De quelle partie de nous parlons-nous en relation ?
Parent, Adulte, Enfant : comprendre d’où part notre parole
Introduction — Nous croyons parler… mais depuis où ?
Nous pensons souvent que nous parlons depuis nous-mêmes.
Depuis notre réflexion.
Depuis notre intention consciente.
Et pourtant, dans de nombreuses situations relationnelles,
quelque chose d’autre prend la parole.
Un ton qui monte.
Une autorité qui s’impose.
Une émotion qui déborde.
Ou un retrait soudain.
La question n’est pas seulement ce que nous disons,
mais depuis quelle partie de nous nous parlons.
L’analyse transactionnelle : une clé de lecture relationnelle
L’analyse transactionnelle nous propose une lecture simple et puissante :
dans toute communication, nous parlons depuis un état du moi.
Ces états ne sont pas des personnalités figées,
mais des modes de fonctionnement relationnels que nous activons selon les contextes.
REPÈRE ESSENTIEL
Nous ne sommes pas un seul “moi” qui parle,
mais un ensemble de parties qui prennent la parole tour à tour.
Les trois états du moi : Parent, Adulte, Enfant
Le Parent : quand nous parlons depuis des règles intériorisées
L’état Parent s’exprime lorsque nous parlons depuis :
-
des normes
-
des valeurs héritées
-
des interdits ou des obligations
Il peut être :
-
protecteur (soutenant, cadrant)
-
critique (jugeant, contrôlant)
Exemples :
-
« Tu devrais… »
-
« Ce n’est pas comme ça qu’on fait »
-
« Fais attention »
Le Parent parle pour cadrer ou corriger.
L’Enfant : quand l’émotion prend la parole
L’état Enfant s’exprime lorsque nous parlons depuis :
-
une émotion vive
-
un besoin non satisfait
-
une peur ancienne
-
une attente implicite
Il peut être :
-
adapté (sage, conforme, effacé)
-
rebelle (opposant, provocateur)
-
libre (spontané, créatif)
Exemples :
-
« Ce n’est pas juste »
-
« J’en ai marre »
-
« Laisse tomber »
-
« Tu ne me comprends jamais »
L’Enfant parle pour être reconnu, rassuré ou protégé.
LUCIDITÉ RELATIONNELLE
L’Enfant n’est pas immature.
Il est émotionnel.
Il devient problématique lorsqu’il gouverne la relation.
Pourquoi ce n’est jamais “mal” de parler depuis le Parent ou l’Enfant
Un point fondamental :
Aucun état du moi n’est mauvais en soi.
Nous avons besoin :
-
du Parent pour poser un cadre
-
de l’Enfant pour ressentir
-
de l’Adulte pour ajuster
La difficulté apparaît lorsque :
-
un état prend toute la place
-
l’Adulte n’est plus aux commandes
-
nous croyons parler “en conscience” alors que nous réagissons
CLÉ ESSENTIELLE
Le problème n’est pas l’état depuis lequel nous parlons,
mais l’absence de choix conscient.
Comment les états du moi influencent la communication
Lorsque nous parlons :
-
depuis le Parent → nous cadrons, jugeons ou protégeons
-
depuis l’Enfant → nous demandons, résistons ou nous replions
-
depuis l’Adulte → nous observons, nommons, ajustons
La qualité de la communication dépend moins des mots
que de l’état du moi qui les porte.
Quand l’Adulte n’est plus présent
Lorsque l’Adulte est affaibli ou absent :
-
le Parent impose
-
l’Enfant réagit
-
la relation se rigidifie
C’est là que naissent :
-
les malentendus
-
les conflits répétitifs
-
les jeux psychologiques
-
la fatigue relationnelle
On ne se rencontre plus, on se heurte.
Revenir à une parole plus consciente
Revenir à l’Adulte ne signifie pas :
-
supprimer l’émotion
-
renier les valeurs
-
devenir distant
Cela signifie :
-
reconnaître ce qui nous traverse
-
identifier la partie qui parle
-
choisir comment nous nous exprimons
BOUSSOLE INTÉRIEURE
L’Adulte ne nie ni le Parent ni l’Enfant.
Il les écoute… sans leur laisser le volant.
Une clé pour toute la suite du pilier
Comprendre depuis quelle partie nous parlons est une clé fondatrice.
Elle permet :
-
de comprendre pourquoi certaines conversations dérapent
-
de voir pourquoi nous rejouons les mêmes scénarios
-
de sortir de la culpabilité (« je sais mais je recommence »)
-
d’ouvrir un véritable espace de transformation
C’est le point de départ de toute maturité relationnelle.
Conclusion — Reprendre le choix de notre parole
Nous ne parlons jamais “par hasard”.
Quelque chose en nous prend la parole.
Parfois pour protéger.
Parfois pour se défendre.
Parfois pour être aimé.
La maturité relationnelle commence lorsque nous cessons de confondre réaction et choix.
Identifier depuis quelle partie nous parlons ne nous rend pas parfaits.
Mais cela nous rend :
-
plus conscients
-
plus responsables
-
plus libres
Et c’est précisément cette liberté
qui permettra, ensuite, de comprendre :
➡️ à quelle partie de l’autre nous nous adressons,
➡️ pourquoi certaines conversations tournent toujours mal,
➡️ et comment naissent les jeux psychologiques.
Pour aller plus loin dans la Communication dysfonctionnelle
Articles conseillés :
- Page PILIER : La Communication dysfonctionnelle
-
Article d’ouverture AT : Qui parle quand nous communiquons ?
-
Article : De quelle partie de nous parlons-nous en relation ?
-
Article : À quelle partie de l’autre nous adressons-nous vraiment ?
-
Article : Pourquoi certaines conversations tournent toujours mal
-
Article : Quand notre Adulte est contaminé
-
Article : Les jeux psychologiques : quand la communication devient un piège