Comment arrêter de vous rabaisser (sans vous mentir)
Vous vous rabaissez peut-être…
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“je suis nul(le)”
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“je suis con(ne)”
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“je suis incapable”
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“je suis trop”
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“je suis pas normal(e)”
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“je n’y arriverai jamais”
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“je suis ridicule”
Parfois à voix haute.
Parfois seulement dans votre tête.
Et ce qui est terrible, c’est que souvent :
vous savez que c’est excessif…
mais vous n’arrivez pas à arrêter.
Parce que ce n’est pas juste une mauvaise habitude.
Se rabaisser est souvent :
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un automatisme
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un réflexe de protection
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une manière de prévenir le jugement
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une façon de “garder le contrôle”
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ou une voix intérieure héritée
Dans cet article, vous allez apprendre à arrêter de vous rabaisser sans vous mentir, c’est-à-dire :
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sans vous forcer à penser positif
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sans vous répéter des affirmations artificielles
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sans nier ce que vous ressentez
Cet article fait partie du HUB QUOI FAIRE :
Consolider l’estime de soi et la confiance en soi : s’affirmer et poser ses limites
Sommaire
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Pourquoi vous vous rabaissez (et pourquoi ça vous semble “normal”)
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Les 5 formes de rabaissement les plus fréquentes
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Ce que l’auto-dévalorisation détruit en vous
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La méthode en 5 étapes (sans positivité toxique)
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Phrases de remplacement (réalistes)
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Comment arrêter l’auto-critique dans le couple, la famille, au travail
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Quand la voix intérieure vient d’un trauma relationnel
Pourquoi vous vous rabaissez (et pourquoi ça ne part pas “avec de la volonté”)
Se rabaisser peut avoir l’air absurde.
Parce que vous ne parleriez jamais comme ça à quelqu’un que vous aimez.
Et pourtant, vous le faites avec vous-même.
Pourquoi ?
Parce que, dans beaucoup de cas, l’auto-dévalorisation a une fonction :
elle vous protège.
1) Se rabaisser pour éviter d’être rabaissé(e)
C’est un mécanisme fréquent :
“Si je me critique avant, l’autre ne pourra pas me faire aussi mal.”
2) Se rabaisser pour rester acceptable
Si vous avez appris que :
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être fier(ère) = être arrogant(e)
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être sûr(e) = être dangereux(se)
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être visible = être attaqué(e)
Alors vous vous diminuez.
3) Se rabaisser pour garder le contrôle
Paradoxalement, se dire “je suis nul(le)” donne une impression de contrôle :
“Au moins, je sais à quoi m’attendre.”
CONSEIL DU THÉRAPEUTE
L’auto-critique peut fonctionner comme une voix intériorisée : une manière de reproduire un environnement critique (parent, école, relation) pour anticiper le danger.
Ce n’est pas de la lucidité, c’est de la protection.
Les 5 formes de rabaissement les plus fréquentes (et leurs dégâts)
1) Le rabaissement direct
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“je suis nul(le)”
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“je suis incapable”
Dégât : attaque frontale de l’estime.
2) Le rabaissement “humour”
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“je suis trop bête haha”
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“moi je suis une catastrophe”
Dégât : vous entraînez les autres à vous minimiser.
3) Le rabaissement comparatif
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“les autres sont mieux”
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“moi je n’y arrive pas”
Dégât : vous ne vous voyez jamais dans votre progression.
4) Le rabaissement anticipatif
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“de toute façon je vais échouer”
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“je vais encore me planter”
Dégât : vous perdez l’élan → perte de confiance.
5) Le rabaissement moral
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“je suis égoïste”
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“je suis mauvais(e)”
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“je suis une mauvaise personne”
Dégât : très profond. Souvent lié à la culpabilité relationnelle.
Maillage :
CONSEIL DE COACH
Ce que vous vous dites devient votre climat intérieur.
Et personne ne construit une estime stable
dans un climat de mépris.
Comment arrêter de se rabaisser quand c’est automatique ?
La clé est de comprendre ceci :
vous ne pouvez pas arrêter un automatisme par la force.
Vous pouvez le désamorcer par la conscience + la structure.
Vous allez donc travailler sur 2 choses :
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repérer le déclencheur
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changer la formulation (sans mentir)
La méthode en 5 étapes (sans positivité toxique)
Cette méthode est conçue pour être :
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simple
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réaliste
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applicable
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stable
Étape 1 : repérer le déclencheur (le moment précis)
Le rabaissement arrive souvent après :
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une erreur
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un retard
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un refus
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un silence de quelqu’un
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une critique
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un échec
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un succès (oui)
Maillage :
Étape 2 : repérer la phrase exacte
Pas “je me rabaisse”.
La phrase exacte, mot pour mot.
Exemples :
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“je suis ridicule”
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“je suis trop”
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“je suis un boulet”
Étape 3 : identifier la fonction cachée
Posez-vous la question :
“Qu’est-ce que cette phrase essaie d’éviter ?”
Souvent :
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la honte
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la peur du jugement
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la peur de décevoir
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la peur du conflit
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la peur d’être rejeté(e)
Étape 4 : remplacer par une phrase vraie (mais respectueuse)
Et c’est là le point clé :
vous ne remplacez pas par “je suis génial(e)”.
Vous remplacez par une phrase :
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vraie
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neutre
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digne
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constructive
Étape 5 : répéter la nouvelle phrase (même si vous n’y croyez pas encore)
Au début, vous n’y croirez pas.
C’est normal.
Le but n’est pas de “croire”.
Le but est de sortir du mépris.
CONSEIL DE COACH
Vous n’avez pas besoin de vous aimer
pour arrêter de vous rabaisser.
Vous avez juste besoin
d’arrêter de vous parler comme à un ennemi.
Les phrases de remplacement (réalistes, efficaces)
Voici des remplacements que j’utilise beaucoup en coaching car ils sont
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vrais
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stables
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non toxiques
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faciles à répéter
Au lieu de “je suis nul(le)”
➡️ “J’ai fait une erreur.”
➡️ “Je suis en train d’apprendre.”
➡️ “Je peux corriger.”
Au lieu de “je suis incapable”
➡️ “Je n’ai pas encore la méthode.”
➡️ “Je n’ai pas encore trouvé comment faire.”
➡️ “Je vais y aller étape par étape.”
Au lieu de “je suis ridicule”
➡️ “Je suis humain(e).”
➡️ “C’est inconfortable, mais ce n’est pas dangereux.”
➡️ “Je peux assumer.”
Au lieu de “je suis trop”
➡️ “J’ai une intensité.”
➡️ “Je ressens fort.”
➡️ “Je peux apprendre à l’exprimer autrement.”
Au lieu de “je suis un(e) boulet”
➡️ “J’ai besoin d’aide.”
➡️ “J’ai le droit de demander.”
➡️ “Je suis en surcharge.”
Comment arrêter l’auto-critique quand on fait une erreur ?
Parce que l’erreur est l’un des déclencheurs les plus puissants.
Le perfectionnisme vous pousse à croire :
“Si je fais une erreur, je perds ma valeur.”
Or votre valeur n’est pas votre performance.
CONSEIL DU THÉRAPEUTE
Si l’erreur déclenche honte, panique ou effondrement, c’est souvent une trace ancienne : l’erreur a déjà été punie, humiliée ou utilisée contre vous. Le corps réagit avant la pensée.
Couple, famille, travail : pourquoi vous vous rabaissez davantage là
En couple : peur d’être “trop” ou “pas assez”
Vous pouvez vous rabaisser pour :
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être accepté(e)
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éviter le conflit
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éviter d’être quitté(e)
Maillage :
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(POURQUOI) Pourquoi vous vous effacez dans votre couple (A17)
En famille : rôle ancien + jugement intérieur
La famille réactive souvent :
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la honte
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le rôle d’enfant
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la comparaison
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la peur de décevoir
Maillage :
Au travail : performance + syndrome de l’imposteur
Au travail, vous pouvez vous rabaisser pour :
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compenser
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travailler plus
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être irréprochable
Maillage :
Quand la voix intérieure vient d’un trauma relationnel (point essentiel)
Parfois, la voix qui vous rabaisse n’est pas “vous”.
C’est :
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un parent critique
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un enseignant humiliant
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un ex toxique
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une relation de contrôle
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une dynamique d’emprise
Et votre cerveau l’a enregistrée.
CONSEIL DU THÉRAPEUTE (CADRAGE)
Quand l’auto-critique est très violente, intrusive, ou liée à des souvenirs, il peut être utile d’être accompagné(e) : on travaille alors sur la sécurité intérieure, pas seulement sur les mots.
Maillage :
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Pilier : Blessures émotionnelles
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Pilier : Traumas
Maillage interne recommandé
Vers le HUB POURQUOI (comprendre)
Vers le HUB QUOI FAIRE (continuer)
Conclusion : arrêter de vous rabaisser, ce n’est pas devenir arrogant(e)
C’est arrêter de vous maltraiter.
Vous n’avez pas besoin de vous raconter des histoires.
Vous avez juste besoin de :
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vous parler avec respect
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vous corriger sans vous écraser
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apprendre sans vous humilier
C’est comme ça que l’estime se reconstruit.
Si vous vous rabaissez depuis longtemps, il est normal que ça ne disparaisse pas en “décidant”.
Un échange de clarification peut vous aider à :
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identifier l’origine (critique, honte, trauma, perfectionnisme)
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désactiver le mécanisme
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reconstruire une voix intérieure stable, réaliste et respectueuse
FAQ
Comment arrêter de se rabaisser ?
En repérant la phrase exacte, sa fonction, puis en la remplaçant par une formulation vraie et respectueuse (pas positive, mais stable).
Pourquoi je me rabaisse tout le temps ?
Souvent parce que c’est un automatisme de protection : vous anticipez le jugement, la critique ou la honte.
Comment arrêter l’auto-critique après une erreur ?
En séparant l’erreur de la valeur : “j’ai fait une erreur” ≠ “je suis nul(le)”.
Est-ce que se rabaisser détruit l’estime de soi ?
Oui. Car l’estime se construit sur le respect de soi. L’auto-critique crée un climat intérieur de mépris.