MISSION DE VIE : qu’est-ce que j’ai envie d’apporter à travers ce que je suis ?
Il arrive un moment où une question dépasse progressivement toutes les autres.
Non plus seulement :
Qu’est-ce que je veux avoir ?
Qu’est-ce que je veux réussir ?
Qu’est-ce que je veux changer ?
Mais :
Qu’est-ce que j’ai envie d’apporter à travers ce que je suis ?
Cette question touche à la mission de vie.
Elle ne suppose pas que chacun posséderait une mission mystérieuse, écrite quelque part et qu’il faudrait absolument découvrir.
Elle ouvre plutôt une réflexion :
Que vais-je faire de ce que je suis devenu ?
De mes qualités.
De mes valeurs.
De mes expériences.
De mes talents.
De mes blessures parfois.
De ce que j’ai appris.
De ce qui me touche.
De ce que je trouve profondément important.
Et surtout :
- À quoi ai-je envie de mettre tout cela au service ?
La mission de vie commence peut-être ici :
- lorsque ce que je suis rencontre ce que j’ai envie d’apporter.
Qu’est-ce qu’une mission de vie ?
En psychologie, les chercheurs parlent davantage de purpose, de sens, d’objectifs de vie ou d’engagement que de « mission de vie ».
Le psychologue William Damon, qui a beaucoup travaillé sur la notion de purpose, la décrit comme une intention durable qui est à la fois significative pour soi et orientée vers quelque chose qui dépasse sa seule personne.
Cette distinction est particulièrement intéressante.
Une mission n’est donc pas seulement :
- « Qu’est-ce qui me fait plaisir ? »
Elle introduit une seconde dimension :
- « À quoi cela peut-il contribuer ? »
Cela peut concerner :
- une personne ;
- une famille ;
- des enfants ;
- une équipe ;
- une entreprise ;
- une communauté ;
- une cause ;
- une œuvre ;
- un métier ;
- la transmission d’un savoir ;
- la protection du vivant ;
- la création ;
- l’éducation ;
- l’accompagnement ;
- ou simplement la qualité de présence que nous apportons dans la vie des autres.
Une mission n’a donc aucune obligation d’être spectaculaire.
Faire grandir deux enfants peut être une mission.
Transmettre un métier peut être une mission.
Créer de la beauté peut être une mission.
Prendre soin peut être une mission.
Aider des personnes à retrouver leur autonomie peut être une mission.
La question n’est pas :
- « Ma mission est-elle suffisamment grande ? »
Mais plutôt :
- « Est-elle profondément juste pour moi ? »
Mission de vie et sens de la vie : quelle différence ?
Les deux notions sont proches, mais elles ne posent pas exactement la même question.
Le sens de la vie demande :
Pourquoi ma vie compte-t-elle pour moi ?
La mission demande davantage :
Qu’est-ce que j’ai envie d’en faire ?
Le sens nous aide à comprendre pourquoi.
La mission commence à dessiner vers quoi et pour quoi.
On pourrait résumer ainsi :
IDENTITÉ
Qui suis-je ?
↓
MISSION
Qu’est-ce que j’ai envie d’apporter ?
↓
APPARTENANCE
À qui, à quoi, à quel monde suis-je relié ?
↓
SENS
Pourquoi cela compte-t-il profondément pour moi ?
↓
SPIRITUALITÉ
À quoi de plus vaste puis-je éventuellement relier mon existence ?
Ces dimensions ne constituent pas une hiérarchie scientifique universelle.
Dans l’approche Coaching & Thérapies®, elles servent plutôt à distinguer plusieurs grandes questions existentielles qui peuvent apparaître lorsque nous réfléchissons à notre vie.
Cette lecture prolonge notamment le travail réalisé autour des Niveaux Logiques de Robert Dilts, tout en distinguant clairement notre approfondissement des niveaux supérieurs du modèle initial.
Les Niveaux Logiques de Dilts : comprendre les niveaux du changement
Pourquoi cherchons-nous parfois notre mission de vie ?
Cette question n’apparaît pas nécessairement lorsque quelque chose va mal.
Elle peut apparaître justement lorsque beaucoup de choses vont relativement bien.
Vous avez peut-être :
un travail,
une famille,
des relations,
une certaine stabilité,
des réussites,
des responsabilités.
Et pourtant une question demeure :
- « Tout cela pour quoi ? »
Ou :
- « Qu’est-ce que j’ai réellement envie de faire de la suite ? »
La recherche d’une mission peut également apparaître lors :
- d’un changement professionnel ;
- d’un départ à la retraite ;
- d’une séparation ;
- du départ des enfants ;
- d’un changement de génération ;
- d’une réussite qui ne procure pas la satisfaction imaginée ;
- d’une transformation importante de ses valeurs ;
- ou simplement avec le sentiment que certaines priorités ont changé.
Nous ne cherchons alors plus uniquement à réussir notre vie.
Nous cherchons parfois davantage à habiter une vie qui nous ressemble et qui compte à nos yeux.
Votre mission ne se trouve peut-être pas devant vous : elle se construit à partir de vous
Nous imaginons parfois notre mission comme quelque chose qu’il faudrait découvrir à l’extérieur.
Mais une autre manière de chercher consiste à regarder ce qui est déjà là.
Ce qui compte profondément pour vous
Quelles valeurs refusez-vous de sacrifier ?
La liberté ?
La transmission ?
La justice ?
La beauté ?
La vérité ?
La famille ?
La créativité ?
La solidarité ?
L’autonomie ?
Le respect ?
La connaissance ?
La contribution ?
Nos valeurs donnent souvent une première indication de la direction qui nous ressemble.
Ce qui vous touche particulièrement
Certaines situations nous laissent relativement indifférents.
D’autres nous bouleversent.
Nous pouvons être particulièrement sensibles :
à l’injustice,
à la solitude,
aux enfants,
à la souffrance animale,
à l’éducation,
à la liberté,
à la pauvreté,
aux relations humaines,
à la nature,
à la création,
à la transmission,
à la connaissance.
Ce qui nous touche révèle parfois ce à quoi nous accordons profondément de la valeur.
Ce que vous faites naturellement pour les autres
Posez-vous une question simple :
Pour quoi les autres viennent-ils spontanément vers moi ?
Pour écouter ?
Expliquer ?
Organiser ?
Rassurer ?
Créer ?
Décider ?
Réparer ?
Transmettre ?
Faire rire ?
Rassembler ?
Analyser ?
Prendre soin ?
Donner une direction ?
Ce qui vous semble banal parce que vous savez le faire naturellement peut parfois constituer une ressource importante pour les autres.
Vos expériences peuvent aussi participer à votre mission
Notre mission ne vient pas seulement de nos talents.
Elle peut également se construire à partir de notre histoire.
Certaines personnes choisissent de transmettre ce qu’elles ont appris.
D’autres veulent éviter à quelqu’un de traverser seul ce qu’elles ont elles-mêmes traversé.
D’autres encore transforment une expérience difficile en :
- engagement ;
- création ;
- expertise ;
- transmission ;
- prévention ;
- accompagnement ;
- solidarité.
Cela ne signifie évidemment pas que toute souffrance aurait eu « une raison » ou qu’un événement difficile serait arrivé pour nous enseigner quelque chose.
Nous pouvons en revanche choisir, après coup :
ce que nous décidons d’en faire.
C’est toute la différence entre chercher une justification au passé et construire une direction pour l’avenir.
L’article « Vos racines vous construisent. Trouvez l’équilibre » approfondit précisément cette distinction entre ce que nous avons reçu et ce que nous choisissons ensuite d’en faire.
Votre mission n’est pas nécessairement votre métier
C’est une confusion fréquente.
Métier et mission peuvent se rejoindre.
Mais ils ne sont pas synonymes.
Vous pouvez être :
enseignant,
soignant,
artisan,
dirigeant,
commercial,
artiste,
parent,
retraité,
entrepreneur,
et vivre une même mission sous des formes très différentes.
Par exemple :
Métier : enseignant
Mission possible : Donner à des jeunes confiance dans leur capacité à apprendre.
Métier : manager
Mission possible : Créer des environnements dans lesquels les personnes peuvent grandir et prendre leur place.
Métier : artisan
Mission possible : Créer des objets durables qui transmettent un savoir-faire.
Rôle : parent
Mission possible : Aider mes enfants à devenir des adultes suffisamment libres pour choisir leur propre vie.
Votre métier répond principalement à :
- « Qu’est-ce que je fais ? »
Votre mission peut répondre à :
- « À quoi est-ce que je veux que ce que je fais contribue ? »
Une mission choisie ou une mission héritée ?
Il existe ici une question essentielle.
Certaines missions apparentes ne sont pas véritablement choisies.
Elles peuvent venir de :
- attentes familiales ;
- devoirs intériorisés ;
- besoin de reconnaissance ;
- peur de décevoir ;
- rôle ancien ;
- culpabilité ;
- nécessité de réparer ;
- image que nous souhaitons donner ;
- croyance sur ce que nous « devrions » accomplir.
Nous pouvons alors consacrer beaucoup d’énergie à une direction qui semble admirable extérieurement… tout en nous sentant progressivement éloignés de nous-mêmes.
La Théorie de l’Autodétermination, développée notamment par Edward Deci et Richard Ryan, montre l’importance de l’autonomie, de la compétence et du lien aux autres dans la qualité de la motivation et de l’engagement humain.
La question devient donc :
- Est-ce que je poursuis cette direction parce qu’elle m’habite réellement… ou parce que j’ai appris qu’elle devait m’habiter ?
Une mission n’a pas besoin d’être unique pour toute une vie
Notre mission peut évoluer.
À 25 ans, nous pouvons vouloir :
construire.
À 40 ans :
développer.
À 55 ans :
transmettre.
Plus tard :
accompagner.
Ou exactement l’inverse.
Une nouvelle rencontre, une expérience, un changement de rôle ou une transformation de nos valeurs peuvent modifier la façon dont nous souhaitons contribuer.
La mission peut donc être davantage une direction vivante qu’une définition définitive.
Vous n’avez pas nécessairement besoin de découvrir :
- « LA mission de ma vie. »
Vous pouvez commencer par demander :
- « Qu’est-ce qui mérite mon énergie dans la période de vie qui commence maintenant ? »
7 questions pour clarifier votre mission de vie
Prenez quelques minutes, une feuille et répondez sans chercher immédiatement la « bonne » réponse.
1. Qu’est-ce qui compte réellement pour moi ?
Si je devais conserver cinq valeurs essentielles, lesquelles resteraient ?
2. Qu’est-ce qui me touche suffisamment pour me donner envie d’agir ?
Quelles situations éveillent particulièrement :
mon intérêt,
ma compassion,
ma colère,
mon enthousiasme,
mon sentiment d’injustice,
mon désir de contribuer ?
3. Qu’est-ce que je sais naturellement apporter ?
Présence ?
Clarté ?
Créativité ?
Énergie ?
Organisation ?
Écoute ?
Vision ?
Transmission ?
Protection ?
Connaissance ?
4. Qu’est-ce que mon histoire m’a appris ?
Qu’est-ce que mes expériences m’ont permis de comprendre que je pourrais aujourd’hui utiliser autrement ?
5. Auprès de qui ai-je envie d’être utile ?
Une personne ?
Une famille ?
Des enfants ?
Une équipe ?
Une organisation ?
Une communauté ?
Une cause ?
Un territoire ?
Le vivant ?
6. Quel changement aimerais-je favoriser ?
Que souhaiterais-je voir davantage autour de moi ?
Plus de liberté ?
De sécurité ?
De compréhension ?
De beauté ?
De justice ?
De connaissance ?
D’autonomie ?
De lien ?
7. Qu’est-ce que je regretterais de ne jamais avoir essayé ?
Cette question peut parfois faire apparaître ce que nos raisonnements habituels maintiennent à distance.
Essayez d’écrire une première phrase de mission
Pas une phrase parfaite.
Pas une devise définitive.
Une hypothèse.
Vous pouvez essayer :
« À travers ce que je suis et ce que j’ai appris, j’ai envie de… »
Puis compléter avec un verbe :
transmettre
aider
créer
protéger
faire grandir
rassembler
éclairer
construire
soigner
accompagner
éduquer
inventer
préserver
ouvrir
Puis :
pour qui ?
Et enfin :
dans quel but ?
Par exemple :
« À travers ma capacité à transmettre et à simplifier, j’ai envie d’aider des personnes à comprendre ce qui semblait jusque-là trop complexe pour elles afin qu’elles puissent décider par elles-mêmes. »
Cette formulation pourra évoluer.
Son intérêt n’est pas de vous enfermer.
Il est de commencer à faire apparaître une direction.
De la mission au choix : comment lui donner une existence réelle ?
Une mission qui reste uniquement une idée peut devenir un idéal abstrait.
Elle prend forme lorsqu’elle commence à influencer :
- vos priorités ;
- vos choix ;
- votre emploi du temps ;
- vos engagements ;
- vos relations ;
- vos projets ;
- la manière dont vous utilisez certaines ressources.
L’article « Vos choix déterminent votre chemin. Alignez-les » permet précisément de poursuivre cette réflexion entre valeurs, décision et direction de vie.
Vos choix déterminent votre chemin. Alignez-les
La question devient alors très concrète :
Si cette mission compte réellement pour moi, quel choix pourrait commencer à l’incarner ?
Pas dans cinq ans.
Aujourd’hui.
Mission de vie : contribution ne signifie pas sacrifice
Vouloir apporter quelque chose aux autres ne signifie pas s’oublier.
Une mission construite contre soi finit souvent par devenir une obligation.
Contribuer n’implique pas :
de tout donner,
de tout accepter,
de sauver tout le monde,
de négliger ses propres besoins,
ou de porter ce qui appartient aux autres.
Une mission suffisamment juste doit pouvoir intégrer également :
vos limites,
vos besoins,
vos relations,
votre équilibre,
et votre propre existence.
Vous faites partie vous aussi de la vie que vous cherchez à servir.
Le regard du Coach & Thérapeute
Dans un accompagnement, je ne cherche pas à « révéler » à quelqu’un une mission que je connaîtrais mieux que lui.
La mission ne peut pas être imposée depuis l’extérieur.
Le travail consiste davantage à aider la personne à distinguer :
- ce qui vient réellement d’elle ;
- ce qu’elle a appris à devoir être ;
- ses valeurs profondes ;
- ses ressources ;
- ses expériences ;
- ses besoins ;
- ses choix ;
- ce qu’elle souhaite désormais transmettre ou construire.
Parfois, la difficulté n’est d’ailleurs pas de trouver sa mission.
La personne sait déjà ce qu’elle souhaite.
Mais quelque chose l’empêche encore de l’assumer :
une peur,
une ancienne fidélité,
un conflit de valeurs,
un sentiment d’illégitimité,
une difficulté à choisir,
ou une vie organisée autour de priorités qui ne correspondent plus à ce qu’elle est devenue.
Dans ce cas, nous ne cherchons pas une nouvelle mission.
-
Nous travaillons plutôt à réduire l’écart entre :
ce qui compte profondément
et
la vie réellement vécue.
Conclusion : votre mission commence peut-être par une question
Nous cherchons parfois la mission de notre vie comme s’il existait quelque part une réponse définitive.
Peut-être pouvons-nous commencer plus simplement.
Par regarder :
d’où nous venons,
qui nous sommes devenus,
ce qui compte pour nous,
ce que la vie nous a appris,
ce que nous savons apporter,
et enfin :
ce que nous avons envie d’en faire.
Votre mission n’a pas besoin de changer le monde entier.
Elle peut changer :
une relation,
une famille,
une équipe,
une entreprise,
une communauté,
une personne,
ou simplement la manière dont vous traversez votre propre vie.
L’essentiel n’est peut-être pas de pouvoir dire :
« J’ai trouvé ma mission. »
Mais de commencer à pouvoir répondre :
« Voilà ce que j’ai envie d’apporter à travers ce que je suis. »
Et ensuite de lui donner progressivement une place dans votre vie.
Pour poursuivre votre réflexion
Votre mission s’inscrit dans un chemin plus large : mieux comprendre ce qui vous a construit, clarifier ce qui compte pour vous, choisir votre direction et donner davantage de sens à votre existence.
PHILOSOPHIE DE VIE : se connaître, choisir et donner du sens à sa vie
Vos racines vous construisent. Trouvez l’équilibre
Vos choix déterminent votre chemin. Alignez-les
Les Niveaux Logiques de Dilts : comprendre les niveaux du changement
Et si vous clarifiiez ce que vous avez réellement envie d’apporter ?
Il est parfois difficile de distinguer seul :
ce qui nous appartient,
ce que nous avons hérité,
ce que nous voulons,
ce que nous croyons devoir vouloir,
et la direction qui nous ressemble réellement aujourd’hui.
Un regard extérieur peut aider à remettre de la clarté entre identité, valeurs, choix, sens et mission.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
Un temps pour faire le point sur votre situation, comprendre ce qui compte réellement pour vous et voir quelle direction pourrait aujourd’hui être la plus cohérente avec la personne que vous êtes devenue.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement



