Comment reconnaître un traumatisme non résolu : les signes qui ne trompent pas
Quand le passé n’est pas vraiment passé… et continue d’agir dans votre vie aujourd’hui.
Pourquoi cette question est centrale (et souvent dérangeante)
Beaucoup de personnes se disent :
-
« J’ai tourné la page »
-
« C’est derrière moi »
-
« Je n’y pense plus »
Et pourtant :
-
certaines réactions reviennent toujours,
-
certaines situations déclenchent des émotions intenses,
-
le corps reste tendu, fatigué ou en alerte,
-
les mêmes schémas se répètent.
Un traumatisme non résolu n’est pas un souvenir douloureux.
C’est une réaction de survie encore active dans le présent.
À RETENIR
On reconnaît un traumatisme non résolu non pas à ce qui est arrivé, mais à ce qui continue de se produire en vous aujourd’hui.
Qu’est-ce qu’un traumatisme non résolu, exactement ?
Un traumatisme est dit « non résolu » lorsque :
-
l’événement est terminé,
-
mais que le système nerveux agit encore comme s’il était en danger.
Il ne s’agit pas de faiblesse,
ni d’un refus inconscient de « passer à autre chose ».
Il s’agit d’un processus de survie resté incomplet.
Pourquoi le traumatisme reste actif
Un traumatisme reste actif lorsque :
-
la réaction de survie n’a pas pu aller à son terme,
-
les émotions ont été bloquées ou interdites,
-
la personne est restée seule avec ce qu’elle vivait,
-
la sécurité a manqué au moment clé.
Le corps, lui, n’oublie pas ce qui n’a pas été digéré.
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Qu’est-ce qu’un traumatisme psychologique ?
Les signes émotionnels d’un traumatisme non résolu
Des réactions émotionnelles intenses ou disproportionnées
Vous pouvez observer :
-
des montées émotionnelles soudaines,
-
une tristesse ou une colère difficile à expliquer,
-
des réactions « trop fortes » pour la situation,
-
une hypersensibilité aux remarques, aux silences, aux regards.
L’émotion actuelle est souvent plus ancienne qu’elle n’en a l’air.
Une difficulté à se sentir en sécurité
Un traumatisme non résolu s’accompagne souvent de :
-
peur diffuse,
-
anxiété de fond,
-
impression que « quelque chose peut arriver »,
-
difficulté à se détendre réellement.
Même lorsque tout va bien,
le corps reste en alerte.
ERREUR FRÉQUENTE
Croire que si l’on ne pense plus à l’événement, le traumatisme est réglé.
Le traumatisme se manifeste souvent sans souvenir conscient.
Les signes corporels : quand le corps parle à la place des mots
Le corps est souvent le premier indicateur d’un traumatisme non résolu.
On observe fréquemment :
-
tensions chroniques,
-
fatigue persistante,
-
troubles du sommeil,
-
maux inexpliqués,
-
sensation de n’être jamais vraiment reposé·e.
Le corps continue à se préparer à un danger qui n’est plus là.
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Trauma et corps : quand le corps parle à la place des mots
Les signes relationnels : là où le trauma se rejoue
Des schémas relationnels répétitif
Un traumatisme non résolu se manifeste souvent dans les relations :
-
peur de l’abandon,
-
besoin excessif de contrôle,
-
difficulté à faire confiance,
-
attirance pour des relations insécurisantes,
-
alternance entre fusion et distance.
Le trauma cherche inconsciemment à se rejouer pour être “résolu”.
Des réactions relationnelles que vous ne comprenez pas
ar exemple :
-
vous vous sentez rejeté·e très vite,
-
vous interprétez le silence comme un danger,
-
vous anticipez constamment la rupture,
-
vous vous adaptez excessivement.
Ce ne sont pas des défauts de caractère,
mais des stratégies de survie anciennes.
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Les schémas répétitifs : comment le trauma se rejoue dans votre vie
Les signes cognitifs : quand le mental est marqué
Un traumatisme non résolu influence aussi la manière de penser :
-
pensées automatiques négatives,
-
croyances profondes sur soi (« je ne vaux pas grand-chose »),
-
vision du monde dangereuse ou imprévisible,
-
difficulté à se projeter sereinement.
Le trauma façonne la perception, pas seulement les émotions.
À RETENIR
Un traumatisme non résolu agit à plusieurs niveaux :
émotionnel, corporel, relationnel et cognitif.
Peut-on avoir un traumatisme non résolu sans en être conscient ?
Oui, très souvent.
C’est particulièrement fréquent lorsque :
-
le traumatisme est ancien,
-
il s’est installé progressivement,
-
il concerne l’enfance ou les relations,
-
il a été minimisé ou normalisé.
Beaucoup de personnes ont appris à fonctionner,
tout en restant intérieurement en état d’alerte.
CONSEIL DU THÉRAPEUTE
Ne vous demandez pas :
« Qu’est-ce qui m’est arrivé ? »
mais plutôt :
« Dans quelles situations est-ce que je me sens encore en danger aujourd’hui ? »
Reconnaître un traumatisme non résolu : un premier pas essentiel
Identifier les signes d’un traumatisme non résolu permet de :
-
arrêter de se juger,
-
comprendre ses réactions,
-
mettre du sens sur ce qui semblait incohérent,
-
ouvrir un chemin de réparation.
Reconnaître n’est pas s’enfermer.
C’est commencer à se libérer.
QUAND SE FAIRE AIDER ?
-
si vos réactions vous dépassent,
-
si votre corps reste en tension permanente,
-
si vos relations sont sources de souffrance récurrente,
-
si vous avez l’impression de tourner en rond malgré vos efforts.
Se faire accompagner, c’est offrir à votre système nerveux ce qu’il n’a pas eu au moment clé : de la sécurité.
Conclusion : ce que vous vivez a une logique
Si vous reconnaissez certains de ces signes,
cela ne signifie pas que vous êtes fragile ou défaillant·e.
Cela signifie que votre système nerveux a appris à survivre dans un contexte insécurisant.
Ce qui s’est figé dans le passé
peut, avec les bons repères et la bonne sécurité,
se remettre en mouvement.





