Deux mots souvent confondus, une distinction essentielle pour mieux comprendre ce que vous vivez.
POURQUOI CETTE CONFUSION EST SI FRÉQUENTE ?
Les mots trauma et traumatisme sont aujourd’hui utilisés partout :
dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans le langage courant.
On parle de :
-
“petit trauma”,
-
“trauma émotionnel”,
-
“j’ai été traumatisé”,
souvent pour désigner une difficulté, une blessure ou un souvenir pénible.
Pourtant, ces deux mots ne désignent pas exactement la même chose.
Les confondre peut :
-
minimiser ce que vous vivez,
-
ou au contraire vous faire croire que “vous êtes trop fragile”.
Clarifier cette différence permet de mieux se comprendre, sans se juger.
À RETENIR
Comprendre les mots, ce n’est pas intellectualiser sa souffrance.
C’est lui redonner du sens et de la légitimité.
QU’EST-CE QU’UN TRAUMATISME PSYCHOLOGIQUE ?
Une définition claire
Un traumatisme psychologique est un événement ou une situation vécue comme trop intense, trop soudaine ou trop insécurisante, sans que la personne ait pu y faire face sur le moment.
Ce peut être :
-
un choc unique (accident, agression, perte brutale),
-
une situation répétée (violences, humiliations, instabilité),
-
ou un contexte prolongé d’insécurité (enfance, relations, travail).
Le point clé n’est pas l’événement lui-même,
mais l’absence de sécurité et de ressources au moment où il survient.
Ce que fait le traumatisme
Le traumatisme déclenche une réponse de survie intense :
-
figement,
-
fuite,
-
hypervigilance,
-
dissociation.
Même lorsque l’événement est terminé,
le système nerveux reste bloqué en mode alerte.
Lien interne suggéré :
→ Qu’est-ce qu’un traumatisme psychologique ?
QU’EST-CE QU’UN TRAUMA ?
Le trauma, c’est ce qui reste
Le trauma désigne la trace laissée par le traumatisme, une fois l’événement passé.
Ce n’est plus ce qui est arrivé,
mais ce qui continue d’agir à l’intérieur :
-
réactions émotionnelles disproportionnées,
-
peurs diffuses,
-
schémas relationnels répétitifs,
-
tensions corporelles,
-
croyances profondes sur soi et sur les autres.
Le trauma est l’empreinte durable du traumatisme.
Un trauma peut exister sans souvenir clair
Beaucoup de personnes disent :
-
“Je ne sais pas ce qui m’est arrivé”,
-
“Je n’ai pas de souvenirs précis”,
-
“Je n’ai pas vécu quelque chose de grave”.
Pourtant, le trauma peut être :
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relationnel,
-
émotionnel,
-
précoce,
-
diffus,
et s’inscrire dans le corps et les réactions, sans récit clair.
ERREUR FRÉQUENTE
Penser que s’il n’y a pas de souvenir précis,
il ne peut pas y avoir de trauma.
Le trauma est souvent corporel et émotionnel, pas narratif.
TRAUMATISME VS TRAUMA : LA DIFFÉRENCE ESSENTIELLE
En résumé simple
-
Le traumatisme, c’est ce qui s’est passé.
-
Le trauma, c’est ce que cela a laissé en vous.
On peut :
-
vivre un traumatisme sans développer de trauma durable,
-
développer un trauma à partir d’événements apparemment “banals”,
-
porter plusieurs traumas issus d’une même période.
Il n’y a pas d’échelle de gravité universelle.
Pourquoi cette distinction est importante
Parce que :
-
vous pouvez souffrir sans “événement spectaculaire”,
-
votre douleur n’a pas besoin de justification extérieure,
-
le travail de réparation concerne le présent, pas uniquement le passé.
À RETENIR
Ce n’est pas l’événement qui définit la gravité du trauma,
mais son impact durable sur votre sécurité intérieure.
POURQUOI CERTAINES PERSONNES DÉVELOPPENT UN TRAUMA… ET PAS D’AUTRES
Les facteurs clés
Un même événement n’aura pas le même impact selon :
-
l’âge,
-
le soutien reçu,
-
la sécurité affective,
-
l’histoire personnelle,
-
l’état du système nerveux.
Le trauma n’est ni un manque de force,
ni un signe de faiblesse.
Lien suggéré :
→ Pourquoi certains événements nous traumatisent… et pas d’autres ?
COMMENT SAVOIR SI UN TRAUMA EST ENCORE ACTIF
Certains signes fréquents :
-
vous réagissez “trop” sans comprendre pourquoi,
-
vos relations déclenchent peur ou contrôle,
-
votre corps reste tendu ou épuisé,
-
vous avez l’impression de revivre toujours la même chose.
Le trauma n’est pas dans le passé.
Il se manifeste dans le présent.
Lien interne suggéré :
→ Comment reconnaître un traumatisme non résolu ?
QUAND SE FAIRE AIDER ?
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si vos réactions vous dépassent,
-
si votre corps parle à votre place,
-
si vos relations sont sources de souffrance,
-
si vous avez l’impression d’être bloqué·e malgré vos efforts.
Se faire accompagner n’est pas un aveu de faiblesse.
C’est souvent une étape clé de réparation.
CONCLUSION : METTRE DES MOTS POUR SE LIBÉRER
Comprendre la différence entre trauma et traumatisme,
ce n’est pas jouer sur les mots.
C’est :
-
sortir de la confusion,
-
cesser de se juger,
-
reconnaître ce qui agit encore en soi.
Ce qui vous affecte a une logique.
Et ce qui a été appris pour survivre peut être apaisé et transformé.