Pourquoi certains événements nous traumatisent… et pas d’autres ?
Deux personnes peuvent traverser un événement similaire sans en garder les mêmes conséquences.
Ce n’est donc pas seulement la nature de l’événement qui détermine s’il deviendra traumatique. Ce qui compte aussi, c’est la manière dont il est vécu : le sentiment de danger, l’impuissance, l’isolement, l’histoire personnelle, les ressources disponibles et ce qui se passe après.
Comprendre ces différences permet de mieux saisir pourquoi certaines expériences peuvent être intégrées progressivement, tandis que d’autres continuent à rester actives longtemps après l’événement.
Une question que beaucoup se posent (souvent avec culpabilité)
Vous vous êtes peut-être déjà dit :
-
« D’autres ont vécu bien pire que moi »
-
« Je ne devrais pas être aussi affecté·e »
-
« Pourquoi ça m’a autant marqué ? »
-
« Pourquoi je n’arrive pas à passer à autre chose ? »
Ces questions sont fréquentes chez les personnes traumatisées.
Et elles sont souvent accompagnées de honte ou de culpabilité.
Pourtant, elles reposent sur une idée fausse :
celle que le traumatisme dépend uniquement de la gravité de l’événement.
À RETENIR
Ce n’est pas seulement l’événement qui compte. Son intensité, la manière dont il est vécu, le sentiment de danger ou d’impuissance, l’histoire personnelle et les ressources disponibles peuvent tous influencer ses conséquences psychiques.
Le mythe de « l’événement grave »
On pense souvent que seuls des événements extrêmes peuvent traumatiser :
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accidents graves,
-
agressions,
-
catastrophes,
-
drames visibles.
Bien sûr, ces situations peuvent être traumatisantes.
Mais elles ne le sont pas systématiquement.
À l’inverse, des événements jugés « banals » peuvent laisser une trace profonde :
-
une rupture,
-
des paroles répétées,
-
une humiliation,
-
un climat familial instable,
-
un sentiment d’abandon.
Le traumatisme n’est pas proportionnel à la gravité objective.
ERREUR FRÉQUENTE
Comparer sa souffrance à celle des autres pour la minimiser.
Votre système nerveux n’a pas de barème universel.
Le rôle central du système nerveux
Le système nerveux ne réfléchit pas, il protège
Face à une situation perçue comme dangereuse,
le système nerveux active automatiquement des réponses de survie :
-
fuite,
-
lutte,
-
figement,
-
dissociation.
Ces réponses sont automatiques, inconscientes et protectrices.
Le risque de conséquences traumatiques augmente notamment lorsque :
- la situation est vécue comme extrêmement menaçante ou incontrôlable ;
- les possibilités d’agir, de fuir ou de se protéger semblent insuffisantes ;
- les ressources personnelles ou relationnelles disponibles ne permettent pas suffisamment de faire face ;
- le stress persiste ou reste difficile à intégrer après l’événement.
Quand la réaction ne peut pas se terminer
Après un événement potentiellement traumatique, les réactions de stress diminuent progressivement chez de nombreuses personnes.
Chez d’autres, certaines réactions peuvent persister : hypervigilance, évitement, reviviscences, tensions, émotions intenses ou difficultés à retrouver un sentiment de sécurité.
Lorsque l’expérience reste difficile à intégrer et que ces réactions persistent, des conséquences post-traumatiques peuvent s’installer.
La persistance de reviviscences, évitement et hyperactivation fait effectivement partie des caractéristiques centrales du TSPT.
Pourquoi deux personnes vivent la même chose différemment
Les facteurs qui font la différence
Un même événement n’aura pas le même impact selon :
-
l’âge au moment des faits,
-
le niveau de sécurité affective,
-
le soutien reçu ou non,
-
les expériences passées,
-
l’état du système nerveux avant l’événement.
Ce n’est donc ni une question de force,
ni une question de volonté.
Le poids de l’histoire personnelle
Une situation actuelle peut devenir traumatisante parce qu’elle :
-
réactive une blessure ancienne,
-
réveille un sentiment déjà connu,
-
fait écho à une insécurité passée.
L’impact d’un événement peut être influencé par l’histoire personnelle et par d’éventuelles expériences traumatiques antérieures.
Les traumatismes antérieurs font partie des facteurs pouvant augmenter la vulnérabilité après une nouvelle exposition.
À RETENIR
Un événement n’arrive jamais sur un terrain neutre.
Il rencontre toujours une histoire, un corps, une sensibilité.
Le rôle clé de la sécurité (ou de son absence)
Se sentir en sécurité change tout
Après un événement potentiellement traumatique, certains facteurs peuvent favoriser la récupération et réduire le risque de difficultés persistantes, notamment lorsque :
-
vous vous sentez soutenu·e,
-
quelqu’un vous aide à mettre des mots,
-
vos émotions sont accueillies,
-
vous ne restez pas seul·e avec ce que vous vivez.
La sécurité relationnelle est un facteur protecteur majeur.
Quand la sécurité manque
À l’inverse, un événement peut devenir traumatisant lorsque :
-
vous êtes seul·e,
-
vous ne pouvez pas exprimer ce que vous ressentez,
-
vos émotions sont minimisées ou niées,
-
vous devez « faire comme si de rien n’était ».
L’isolement, l’absence de soutien ou la poursuite de situations stressantes peuvent compliquer la récupération.
Peut-on être traumatisé sans s’en rendre compte ?
Oui, cela peut arriver.
C’est particulièrement vrai lorsque :
-
l’événement est ancien,
-
le traumatisme s’est installé progressivement,
-
vous avez appris à « tenir »,
-
l’environnement vous a poussé à minimiser ce que vous viviez.
Certaines réactions émotionnelles, corporelles ou comportementales peuvent persister même lorsque le lien avec l’événement n’est pas immédiatement identifié.
CONSEIL DU THÉRAPEUTE
Ne cherchez pas à savoir si ce que vous avez vécu est « assez grave ».
Demandez-vous plutôt :
« Est-ce que quelque chose en moi est resté en alerte depuis ? »
Comprendre cela change profondément le regard sur soi
Comprendre pourquoi certains événements vous ont traumatisé permet de :
-
cesser de vous juger,
-
arrêter de vous comparer,
-
reconnaître la logique de vos réactions,
-
retrouver de la compassion pour vous-même.
Votre réaction a du sens, même si vous ne la comprenez pas encore entièrement.
QUAND SE FAIRE AIDER ?
-
si vous revivez certaines situations émotionnellement,
-
si vos réactions vous dépassent,
-
si vos relations réveillent toujours les mêmes peurs,
-
si votre corps reste en tension ou en épuisement.
Se faire aider, c’est offrir de la sécurité là où il en a manqué.
Conclusion : votre réaction a une logique de protection
Si un événement a laissé des conséquences durables, cela ne signifie pas que vous êtes trop sensible ou que vous manquez de volonté.
Face à une menace réelle ou perçue, votre organisme peut mobiliser automatiquement différentes réponses de protection.
Chez certaines personnes, ces réactions diminuent progressivement après l’événement. Chez d’autres, elles peuvent rester actives et continuer à influencer les émotions, le corps, les comportements ou les relations.
Comprendre cette logique permet déjà de regarder autrement ce qui vous arrive.
Et lorsque ces réactions persistent ou deviennent envahissantes, des accompagnements psychothérapeutiques efficaces existent.
L’OMS et NICE recommandent notamment des interventions psychologiques centrées sur le trauma, dont certaines TCC et l’EMDR, pour le TSPT.
Vous souhaitez aller plus loin ?
Comprendre pourquoi un événement a laissé une trace durable est une première étape.
Si certaines expériences continuent aujourd’hui à déclencher de l’angoisse, de l’hypervigilance, de l’évitement, des réactions difficiles à contrôler ou le sentiment de ne pas réussir à tourner la page, un accompagnement peut vous aider à comprendre ce qui reste actif et à retrouver progressivement davantage de sécurité intérieure.
Nous pouvons prendre un temps pour faire le point sur ce que vous avez vécu, ce qui continue à vous affecter aujourd’hui et ce dont vous auriez besoin pour avancer.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
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