Quand nous ne sommes plus vraiment présents
Introduction — Parler sans être là
Nous parlons.
Nous répondons.
Nous interagissons.
Mais intérieurement, quelque chose s’est retiré.
Nous faisons ce qu’il faut.
Nous disons ce qui est attendu.
La communication de survie commence lorsque nous ne sommes plus réellement présents à l’échange, mais simplement occupés à tenir.
Qu’est-ce que la communication de survie ?
La communication de survie apparaît lorsque notre système nerveux perçoit un danger — réel ou symbolique — dans la relation.
Nous ne cherchons plus à :
-
comprendre
-
être compris
-
entrer en lien
Nous cherchons surtout à :
-
éviter le conflit
-
réduire la tension
-
préserver une sécurité minimale
REPÈRE ESSENTIEL
La communication de survie ne vise pas la relation.
Elle vise la protection.
Comment nous reconnaissons la communication de survie
Une présence partielle
Nous sommes là physiquement, mais :
-
absents émotionnellement
-
coupés de nos ressentis
-
en mode automatique
Des réponses sans engagement
Nous répondons :
-
par habitude
-
par politesse
-
par évitement
La parole devient fonctionnelle, pas relationnelle.
Une attention tournée vers la menace
Nous surveillons :
-
le ton
-
la réaction
-
les signaux de tension
Quand l’attention est occupée à éviter le danger,
elle n’est plus disponible pour le lien.
Pourquoi entrons-nous en communication de survie ?
Parce que le stress est trop élevé
Lorsque la pression dépasse notre capacité de régulation :
-
le corps prend le relais
-
la présence se réduit
Parce que la relation n’est plus perçue comme sûre
Une relation devient insécurisante lorsque :
-
les limites ne sont pas respectées
-
les réactions sont imprévisibles
-
la parole est jugée ou minimisée
Le système choisit alors la protection.
Parce que des blessures sont activées
La communication de survie
est souvent la réponse d’une partie blessée
qui cherche à ne plus souffrir.
Les formes de communication de survie
Nous pouvons reconnaître :
-
le silence stratégique
-
l’hyper-adaptation
-
la neutralité émotionnelle
-
l’accord automatique
-
la fermeture intérieure
Toutes ont un point commun : réduire l’exposition émotionnelle.
Ce que la communication de survie coûte à la relation
À long terme :
-
la relation perd en profondeur
-
la confiance s’érode
-
le lien devient superficiel
On parle… mais on ne se rencontre plus.
Pourquoi vouloir “mieux communiquer” aggrave parfois le problème
Dans un état de survie :
-
les techniques ne passent pas
-
les injonctions fatiguent
-
la pression augmente
SIGNAL D’ALERTE
Si “faire un effort de communication” vous épuise,
c’est que vous êtes probablement en mode survie.
Sortir de la communication de survie
Restaurer la sécurité avant la parole
Avant de vouloir parler autrement, il faut :
-
ralentir
-
diminuer la pression
-
retrouver un minimum de sécurité intérieure
Réapprendre à sentir plutôt qu’à contrôler
La présence revient lorsque :
-
nous sentons à nouveau nos émotions
-
nous cessons de surveiller l’autre
INVITATION
Vous n’avez pas besoin de parler juste.
Vous avez besoin de vous sentir suffisamment en sécurité
pour être là.
Quand la présence revient, la communication change
Lorsque nous sortons du mode survie :
-
la parole devient plus authentique
-
l’écoute redevient possible
-
la relation peut respirer
La communication redevient un espace de rencontre, pas de défense.
Conclusion — Vous ne vous êtes pas retiré sans raison
Si vous communiquez en mode survie,
ce n’est pas parce que vous êtes fermé ou immature.
C’est parce que votre système a estimé que c’était la meilleure option pour tenir.
La transformation commence lorsque nous cessons de nous forcer à parler
et que nous réapprenons à être présents en sécurité.
Pour aller plus loin dans la Communication dysfonctionnelle
Articles conseillés :
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Page pilier : La Communication dysfonctionnelle
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Page chapitre : Pourquoi restons-nous bloqués dans nos façons (habituelles) de communiquer ?
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Article : Pourquoi changer notre façon de communiquer nous fait peur ?
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Article : Pourquoi comprendre ne suffit pas pour changer