Dire les choses avec respect sans se censurer
Ce que la bienveillance n’est pas (et ce qu’elle demande vraiment)
Introduction — Quand le respect devient un empêchement
Nous voulons être respectueux.
Nous faisons attention aux mots.
Nous évitons de blesser.
Et pourtant, à force de prudence :
-
nous nous taisons
-
nous édulcorons
-
nous renonçons à dire l’essentiel
Dire avec respect ne devrait jamais impliquer de se censurer.
Lorsque c’est le cas, quelque chose s’est déplacé.
La confusion fréquente entre respect et retenue
Dans beaucoup de relations, le respect est confondu avec :
-
le fait de ne pas déranger
-
l’évitement du conflit
-
l’adaptation permanente
CLARIFICATION ESSENTIELLE
Le respect n’est pas l’absence de tension.
C’est la présence de considération — pour l’autre et pour soi.
Se taire pour préserver l’autre n’est pas toujours respectueux.
C’est parfois une manière de s’effacer.
Quand la bienveillance devient auto-censure
La censure relationnelle prend souvent des formes discrètes :
-
« Ce n’est pas le bon moment »
-
« Ce n’est pas si important »
-
« Je vais encore passer pour quelqu’un de difficile »
Nous ne nous taisons pas par respect, mais par peur.
Peur de :
-
blesser
-
perdre le lien
-
être jugé
Le coût invisible de ce que nous ne disons pas
Ce qui n’est pas dit ne disparaît pas.
Cela s’accumule.
À long terme, l’auto-censure produit :
-
du ressentiment
-
de la distance
-
une communication de façade
SIGNAL D’ALERTE
Si vous êtes “correct” mais tendu,
le respect est devenu un masque.
Respecter l’autre sans se trahir
Respecter l’autre ne signifie pas :
-
renoncer à ses limites
-
minimiser son ressenti
-
porter seul le poids de l’ajustement
Une relation respectueuse est une relation où chacun peut exister.
Ce que dire avec respect implique réellement
Parler depuis soi, pas contre l’autre
Dire avec respect, c’est :
-
nommer ce que nous vivons
-
sans accuser
-
sans diagnostiquer l’autre
Exemples :
-
« Je ne me sens pas à l’aise avec ce fonctionnement. »
-
« Cela ne me convient plus. »
La fermeté n’est pas l’agression.
Accepter que le respect n’annule pas la réaction de l’autre
POINT CLÉ
Dire les choses avec respect ne garantit pas une réception confortable.
L’autre peut :
-
être surpris
-
se défendre
-
ne pas être d’accord
Le respect ne consiste pas à éviter toute réaction,
mais à rester juste malgré la réaction.
Le piège du “je fais attention à tout”
Lorsque nous surveillons :
-
chaque mot
-
chaque ton
-
chaque émotion
la communication devient :
-
rigide
-
épuisante
-
désincarnée
Le respect véritable ne demande pas une auto-surveillance constante, mais une présence sincère.
Dire les choses sans se censurer, ce n’est pas tout dire
Se libérer de la censure ne signifie pas :
-
déverser
-
blesser
-
se soulager au détriment de l’autre
DISCERNEMENT
Ne pas se censurer, ce n’est pas dire tout ce qui passe.
C’est dire ce qui est nécessaire, juste et assumé.
Quand le respect devient un acte de maturité relationnelle
Une parole respectueuse et non censurée :
-
clarifie la relation
-
réduit les non-dits
-
rééquilibre les responsabilités
Elle ne cherche pas à préserver l’illusion du lien,
mais la réalité de la relation.
Conclusion — Le respect commence là où nous ne nous taisons plus
Le respect n’est pas :
-
une douceur permanente
-
une absence de conflit
-
une retenue systématique
Le respect réel commence lorsque nous acceptons
de dire ce qui compte, sans écraser l’autre ni nous effacer.
Dire les choses avec respect sans se censurer,
c’est faire le choix :
-
de l’honnêteté
-
de la responsabilité
-
et d’une relation vivante, pas simplement polie.
Pour aller plus loin dans la Communication dysfonctionnelle
Articles conseillés :
- Page PILIER : La Communication dysfonctionnelle
-
Article : Communication pertinente : dire ce qui est juste, pas ce qui est confortable
-
Article : Quand bien communiquer devient une pression supplémentaire
-
Article : Pourquoi n’osons-nous pas (toujours) dire les choses?
-
Article : Poser des limites sans culpabiliser
-
Article : La maturité relationnelle : au-delà des techniques de communication