La Synchronisation
S’ajuster à l’autre pour faciliter le rapport sans chercher à lui ressembler
Certaines conversations semblent immédiatement fluides.
Les personnes trouvent naturellement leur rythme. Elles s’écoutent, se répondent, laissent de la place aux silences, ajustent spontanément leur voix et leurs gestes. Rien ne paraît forcé.
Dans d’autres échanges, au contraire, quelque chose semble ne jamais vraiment se rencontrer.
L’un parle vite quand l’autre a besoin de temps. L’un cherche immédiatement une solution quand l’autre voudrait d’abord être entendu. L’un parle avec beaucoup d’énergie alors que l’autre se replie progressivement.
En Programmation Neuro-Linguistique (PNL), la Synchronisation désigne une manière de s’ajuster à certains éléments observables de la communication de l’autre afin de favoriser ce que la PNL appelle le Rapport.
Elle peut concerner la posture, les gestes, le rythme, la respiration, la voix, certains mots ou, plus largement, la manière dont l’interaction est en train de se construire.
Mais la Synchronisation mérite d’être bien comprise.
Se synchroniser avec quelqu’un ne signifie pas le copier. Il s’agit de le rejoindre suffisamment dans son monde pour rendre la rencontre plus facile.
Qu’est-ce que la Synchronisation en PNL ?
La PNL accorde une place importante à l’observation de la communication.
Lorsque deux personnes échangent, elles communiquent évidemment par les mots, mais également par :
leur posture,
leurs gestes,
leurs expressions,
leur regard,
leur rythme,
leur volume de voix,
leurs silences,
leur respiration,
la distance qu’elles maintiennent,
et leur manière de répondre à ce que fait l’autre.
La Synchronisation consiste à s’ajuster avec souplesse à certains de ces éléments, sans reproduire mécaniquement le comportement de l’interlocuteur.
L’objectif n’est donc pas :
- « Je vais faire exactement comme lui. »
Mais davantage :
- « Comment puis-je communiquer d’une manière qui puisse être plus facilement reçue par cette personne, ici et maintenant ? »
Synchronisation et Rapport : quelle différence ?
Les deux notions sont étroitement liées, mais elles ne désignent pas exactement la même chose.
La Synchronisation concerne davantage le processus d’ajustement.
Le Rapport désigne plutôt la qualité de relation qui peut émerger lorsque deux personnes parviennent suffisamment à se rencontrer.
Dans le vocabulaire de la PNL, on pourrait donc simplifier ainsi :
SYNCHRONISATION
→ je m’ajuste à certains aspects de votre communication.
RAPPORT
→ notre interaction devient suffisamment fluide pour permettre une véritable rencontre.
Il faut toutefois éviter une relation de cause à effet trop mécanique.
Une posture similaire ne crée pas automatiquement de la confiance.
Une personne peut parfaitement être en Rapport sans reproduire les gestes de l’autre.
Et une synchronisation artificielle peut, au contraire, devenir gênante si elle est remarquée.
Le Rapport est relationnel. Il ne se réduit pas à une technique.
À quoi peut-on se synchroniser ?
La Synchronisation peut concerner plusieurs dimensions simultanément.
La posture
Une personne est plutôt droite, inclinée vers l’avant, détendue, immobile ou très mobile.
Il ne s’agit pas d’adopter exactement la même position, mais éventuellement de trouver une posture compatible avec son niveau d’engagement et son énergie.
Les gestes et les mouvements
Certaines personnes communiquent beaucoup avec leurs mains.
D’autres bougent très peu.
Une gestuelle extrêmement expansive face à une personne très contenue peut parfois accentuer la distance entre les deux.
L’ajustement peut alors porter davantage sur l’amplitude ou le rythme général que sur la reproduction du geste.
La voix
Le débit, le volume, les pauses, l’intonation et le rythme constituent une dimension importante de l’interaction.
Parler très rapidement à quelqu’un qui a besoin de temps pour élaborer sa pensée peut, par exemple, augmenter la pression.
Ralentir légèrement peut faciliter l’échange.
La respiration
La respiration participe au rythme corporel global.
Elle est traditionnellement intégrée aux éléments observés dans certaines pratiques de PNL.
Mais elle ne doit pas devenir un objet de surveillance permanente : l’enjeu reste la qualité globale de l’interaction.
Les mots
Nous n’utilisons pas tous les mêmes expressions pour parler de notre expérience.
Une personne dira :
« Je ne vois pas comment m’en sortir. »
Une autre :
« Je n’arrive pas à saisir ce qui se passe. »
Une autre encore :
« Quelque chose ne sonne pas juste. »
Reprendre naturellement certains mots importants de l’interlocuteur peut contribuer à lui montrer que son expérience a été entendue, sans pour autant adopter les affirmations historiques de la PNL sur l’existence d’un « système représentationnel préféré » stable, dont les données scientifiques n’ont pas fourni de validation solide.
Synchroniser ne signifie surtout pas imiter
C’est probablement le principal contresens concernant la Synchronisation.
Imaginez une personne qui croise les jambes.
Quelques secondes plus tard, son interlocuteur croise les jambes.
Elle touche son visage.
Il touche son visage.
Elle change de position.
Il change immédiatement de position.
Ce n’est plus de la Synchronisation.
Cela peut devenir une imitation visible, artificielle et potentiellement inconfortable.
La Synchronisation pertinente est beaucoup plus subtile.
Elle peut être :
directe, lorsque certains éléments sont légèrement similaires ;
ou croisée, lorsque l’on rejoint un rythme par un autre comportement.
Par exemple, plutôt que de reproduire exactement un mouvement répétitif de la main, on peut éventuellement laisser son propre rythme corporel ou vocal s’accorder légèrement avec celui de l’interlocuteur.
Ce qui compte n’est pas la ressemblance des gestes, mais la qualité de l’accordage relationnel.
La Synchronisation est d’abord une observation de l’autre
Avant de vouloir s’ajuster, encore faut-il observer.
C’est là qu’intervient une autre compétence importante de la PNL : la Calibration.
La Calibration consiste à repérer ce qui est observable :
un changement de posture,
une modification de la respiration,
un regard qui se détourne,
un ralentissement de la voix,
une tension qui apparaît,
un sourire,
une augmentation ou une diminution des gestes.
Puis à distinguer autant que possible :
ce que j’observe
de
ce que j’interprète.
« Ses bras se croisent » est une observation.
« Il est fermé » est déjà une interprétation.
Cette distinction est fondamentale.
Voir l’article :
La Calibration en PNL : observer ce qui change sans croire savoir ce que l’autre pense.
La Synchronisation ne concerne pas uniquement le corps
Réduire la Synchronisation à la posture serait également une erreur.
Deux personnes peuvent être corporellement très différentes tout en étant profondément accordées.
L’ajustement peut également concerner :
le rythme de la conversation,
le niveau de détail,
la manière d’aborder un sujet,
le registre de langage,
le degré d’émotion exprimé,
le besoin de silence,
la vitesse avec laquelle la personne souhaite avancer.
Prenons un exemple.
Une personne commence un entretien très préoccupée :
« J’ai besoin de comprendre ce qui m’arrive. Tout va beaucoup trop vite en ce moment. »
Lui répondre immédiatement :
« Très bien, fixons trois objectifs et un plan d’action. »
peut être techniquement efficace… mais relationnellement prématuré.
La première synchronisation peut simplement consister à rejoindre son besoin de ralentissement et de compréhension avant de chercher à agir.
Synchronisation, Pacing et Leading
La PNL utilise traditionnellement deux notions complémentaires :
Pacing et Leading.
Le Pacing consiste à rejoindre suffisamment l’expérience ou le rythme de l’autre.
Le Leading consiste ensuite à proposer progressivement une évolution de l’interaction.
Autrement dit :
REJOINDRE → ACCOMPAGNER → PROPOSER UNE ÉVOLUTION
Prenons une conversation avec quelqu’un qui parle rapidement sous l’effet du stress.
Lui demander brutalement :
« Calmez-vous. »
risque de créer davantage de distance.
Une autre possibilité consiste à commencer par adopter un rythme suffisamment compatible avec le sien, puis à ralentir progressivement sa propre voix et à introduire davantage de pauses.
La personne suivra peut-être ce mouvement.
Peut-être pas.
Et c’est précisément pourquoi il s’agit d’un ajustement, et non d’un mécanisme permettant de contrôler l’autre.
Quand la Synchronisation devient-elle désynchronisation ?
La relation n’est jamais parfaitement stable.
À certains moments, deux personnes sont accordées.
Puis quelque chose change.
Un mot provoque une réaction.
Le rythme s’accélère.
Une personne recule.
Le regard change.
Un silence apparaît.
La voix devient plus sèche.
La désynchronisation n’est donc pas nécessairement un problème.
Elle peut constituer une information.
Quelque chose vient peut-être de changer dans l’expérience de l’autre ou dans la relation.
La question devient alors :
« Qu’est-ce qui vient de se modifier dans notre interaction ? »
Plutôt que de chercher à maintenir artificiellement le Rapport, il peut être beaucoup plus pertinent de retrouver de la curiosité et de recalibrer.
Peut-on utiliser la Synchronisation pour manipuler quelqu’un ?
La question mérite d’être posée.
Les techniques de communication peuvent être utilisées avec des intentions très différentes.
Observer quelqu’un, reprendre certains de ses mots et s’ajuster à son comportement peut servir à mieux communiquer.
Cela peut également être utilisé dans une logique d’influence.
La différence ne réside donc pas uniquement dans la technique.
Elle réside aussi dans l’intention, le contexte, la transparence et le respect de l’autonomie de l’autre.
Dans une relation d’accompagnement, la Synchronisation n’a pas pour fonction de conduire quelqu’un là où il ne souhaite pas aller.
Elle vise à créer les conditions d’une relation dans laquelle la personne peut se sentir suffisamment entendue pour explorer son expérience et conserver ses propres choix.
Que dit la science sur la Synchronisation ?
Il faut distinguer deux choses.
D’un côté, certaines recherches en psychologie sociale et en communication ont étudié le mimétisme comportemental, la coordination interpersonnelle ou la congruence posturale. Des travaux ont notamment observé des associations entre certains comportements de mimétisme subtil et des perceptions plus favorables de l’interaction. Des études plus anciennes ont également examiné la congruence posturale dans la relation d’aide.
De l’autre, cela ne valide pas automatiquement le modèle complet de la Synchronisation tel qu’il est enseigné en PNL.
Les recherches consacrées à plusieurs affirmations historiques de la PNL — notamment l’idée qu’il faudrait faire correspondre son langage à un supposé système représentationnel privilégié déduit de certains indices — ont donné des résultats faibles, contradictoires ou défavorables.
Il serait également abusif d’expliquer la Synchronisation en affirmant simplement :
« C’est grâce aux neurones miroirs. »
Les mécanismes de coordination sociale sont beaucoup plus complexes, et l’existence de recherches sur les systèmes neuronaux impliqués dans l’observation de l’action ne constitue pas une validation neuroscientifique des techniques de PNL.
Sur Coaching & Thérapies®, nous préférons donc conserver une distinction claire :
La Synchronisation est un modèle pratique de communication issu de la PNL ; certains phénomènes voisins d’ajustement interpersonnel sont étudiés scientifiquement, mais cela ne permet pas d’attribuer à l’ensemble du modèle PNL une validation scientifique spécifique.
Synchronisation, Calibration et Rapport : trois notions complémentaires
Le regard du Coach & Thérapeute
La Synchronisation devient particulièrement intéressante lorsqu’on cesse de la considérer comme une technique destinée à « créer du Rapport ».
Car la relation humaine ne fonctionne pas comme un interrupteur.
Dans un accompagnement, l’enjeu est plutôt de pouvoir se demander :
Suis-je réellement attentif à cette personne ?
Est-ce que je respecte son rythme ou est-ce que je lui impose le mien ?
Est-ce que mon langage lui permet de se sentir comprise ?
Est-ce que je remarque lorsque quelque chose change ?
Suis-je encore en relation avec elle ou déjà concentré sur ce que je voudrais lui faire comprendre ?
La Synchronisation retrouve alors une fonction beaucoup plus profonde :
ne pas demander systématiquement à l’autre d’entrer dans notre manière de communiquer, mais devenir nous-mêmes suffisamment souples pour pouvoir aussi le rejoindre dans la sienne.
Conclusion — Se synchroniser, c’est d’abord savoir rencontrer
La Synchronisation peut sembler, au premier abord, être une technique de posture, de gestes ou de voix.
Elle devient beaucoup plus intéressante lorsqu’on la considère comme une capacité d’ajustement relationnel.
Observer.
Écouter.
Percevoir un rythme.
Rejoindre suffisamment.
Vérifier ce qui se passe.
Puis s’ajuster encore.
Il ne s’agit pas de devenir le miroir de l’autre.
Il s’agit de rester soi-même tout en devenant suffisamment flexible pour que deux manières différentes d’être au monde puissent réellement entrer en relation.
Faites le premier pas
Nos difficultés relationnelles ne viennent pas toujours de ce que nous disons. Elles peuvent aussi venir de la manière dont nous essayons de rencontrer l’autre — ou dont nous ne parvenons plus à le faire.
Un accompagnement peut permettre de mieux comprendre ce qui se joue dans vos interactions, vos réactions et vos modes de communication, afin de retrouver davantage de choix et de souplesse relationnelle.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
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