Le silence professionnel au nom du collectif
Introduction — « Je ne peux pas dire ça, ce ne serait pas loyal »
Dans de nombreux contextes professionnels, le silence n’est pas motivé par la peur seule.
Il est motivé par une valeur.
La loyauté.
Nous nous taisons :
-
pour protéger l’équipe
-
pour ne pas fragiliser un manager
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pour ne pas nuire à l’entreprise
-
pour rester solidaires
La loyauté devient alors une raison respectable de se taire.
Mais à quel prix ?
Ce que nous appelons loyauté au travail
La loyauté professionnelle est une valeur légitime.
Elle renvoie à :
-
l’engagement
-
la fiabilité
-
le sens du collectif
CLARIFICATION ESSENTIELLE
Être loyal ne signifie pas tout accepter.
La loyauté n’est pas l’effacement.
Pourtant, dans la pratique, la loyauté est souvent confondue avec :
-
le silence
-
la retenue
-
l’adhésion sans réserve
Comment la loyauté devient un empêchement à parler
eu à peu, nous intégrons des règles implicites :
-
« On ne critique pas en interne »
-
« On ne remet pas en question le manager »
-
« Ce n’est pas le moment »
La loyauté se transforme en auto-censure.
Nous ne parlons plus de ce qui :
-
dysfonctionne
-
fatigue
-
met en difficulté
Loyauté, hiérarchie et confusion des rôles
Dans les organisations hiérarchisées, la loyauté s’adresse souvent :
-
à une personne
-
à un poste
-
à une structure
LUCIDITÉ PROFESSIONNELLE
Être loyal à une personne n’est pas toujours
être loyal à la mission ou au collectif.
Cette confusion conduit parfois à :
-
protéger un fonctionnement inadapté
-
couvrir des pratiques problématiques
-
porter seul un malaise collectif
Le coût du silence loyal
À force de taire ce qui dérange au nom de la loyauté :
-
la fatigue morale augmente
-
le ressentiment s’installe
-
l’engagement se fragilise
Le silence loyal use davantage que la parole responsable.
Souvent, ce qui n’est pas dit ressort :
-
sous forme de démotivation
-
de cynisme
-
ou de départ silencieux
Quand la loyauté empêche l’organisation de s’ajuster
Une loyauté qui empêche la parole :
-
fige les dysfonctionnements
-
empêche l’amélioration
-
maintient des tensions invisibles
POINT CLÉ
Une organisation progresse
grâce aux retours, pas grâce au silence.
Le silence loyal protège à court terme.
Il fragilise à long terme.
Distinguer loyauté et responsabilité
Être responsable, ce n’est pas :
-
critiquer
-
dénoncer
-
attaquer
C’est :
-
nommer ce qui entrave le travail
-
signaler ce qui abîme les relations
-
contribuer à un fonctionnement plus juste
La responsabilité inclut parfois de dire ce qui dérange.
Parler sans trahir
Parler de manière loyale, c’est :
-
choisir le bon cadre
-
rester factuel
-
parler depuis l’impact, pas depuis l’accusation
Exemples :
-
« Ce fonctionnement a un impact sur l’équipe. »
-
« J’ai une difficulté récurrente que j’aimerais pouvoir nommer. »
BOUSSOLE PROFESSIONNELLE
Parler avec loyauté,
ce n’est pas exposer l’autre.
C’est exposer un problème.
Quand la loyauté devient plus mature
Une loyauté mature :
-
supporte la parole
-
accepte le désaccord
-
distingue la personne du fonctionnement
Elle protège le lien sans sacrifier la vérité.
Conclusion — La loyauté qui fait grandir
La loyauté professionnelle est précieuse.
Mais lorsqu’elle empêche toute parole,
elle cesse de servir le collectif.
Se taire au nom de la loyauté
n’est pas toujours un acte de fidélité.
C’est parfois une démission silencieuse.
Parler, avec discernement et responsabilité,
n’est pas trahir.
C’est souvent la forme la plus exigeante de loyauté.
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Pour aller plus loin dans la Communication dysfonctionnelle
PILIER : La COMMUNICATION DYSFONCTIONNELLE
Chapitre : La Communication dysfonctionnelle dans le Couple
Chapitre : La Communication dysfonctionnelle dans le Travail
Chapitre : La Communication dysfonctionnelle en Public