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TRAUMA et TRAUMATISME : Quelle différence ?

95 vues 2 commentaires

Deux mots souvent confondus, une distinction essentielle pour mieux comprendre ce que vous vivez.

POURQUOI CETTE CONFUSION EST SI FRÉQUENTE ?

Les mots trauma et traumatisme sont aujourd’hui utilisés partout :
dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans le langage courant.

On parle de :

  • “petit trauma”,

  • “trauma émotionnel”,

  • “j’ai été traumatisé”,
    souvent pour désigner une difficulté, une blessure ou un souvenir pénible.

Pourtant, ces deux mots ne désignent pas exactement la même chose.
Les confondre peut :

  • minimiser ce que vous vivez,

  • ou au contraire vous faire croire que “vous êtes trop fragile”.

Clarifier cette différence permet de mieux se comprendre, sans se juger.

À RETENIR

Comprendre les mots, ce n’est pas intellectualiser sa souffrance.
C’est lui redonner du sens et de la légitimité.

QU’EST-CE QU’UN TRAUMATISME PSYCHOLOGIQUE ?

Une définition claire

Un traumatisme psychologique est un événement ou une situation vécue comme trop intense, trop soudaine ou trop insécurisante, sans que la personne ait pu y faire face sur le moment.

Ce peut être :

  • un choc unique (accident, agression, perte brutale),

  • une situation répétée (violences, humiliations, instabilité),

  • ou un contexte prolongé d’insécurité (enfance, relations, travail).

Le point clé n’est pas l’événement lui-même,
mais l’absence de sécurité et de ressources au moment où il survient.

Ce que fait le traumatisme

Le traumatisme déclenche une réponse de survie intense :

  • figement,

  • fuite,

  • hypervigilance,

  • dissociation.

Même lorsque l’événement est terminé,
le système nerveux reste bloqué en mode alerte.

QU’EST-CE QU’UN TRAUMA ?

Le trauma, c’est ce qui reste

Le trauma désigne la trace laissée par le traumatisme, une fois l’événement passé.

Ce n’est plus ce qui est arrivé,
mais ce qui continue d’agir à l’intérieur :

  • réactions émotionnelles disproportionnées,

  • peurs diffuses,

  • schémas relationnels répétitifs,

  • tensions corporelles,

  • croyances profondes sur soi et sur les autres.

Le trauma est l’empreinte durable du traumatisme.

Un trauma peut exister sans souvenir clair

Beaucoup de personnes disent :

  • “Je ne sais pas ce qui m’est arrivé”,

  • “Je n’ai pas de souvenirs précis”,

  • “Je n’ai pas vécu quelque chose de grave”.

Pourtant, le trauma peut être :

  • relationnel,

  • émotionnel,

  • précoce,

  • diffus,
    et s’inscrire dans le corps et les réactions, sans récit clair.

ERREUR FRÉQUENTE

Penser que s’il n’y a pas de souvenir précis,
il ne peut pas y avoir de trauma.
Le trauma est souvent corporel et émotionnel, pas narratif.

TRAUMATISME VS TRAUMA : LA DIFFÉRENCE ESSENTIELLE

En résumé simple

  • Le traumatisme, c’est ce qui s’est passé.

  • Le trauma, c’est ce que cela a laissé en vous.

On peut :

  • vivre un traumatisme sans développer de trauma durable,

  • développer un trauma à partir d’événements apparemment “banals”,

  • porter plusieurs traumas issus d’une même période.

Il n’y a pas d’échelle de gravité universelle.

Pourquoi cette distinction est importante

Parce que :

  • vous pouvez souffrir sans “événement spectaculaire”,

  • votre douleur n’a pas besoin de justification extérieure,

  • le travail de réparation concerne le présent, pas uniquement le passé.

À RETENIR

Ce n’est pas l’événement qui définit la gravité du trauma,
mais son impact durable sur votre sécurité intérieure.

POURQUOI CERTAINES PERSONNES DÉVELOPPENT UN TRAUMA… ET PAS D’AUTRES

Les facteurs clés

Un même événement n’aura pas le même impact selon :

  • l’âge,

  • le soutien reçu,

  • la sécurité affective,

  • l’histoire personnelle,

  • l’état du système nerveux.

Le trauma n’est ni un manque de force,
ni un signe de faiblesse.

COMMENT SAVOIR SI UN TRAUMA EST ENCORE ACTIF

Certains signes fréquents :

  • vous réagissez “trop” sans comprendre pourquoi,

  • vos relations déclenchent peur ou contrôle,

  • votre corps reste tendu ou épuisé,

  • vous avez l’impression de revivre toujours la même chose.

Le trauma n’est pas dans le passé.
Il se manifeste dans le présent.

QUAND SE FAIRE AIDER ?

  • si vos réactions vous dépassent,

  • si votre corps parle à votre place,

  • si vos relations sont sources de souffrance,

  • si vous avez l’impression d’être bloqué·e malgré vos efforts.

Se faire accompagner n’est pas un aveu de faiblesse.
C’est souvent une étape clé de réparation.

CONCLUSION : METTRE DES MOTS POUR SE LIBÉRER

Comprendre la différence entre trauma et traumatisme,
ce n’est pas jouer sur les mots.

C’est :

  • sortir de la confusion,

  • cesser de se juger,

  • reconnaître ce qui agit encore en soi.

Ce qui vous affecte a une logique.
Et ce qui a été appris pour survivre peut être apaisé et transformé.

POUR ALLER PLUS LOIN DANS LE PILIER TRAUMAS


AJOUT...

Un petit complément pour répondre au commentaire (ci-dessous) sur cet article :

Pourquoi existe-til une confusion réelle (et légitime) ?

Il n’existe pas de consensus terminologique absolu entre : TRAUMA et TRAUMATISME

Les mots trauma et traumatisme circulent entre disciplines, parfois traduits, parfois hérités du grec ou de l’anglais, ce qui explique les inversions.

  • la psychanalyse,
  • la psychologie clinique contemporaine,
  • la psychotraumatologie,
  • le langage médical (DSM / CIM),
  • et le langage courant.

 

1. Dans la psychotraumatologie contemporaine (référence actuelle)

Voici le cadre utilisé par la majorité des cliniciens aujourd’hui.

Traumatisme

L’événement ou la situation qui dépasse les capacités d’adaptation.

Exemples :

  • agression
  • accident
  • violences répétées
  • négligence affective prolongée

Références :

  • Judith Herman, Trauma and Recovery
  • Bessel van der Kolk, The Body Keeps the Score

Le traumatisme n’est pas défini par sa gravité objective, mais par l’absence de sécurité et de ressources au moment où il survient.

Trauma

C'est la trace durable laissée dans le système nerveux, le corps et la psyché.
Ce qui persiste après l’événement :

  • hypervigilance
  • dissociation
  • réactions émotionnelles disproportionnées
  • schémas relationnels répétitifs

Références :

  • Peter Levine
  • Organisation mondiale de la santé (approche fonctionnelle dans la CIM-11)


C’est cette distinction que nous avons utilisée dans notre texte, et elle est cliniquement valide et actuelle.

2. Dans la psychanalyse classique (origine de l’inversion)

Chez Sigmund Freud, le mot trauma désignait souvent :

  • l’événement psychiquement effractant

Et le traumatisme :

  • le processus psychique qui en découle

Cette approche est historique, mais elle continue d’influencer certains discours.

Référence :

  • Sigmund Freud , Au-delà du principe de plaisir

 

C’est probablement cette tradition que citent les personnes qui disent “c’est l’inverse”.

3. Dans les classifications médicales (DSM / CIM)

Les manuels diagnostiques parlent surtout de :

  • “événement traumatique”
  • “trouble de stress post-traumatique”

Ils décrivent peu la notion de “trauma” comme empreinte subjective, laissant cela aux cliniciens.

Références :

  • American Psychiatric Association, DSM-5-TR
  • Organisation mondiale de la santé, CIM-11

4. Conclusion 

Le choix de terminologie dans l'article  n’est ni arbitraire ni erroné ni imprécis.
Il s’inscrit dans l’approche psychotraumatologique contemporaine, aujourd’hui la plus utilisée en clinique L'approche clinique actuelle est centrée sur le fonctionnement du système nerveux et sur les effets durables du vécu traumatique.
Les personnes qui parlent de l’inverse se réfèrent le plus souvent à des cadres plus anciens ou théoriques.

 

En tous état de cause, au-delà des mots, l’enjeu reste le même :
ce n’est pas l’événement en soi qui définit la souffrance, mais son impact persistant sur la sécurité intérieure, les relations et le présent de la personne.

En résumé  :

  • TRAUMATISME → ce qui est arrivé
  • TRAUMA → ce que cela a laissé en vous

Et surtout : quelle que soit la terminologie, ce qui compte cliniquement, ce n’est pas le mot… mais l’impact réel sur la sécurité intérieure et la vie actuelle.


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2 Commentaires

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Envoyé !

Anonyme
29 JANVIER 2026 à 21:57

Merci pour votre remarque, qui renvoie à un débat terminologique réel.

La distinction entre trauma et traumatisme ne fait pas l’objet d’un consensus absolu, car ces termes sont issus de traditions théoriques différentes (psychanalyse, médecine, psychologie clinique, psychotraumatologie).

Dans ce contenu, je m’appuie sur le cadre de la psychotraumatologie contemporaine, aujourd’hui largement utilisé en clinique et en recherche.

Dans cette approche :
- le traumatisme désigne l’événement ou la situation vécue comme une effraction psychique, c’est-à-dire dépassant les capacités d’adaptation et de régulation de la personne au moment où il survient ;
- le trauma désigne l’empreinte durable laissée par cet événement dans le système nerveux, le corps et le fonctionnement psychique, indépendamment de la présence ou non d’un souvenir narratif explicite.

Cette distinction est notamment cohérente avec les travaux de Judith Herman (Trauma and Recovery), de Bessel van der Kolk (The Body Keeps the Score), ainsi qu’avec les approches corporelles et neurobiologiques du trauma développées par Peter Levine.

À l’inverse, certaines traditions plus anciennes, notamment psychanalytiques (chez Sigmund Freud), emploient parfois le terme trauma pour désigner l’événement, et traumatisme pour le processus ou les effets psychiques qui en découlent. Cette différence d’usage explique les inversions que l’on peut rencontrer selon les sources.

Les classifications diagnostiques actuelles (DSM-5-TR, CIM-11) parlent principalement d’« événement traumatique » et de « trouble de stress post-traumatique », sans conceptualiser finement le trauma comme trace subjective, laissant cette élaboration aux modèles cliniques contemporains (APA ; Organisation mondiale de la santé).

En résumé, le choix terminologique ici n’est ni arbitraire ni erroné :
il correspond à une approche clinique actuelle centrée sur le fonctionnement du système nerveux et sur les effets durables du vécu traumatique.

Au-delà des mots, l’enjeu reste le même :
ce n’est pas l’événement en soi qui définit la souffrance, mais son impact persistant sur la sécurité intérieure, les relations et le présent de la personne.

Anonyme
29 JANVIER 2026 à 15:30

Vous dites exactement l’inverse du sens donné partouse les professionnels !! Le trauma est l’événement et le traumatisme les conséquences.... relisez vos sources !!

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