Se suradapter à son public : une autre forme de silence
Quand l’ajustement permanent efface l’intention
Introduction — Communiquer sans déranger
Il arrive que nous communiquions en public avec une grande attention.
Nous observons.
Nous ajustons.
Nous modulons.
Et pourtant, quelque chose manque.
La communication est fluide, acceptable, maîtrisée.
Mais elle est aussi :
-
édulcorée,
-
prudente,
-
sans aspérité.
Ce n’est pas une communication absente.
C’est une communication qui s’est trop adaptée.
Ce que nous appelons suradaptation en communication publique
La suradaptation ne consiste pas à s’ajuster ponctuellement.
Elle apparaît lorsque l’ajustement devient :
-
permanent,
-
prioritaire,
-
automatique.
Clarification essentielle
La suradaptation commence
lorsque l’attention portée au public
prend le pas sur l’intention de communiquer.
À ce moment-là, la communication cesse d’être portée
et devient calculée.
Pourquoi la suradaptation semble “bienveillante”
La suradaptation est souvent valorisée :
-
“savoir s’adapter à son public”,
-
“faire passer le message en douceur”,
-
“ne pas brusquer”.
Elle donne l’illusion d’une communication mature.
Mais cette maturité est parfois une stratégie de protection
Ce que la suradaptation cherche à éviter
Sous la suradaptation se cachent souvent :
-
la peur de déranger,
-
la peur du rejet,
-
la crainte d’être mal perçu,
-
l’anticipation du jugement.
Lucidité intérieure
La suradaptation n’est pas une qualité relationnelle.
C’est une tentative d’évitement.
Elle protège du conflit,
mais elle empêche la clarté.
Quand l’ajustement efface l’intention
À force de se demander :
-
“Est-ce que cela va passer ?”
-
“Est-ce que c’est acceptable ?”
nous cessons de nous demander :
-
“Qu’est-ce que je veux réellement communiquer ?”
L’intention se dilue.
La communication devient inoffensive… et silencieuse.
Suradaptation et perte de présence
La suradaptation produit souvent :
-
une communication lisse,
-
peu engageante,
-
sans ancrage.
Point clé
Ce qui touche dans une communication
n’est pas l’ajustement parfait,
mais la présence.
Sans présence, le message circule,
mais ne résonne pas.
Le public perçoit plus que nous le croyons
Même sans analyse consciente,
un public perçoit :
-
l’effacement,
-
la retenue,
-
la prudence excessive.
La suradaptation n’évite pas toujours le malaise.
Elle le déplace.
Quand la suradaptation devient une autre forme de silence
La suradaptation est silencieuse parce que :
-
elle ne dit pas ce qui compte,
-
elle contourne ce qui dérange,
-
elle neutralise la position.
Formulation centrale
Se taire ne signifie pas toujours se taire.
Parfois, se taire consiste à communiquer sans s’engager.
Réintroduire de la justesse sans brutalité
Sortir de la suradaptation ne consiste pas à :
-
choquer,
-
provoquer,
-
ignorer l’autre.
Cela consiste à :
-
clarifier son intention,
-
accepter une part de tension,
-
renoncer à l’approbation systématique.
La justesse relationnelle inclut l’inconfort.
Conclusion — Communiquer sans s’effacer
Se suradapter à son public
semble protéger la relation.
Mais à long terme,
cela fragilise :
-
la clarté,
-
la crédibilité,
-
la présence.
Une communication consciente ne cherche pas à plaire.
Elle cherche à être juste.
Dans le chapitre Communication dysfonctionnelle en public,
cet article pose un repère essentiel :
L’ajustement devient dysfonctionnel
lorsqu’il efface celui qui communique.
Communication dysfonctionnelle en public
Pour approfondir les mécanismes de la communication dysfonctionnelle en situation publique :
-
Communiquer en public depuis quelle partie de nous ? (AT)
-
Dire quelque chose de vrai face à un groupe
Pour aller plus loin dans la Communication dysfonctionnelle
Ces mécanismes s’expriment différemment selon les contextes relationnels :
PILIER : La COMMUNICATION DYSFONCTIONNELLE
Chapitre : La Communication dysfonctionnelle dans le Couple
Chapitre : La Communication dysfonctionnelle dans le Travail
Chapitre : La Communication dysfonctionnelle en Public