d’injustice ;
    • la peur de perdre le contrôle ;
    • d’anciennes blessures relationnelles.

    Une situation apparemment banale peut alors devenir chargée d’une signification beaucoup plus importante.

    Un message sans réponse n’est plus seulement un message sans réponse.

    Il peut être vécu comme :

    « On m’abandonne. »

    Une critique peut devenir :

    « Je ne suis pas assez bien. »

    Un refus peut devenir :

    « Je ne compte pas. »

    C’est là que les attentes implicites rejoignent le fonctionnement émotionnel et la Régulation Intérieure®.

    Pour approfondir : LA RÉGULATION INTÉRIEURE® : comprendre ce qui se passe en soi pour pouvoir agir autrement.

    Lorsque l’écart entre ce que nous espérions et ce qui arrive déclenche une forte activation, voir également : Frustration, impatience et colère : quand la réalité ne répond pas à nos attentes.


    Quand les attentes deviennent conscientes, la relation peut évoluer

    Une relation mature n’est pas une relation dans laquelle personne n’attend rien de personne.

    C’est une relation dans laquelle il devient davantage possible de distinguer :

    ce que je ressens ;

    ce dont j’ai besoin ;

    ce que j’espère ;

    ce que j’imagine évident ;

    ce que j’ai réellement demandé ;

    ce que l’autre peut offrir ;

    ce qu’il ne peut pas offrir ;

    et ce que nous choisissons ensemble.

    La clarté ne supprime pas toutes les différences.

    Elle ne garantit pas que toutes les demandes seront acceptées.

    Elle ne transforme pas automatiquement toutes les relations.

    Mais elle permet de sortir progressivement d’un terrain particulièrement douloureux :

    • attendre silencieusement que l’autre devine… puis lui reprocher de ne pas avoir deviné.

    Et si vos tensions relationnelles parlaient aussi de ce qui n’a jamais été dit ?

    Dans une relation, les difficultés ne viennent pas toujours d’un manque d’affection, de respect ou de bonne volonté.

    Elles peuvent aussi naître de besoins non exprimés, d’attentes supposées évidentes, de déceptions accumulées ou de malentendus qui finissent par créer de la distance.

    Mettre des mots sur ce que vous attendez, comprendre ce que l’autre peut — ou ne peut pas — deviner, distinguer une attente d’une demande et retrouver un espace de dialogue peut déjà profondément modifier la relation.

    Mais lorsque les mêmes incompréhensions, frustrations ou conflits se répètent, il peut être utile d’aller plus loin : comprendre ce qui se joue derrière vos réactions, vos attentes et votre manière d’entrer en relation.


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