Votre sexualité raconte votre lien. Retrouvez-vous au-delà de la performance
La sexualité ne dit pas seulement ce que nous faisons ensemble.
Elle raconte aussi la place du désir, de la confiance, de la liberté, du corps et de la rencontre dans notre couple.
Prendre du recul sur notre intimité, ce n’est pas chercher immédiatement à « mieux faire ».
C’est d’abord regarder ce que nous sommes réellement en train de vivre à deux.
La sexualité n’est pas un examen du couple
Combien de fois ?
Avec quelle intensité ?
Qui prend l’initiative ?
Est-ce suffisamment passionné ?
Est-ce « normal » ?
Sans nous en rendre compte, nous pouvons transformer notre sexualité en :
indicateur de réussite du couple.
Alors une baisse du désir devient inquiétante.
Une différence de rythme devient un problème.
Un refus devient :
un rejet.
Une période moins sexuelle devient :
la preuve que quelque chose ne va plus.
Pourtant, la sexualité d’un couple est :
vivante.
Elle évolue.
Elle traverse :
des périodes,
des rythmes,
des rapprochements,
des distances,
des transformations.
Peut-être pouvons-nous commencer par retirer à notre sexualité une responsabilité trop lourde :
celle de devoir constamment prouver que nous nous aimons.
Le désir ne se décide pas comme une obligation
Nous pouvons décider :
de faire les courses,
de réserver un week-end,
de terminer un travail.
Le désir fonctionne autrement.
Il peut être présent.
Puis moins présent.
Revenir.
Changer de forme.
Être différent chez l’un et chez l’autre.
Et cette différence peut devenir difficile lorsque nous commençons à l’interpréter.
« Si tu me désirais vraiment, tu aurais envie. »
« Si notre couple allait bien, nous ferions davantage l’amour. »
« Si je refuse, tu vas penser que je ne t’aime plus. »
La sexualité peut alors progressivement quitter :
le territoire de la rencontre
pour entrer dans celui :
de l’attente et de la preuve.
Prendre du recul consiste peut-être à se demander :
« Est-ce que nous laissons encore une place au désir… ou avons-nous commencé à lui demander d’obéir ? »
Nous pouvons nous aimer sans avoir toujours le même rythme
Deux personnes peuvent être proches…
sans ressentir exactement :
les mêmes envies,
au même moment,
avec la même fréquence,
de la même manière.
Cela paraît évident.
Et pourtant, dans l’intimité, cette différence peut devenir profondément personnelle.
L’un peut entendre :
« Tu ne me désires plus. »
L’autre peut ressentir :
« Je dois avoir envie pour ne pas te blesser. »
Puis chacun commence à se protéger.
L’un insiste davantage.
L’autre se retire davantage.
Et ce qui était au départ :
une différence de rythme
peut devenir :
une tension dans la relation.
Penser son couple, c’est aussi accepter cette réalité :
être deux signifie parfois désirer différemment.
La question n’est pas nécessairement de supprimer cette différence.
Mais de regarder :
ce qu’elle vient provoquer entre nous.
La performance peut faire disparaître la rencontre
Dans la sexualité, nous pouvons vouloir :
être à la hauteur,
satisfaire l’autre,
ne pas décevoir,
avoir envie,
ressentir suffisamment,
donner du plaisir,
atteindre un résultat.
Puis nous nous observons.
Nous nous évaluons.
Nous nous demandons :
si nous faisons bien.
Si l’autre apprécie.
Si nous sommes désirables.
Si nous sommes « comme il faut ».
Et parfois :
nous cessons progressivement d’être présents à ce que nous vivons.
Lorsque la performance entre dans l’intimité, le partenaire peut devenir :
un juge imaginaire.
Et nous-mêmes :
notre propre évaluateur.
La sexualité cesse alors d’être simplement :
une rencontre entre deux personnes
pour devenir :
quelque chose qu’il faudrait réussir.
Mon corps n’a pas toujours le même rythme que ma tête
Nous pouvons aimer quelqu’un.
Vouloir être proches.
Et pourtant ne pas ressentir :
le désir attendu.
Parce que notre corps traverse lui aussi :
la fatigue,
le stress,
les changements,
les préoccupations,
les différentes périodes de la vie.
Nous ne sommes pas :
exactement les mêmes personnes
à vingt ans,
à trente ans,
après l’arrivée d’un enfant,
dans une période professionnelle intense,
après une épreuve,
ou après des années de vie commune.
Notre sexualité peut donc changer :
sans que notre relation perde automatiquement sa valeur.
Cela nous invite peut-être à cesser de demander :
« Pourquoi ne sommes-nous plus comme avant ? »
pour commencer à nous demander :
« Qui sommes-nous aujourd’hui… et quelle intimité correspond à notre couple aujourd’hui ? »
Notre sexualité peut devenir le lieu de ce que nous n’osons pas dire ailleurs
La sexualité touche parfois des endroits très sensibles de nous-mêmes.
Notre rapport :
au corps,
au désir,
au regard de l’autre,
à notre capacité à être choisi,
à la proximité,
à la vulnérabilité.
Alors certaines difficultés intimes peuvent prendre une importance considérable.
Un refus peut réveiller :
le sentiment de ne pas être désiré.
Une distance peut être vécue :
comme une perte d’amour.
Une demande peut être ressentie :
comme une pression.
Une hésitation peut devenir :
le sentiment de ne plus être suffisamment désirable.
Cela ne signifie pas que toute difficulté sexuelle cache nécessairement :
une blessure profonde.
Mais notre intimité peut parfois rendre particulièrement visible :
ce qui nous touche lorsque nous nous sentons proches, exposés ou dépendants du regard de l’autre.
Être intime ne signifie pas se devoir l’un à l’autre
La vie de couple crée :
de la proximité.
De la confiance.
Une histoire commune.
Mais elle ne transforme pas le corps de l’autre en :
territoire acquis.
Le désir ne peut pas être garanti.
La disponibilité non plus.
Et l’amour n’abolit pas :
la liberté.
Cela peut sembler évident lorsque nous le formulons ainsi.
Mais dans la durée, certaines attentes peuvent devenir implicites :
« puisque nous sommes ensemble… »
« puisque tu m’aimes… »
« puisque nous sommes un couple… »
Penser notre sexualité consiste aussi à nous rappeler que la véritable intimité ne repose pas seulement sur :
la proximité.
Elle repose également sur :
la possibilité pour chacun de rester libre à l’intérieur du lien.
La sexualité consciente n’est pas une technique
Nous pouvons appeler « sexualité consciente » une sexualité dans laquelle nous cherchons davantage à être :
présents,
attentifs,
respectueux,
curieux de l’autre,
et suffisamment libres :
de dire oui,
de dire non,
de ralentir,
de changer,
de découvrir.
Mais elle ne devrait pas devenir :
une nouvelle manière de réussir sa sexualité.
Une nouvelle norme.
Une nouvelle performance plus « évoluée ».
Être conscient dans sa relation intime pourrait simplement signifier :
ne pas fonctionner uniquement à partir de ce que nous croyons devoir vivre.
Et revenir davantage :
à ce que nous vivons réellement.
Et le « sacré » dans tout cela ?
Le mot peut parler à certains.
Et ne rien évoquer pour d’autres.
Il ne s’agit pas nécessairement :
de spiritualiser la sexualité.
Ni de transformer chaque rencontre intime en expérience exceptionnelle.
Le caractère précieux de l’intimité peut simplement venir :
du fait que nous y sommes particulièrement :
présents,
vulnérables,
exposés,
proches.
Le « sacré » n’a alors rien d’obligatoire ou de mystérieux.
Il peut simplement désigner :
la valeur que nous choisissons de donner à cet espace de rencontre.
Un espace dans lequel l’autre n’est pas :
un moyen de satisfaire un besoin,
une preuve de notre valeur,
ou un rôle à remplir.
Mais :
une personne que nous continuons à rencontrer.
Penser notre sexualité autrement
Il peut être intéressant de nous demander :
Est-ce que notre sexualité est encore un espace de rencontre ?
Ou est-elle devenue :
une obligation,
une inquiétude,
un sujet évité,
un indicateur de réussite ?
Quelle place la performance occupe-t-elle entre nous ?
Avons-nous encore le droit :
de ne pas savoir,
de ne pas avoir envie,
de changer,
de nous découvrir ?
Pouvons-nous accepter d’être différents ?
Avons-nous besoin :
du même rythme,
des mêmes envies,
des mêmes représentations
pour nous sentir proches ?
Pouvons-nous parler de notre intimité sans nous sentir immédiatement jugés ?
Ou certains sujets sont-ils devenus :
trop sensibles,
trop dangereux,
trop honteux ?
Quelle sexualité avons-nous envie de vivre aujourd’hui ?
Pas celle :
que nous avions au début.
Pas celle :
que les autres semblent vivre.
Pas celle :
que nous imaginons devoir avoir.
Mais :
la nôtre.
À MÉDITER
La sexualité ne devient pas plus consciente parce que nous faisons davantage.
Elle le devient lorsque nous cessons de nous rencontrer à travers ce que nous croyons devoir être.
Quand la sexualité devient une source de souffrance
Parfois, prendre du recul ne suffit plus.
La sexualité peut devenir :
un lieu de tensions répétées,
de rejet,
de pression,
de honte,
de peur,
d’évitement,
ou de perte profonde de confiance.
La question n’est alors plus seulement :
« Quelle place voulons-nous donner à notre sexualité ? »
Elle peut devenir :
« Qu’est-ce qui nous empêche aujourd’hui de vivre une intimité plus libre et plus juste ? »
Lorsque la difficulté renvoie davantage à une peur, une blessure, un trauma, une difficulté personnelle ou un schéma répétitif, vous pouvez poursuivre avec :
MES DIFFICULTÉS : comprendre ce qui vous freine pour mieux agir
Le regard du Coach & Thérapeute
Lorsque la sexualité devient difficile, nous sommes souvent tentés de chercher :
comment la relancer.
Mais avant de chercher :
quoi faire,
il peut être utile de regarder :
ce qu’elle est devenue dans le couple.
Un espace de plaisir ?
De rencontre ?
De pression ?
De validation ?
De réparation ?
De distance ?
D’inquiétude ?
Penser son couple consiste précisément à prendre ce recul.
Puis, si le couple souhaite aller plus loin, il peut regarder comment :
MOI, TOI et NOUS
participons à ce qui se construit dans l’intimité.
C’est l’une des dimensions développées dans :
Conclusion
Notre sexualité n’est pas :
un examen.
Ni une obligation.
Ni une preuve permanente de notre amour.
Elle évolue :
avec nous.
Avec nos corps.
Avec nos histoires.
Avec les différentes périodes de notre couple.
Nous pouvons alors cesser progressivement de nous demander :
« Est-ce que notre sexualité est suffisamment bonne ? »
Et nous demander plutôt :
« Est-ce que cet espace nous permet encore de nous rencontrer réellement ? »
Peut-être est-ce là que commence une sexualité plus consciente :
non pas dans la recherche :
de davantage,
mais dans la possibilité :
d’être davantage présents à ce que nous vivons réellement ensemble.
Pour poursuivre votre réflexion
Penser votre sexualité permet de prendre du recul sur ce que vous vivez.
Construire votre couple consiste ensuite à regarder comment vos besoins, vos différences, votre histoire et vos manières d’entrer en relation participent à votre intimité.
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MA VIE DE COUPLE — MOI • TOI • NOUS • LE CHEMIN®
MES DIFFICULTÉS : comprendre ce qui vous freine pour mieux agir
Et si vous preniez le temps de regarder autrement votre intimité ?
Lorsque la sexualité devient :
une source de doute,
de distance,
de pression
ou d’incompréhension,
prendre du recul permet parfois de commencer à distinguer :
ce qui appartient à chacun et ce qui s’est progressivement installé entre vous.
Un premier échange peut vous aider à clarifier votre situation et ce que vous souhaitez aujourd’hui pour votre relation.
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