Quand bien communiquer devient une pression supplémentaire
La fatigue d’être toujours “bienveillant”
Introduction — Quand communiquer devient une charge
Nous faisons attention.
Aux mots.
Au ton.
À l’impact.
Nous voulons bien faire.
Être respectueux.
Responsables.
Et pourtant, une fatigue s’installe.
Une tension intérieure.
Un épuisement discret.
Quand bien communiquer devient une pression, la relation cesse d’être un espace vivant pour devenir une performance permanente.
Quand la communication devient une obligation morale
Bien communiquer finit parfois par ressembler à :
-
une injonction implicite
-
un idéal à atteindre
-
une norme relationnelle
Nous nous disons :
-
« Je dois rester calme »
-
« Je dois être bienveillant »
-
« Je ne dois pas déranger »
REPÈRE ESSENTIEL
Ce qui devait soutenir la relation peut devenir
une exigence intérieure épuisante.
Les signes que la pression s’installe
La pression se manifeste lorsque :
-
nous surveillons constamment nos paroles
-
nous retenons nos émotions
-
nous anticipons les réactions de l’autre
-
nous avons peur de “mal faire”
La communication devient tendue… même quand elle est polie.
Pourquoi cette pression est si fréquente
Parce que nous avons confondu bienveillance et effacement
Nous avons appris que :
-
être bienveillant, c’est s’adapter
-
être mature, c’est se contenir
-
être respectueux, c’est se taire
La bienveillance n’est pas l’oubli de soi.
C’est le respect du lien et de soi.
Parce que nous avons peur de mal communiquer
La peur de :
-
blesser
-
déclencher
-
perdre le lien
nous pousse à :
-
lisser
-
contrôler
-
surajuster
La communication devient une zone à risque.
Quand la pression remplace la présence
Sous pression :
-
nous sommes moins spontanés
-
moins incarnés
-
moins vivants
La relation devient correcte…
mais appauvrie.
On parle “bien”, mais on ne respire plus.
Le paradoxe de la communication consciente
Plus nous cherchons à :
-
bien communiquer
-
appliquer des règles
-
suivre des méthodes
plus nous risquons de :
-
nous couper de nos ressentis
-
augmenter la pression intérieure
-
perdre la justesse
PARADOXE
Une communication trop maîtrisée peut devenir moins vraie qu’une parole imparfaite mais incarnée.
La pression comme signal, pas comme échec
Si bien communiquer vous fatigue,
ce n’est pas un manque de maturité.
C’est un signal :
-
que quelque chose n’est pas dit
-
que l’effort est trop unilatéral
-
que la relation demande un ajustement
La fatigue relationnelle est une information.
Desserrer la pression sans renoncer à la responsabilité
esserrer la pression ne signifie pas :
-
devenir brutal
-
dire n’importe quoi
-
renoncer au respect
Cela signifie :
-
accepter l’imperfection
-
réintroduire de la spontanéité
-
parler depuis le vivant, pas depuis la règle
INVITATION
Vous n’avez pas besoin de bien communiquer tout le temps.
Vous avez besoin de communiquer juste.
Quand la communication redevient un espace vivant
Lorsque la pression baisse :
-
la parole s’assouplit
-
l’écoute se réouvre
-
la relation respire
La communication redevient un lieu de rencontre, pas d’auto-surveillance.
Conclusion — La bienveillance n’est pas un effort permanent
La bienveillance réelle :
-
n’écrase pas
-
ne fatigue pas
-
ne demande pas de se retenir en permanence
Si bien communiquer vous coûte trop cher,
c’est qu’il est temps de passer de la performance relationnelle…
à la maturité relationnelle.
Pour aller plus loin dans la Communication dysfonctionnelle
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