Je choisis de m’en occuper : quand la prise de conscience devient une décision
Je peux savoir depuis longtemps qu’une situation ne me convient plus.
Je peux l’avoir reconnue.
L’avoir prise au sérieux.
Avoir compris que je n’ai pas besoin d’attendre d’aller très mal.
Avoir même commencé à envisager qu’un accompagnement pourrait m’aider.
Et pourtant…
ne rien décider.
Je peux continuer à penser :
« Oui, il faudrait que je m’en occupe. »
« Je vais y réfléchir. »
« Je verrai un peu plus tard. »
« Ce n’est peut-être pas encore le bon moment. »
La prise de conscience est là.
La possibilité aussi.
Mais quelque chose manque encore :
le choix.
Choisir ne signifie pas savoir exactement ce qui va se passer.
Ce n’est pas non plus être certain de réussir.
Choisir peut simplement commencer par une phrase :
« Je décide de m’occuper de ce que je vis. »
Je peux être conscient… et rester longtemps dans l’hésitation
Nous imaginons parfois qu’une prise de conscience entraîne naturellement une décision.
Ce n’est pas toujours le cas.
Je peux parfaitement savoir :
que mon travail ne me correspond plus ;
qu’une relation me pèse ;
que je manque de confiance dans certaines situations ;
que je répète un fonctionnement ;
que je voudrais poser davantage mes limites ;
que mon couple aurait besoin d’un autre espace de dialogue ;
que quelque chose dans ma vie mérite d’évoluer.
Et continuer pourtant exactement de la même manière.
Non parce que je ne vois pas.
Mais parce qu’entre :
« je sais »
et
« je décide »
il existe parfois un espace considérable.
C’est précisément cet espace que nous allons regarder ici.
Dans l’article précédent, j’ai commencé à percevoir la valeur du changement
Dans « Plus je m’en occupe tôt, plus je peux profiter longtemps du changement », une autre perspective est apparue.
Je ne regarde plus seulement :
ce que cette difficulté me coûte aujourd’hui.
Je commence aussi à voir :
ce que le changement pourrait m’apporter demain.
Plus de liberté.
Davantage de confiance.
Une relation différente.
Une manière plus juste de me positionner.
Une vie professionnelle plus cohérente.
Du temps vécu autrement.
Je peux donc arriver à une nouvelle question :
« Maintenant que je vois tout cela, qu’est-ce que je choisis d’en faire ? »
C’est ici que la prise de conscience rencontre la décision.
Choisir ne signifie pas être certain
Nous attendons parfois la certitude pour décider.
Être certain :
que c’est le bon moment ;
que nous avons choisi la bonne personne ;
que l’accompagnement fonctionnera ;
que nous sommes suffisamment motivés ;
que nous ne changerons pas d’avis ;
que nous savons exactement ce que nous voulons.
Mais beaucoup de décisions importantes ne commencent pas par une certitude absolue.
Elles commencent avec suffisamment de clarté pour faire un premier choix.
Je peux ne pas savoir exactement où le chemin conduira et néanmoins savoir :
« Je ne veux plus simplement laisser cette situation durer. »
La décision n’efface donc pas nécessairement le doute.
Elle peut coexister avec lui.
Je peux hésiter et décider quand même
Il existe une idée trompeuse :
« Quand je serai vraiment prêt, je n’hésiterai plus. »
En réalité, nous pouvons être prêts et hésitants.
Je peux avoir envie de changer…
et craindre ce que ce changement va produire.
Je peux vouloir demander de l’aide…
et avoir du mal à parler de ce que je vis.
Je peux vouloir avancer…
et regretter simultanément la sécurité de ce que je connais.
Je peux ressentir de l’élan…
et de l’appréhension.
Cela ne signifie pas nécessairement que ma décision est mauvaise.
Cela signifie parfois simplement :
que quelque chose devient réel.
Le “bon moment” n’arrive pas toujours tout seul
Nous pouvons attendre :
d’avoir moins de travail ;
d’être moins fatigué ;
que la situation familiale soit plus simple ;
que les enfants soient plus autonomes ;
que cette période soit terminée ;
que nous soyons plus motivés ;
que nous sachions exactement quoi faire.
Et il existera probablement toujours une bonne raison de repousser.
La vie ne crée pas nécessairement spontanément un espace parfait pour changer.
Parfois, cet espace commence parce que nous décidons de le créer.
Pas brutalement.
Pas en bouleversant tout.
Mais en faisant une première place à ce qui compte.
Certaines raisons d’attendre sont réelles
Il serait trop simple de considérer toute hésitation comme une excuse.
Certaines contraintes existent réellement.
Financières.
Familiales.
Professionnelles.
Logistiques.
Émotionnelles.
Nous pouvons traverser une période dans laquelle commencer un travail important n’est véritablement pas souhaitable.
Choisir ne signifie donc pas toujours :
« Je commence immédiatement. »
Cela peut aussi signifier :
« J’ai décidé que je vais m’en occuper, et je vais maintenant déterminer comment et quand. »
La différence est considérable.
Je ne suis plus dans une attente indéfinie.
Je donne une direction.
Je peux distinguer une contrainte d’une raison de repousser
Une question peut m’aider :
« Qu’est-ce qui doit réellement être réglé avant que je commence ? »
Et une seconde :
« Qu’est-ce que j’attends simplement parce que commencer me met face au changement ? »
Les réponses ne sont pas toujours immédiatement évidentes.
Mais cette distinction permet de regarder plus honnêtement notre hésitation.
Parfois, je découvre qu’un véritable obstacle existe.
Parfois, je découvre surtout une peur.
Une incertitude.
Une envie de garder les choses sous contrôle.
Ou une tendance à toujours remettre mes propres besoins après ceux des autres.
Et cela aussi mérite d’être reconnu.
Décider de m’en occuper ne veut pas encore dire savoir comment
C’est essentiel.
Je peux décider :
« Je veux m’occuper de cette situation. »
sans encore savoir :
quel accompagnement choisir ;
combien de temps cela prendra ;
quelle méthode sera utilisée ;
par quoi commencer ;
ce que je vais découvrir ;
ou jusqu’où je voudrai aller.
La décision peut précéder le plan.
Elle crée simplement une orientation :
je ne souhaite plus rester complètement passif devant ce que je sais déjà.
Le premier choix peut être très petit
Décider ne signifie pas toujours prendre immédiatement un engagement important.
Le premier choix peut être :
chercher une information ;
lire un article ;
parler à quelqu’un ;
prendre quelques notes sur ce que je vis ;
identifier ce que je veux voir évoluer ;
poser une question ;
demander comment se déroule un accompagnement ;
prendre un premier rendez-vous d’échange.
L’important n’est pas nécessairement la taille du premier mouvement.
C’est qu’il existe.
Parce qu’à cet instant, je passe progressivement de :
« un jour, peut-être »
à :
« je commence à m’en occuper ».
Je peux choisir sans me forcer
Il ne s’agit pas de remplacer l’inaction par la pression.
Une décision prise contre soi n’est pas nécessairement plus juste qu’une attente.
Je peux donc choisir tout en restant attentif à moi-même.
Choisir une première étape.
Vérifier comment je me sens.
Prendre le temps de rencontrer la bonne personne.
Poser mes questions.
Sentir si la relation de confiance existe.
Réajuster.
Un choix peut être ferme dans son intention et progressif dans sa réalisation.
Je peux aussi choisir de ne pas commencer maintenant
C’est également un choix possible.
Après avoir regardé honnêtement la situation, je peux décider :
« Ce n’est pas maintenant. »
Mais cette décision devient différente de :
« Je verrai plus tard. »
Je peux savoir pourquoi j’attends.
Ce que j’attends.
Et éventuellement jusqu’à quand.
Je peux donc remettre une décision sans la perdre de vue.
Le choix redonne de la conscience à l’attente.
Ce que je choisis aujourd’hui peut modifier la suite
Une décision n’a pas besoin d’être spectaculaire pour devenir importante.
Décider de travailler ma confiance peut influencer d’autres choix.
Décider de regarder une difficulté relationnelle peut modifier plusieurs relations.
Décider de réfléchir à ma vie professionnelle peut ouvrir une direction que je ne voyais pas encore.
Décider de ne plus accepter automatiquement certaines situations peut progressivement transformer ma manière de me positionner.
Le choix n’est donc pas encore la transformation.
Mais il lui ouvre une porte.
Je peux décider pour moi, et non contre ce que je vis
Il est important que la décision ne devienne pas :
« Il faut absolument que je me débarrasse de cela. »
Je peux choisir une approche plus constructive :
« J’aimerais comprendre et faire évoluer ce qui se passe. »
Je ne suis pas obligé d’être en guerre avec moi-même pour changer.
Je peux reconnaître que certaines de mes réactions, habitudes ou protections ont peut-être eu une utilité.
Et décider aujourd’hui :
« Je voudrais apprendre à vivre cela autrement. »
Choisir, c’est parfois arrêter de négocier indéfiniment avec ce que je sais déjà
Il arrive un moment où nous avons suffisamment réfléchi.
Nous avons regardé la situation.
Pesé les arguments.
Attendu.
Essayé seuls.
Repoussé.
Reconsidéré.
Et nous revenons toujours à la même conclusion :
« Quelque chose doit évoluer. »
À ce moment-là, continuer à réfléchir ne produit plus nécessairement davantage de clarté.
Cela peut simplement prolonger l’hésitation.
La décision devient alors moins :
« Ai-je absolument raison ? »
et davantage :
« Est-ce que ce que je sais aujourd’hui est suffisant pour faire un premier pas ? »
Quelques questions pour passer du “je pourrais” au “je choisis”
Je peux me demander :
- Qu’est-ce que je sais déjà aujourd’hui ?
- Qu’est-ce que je continue encore à attendre ?
- De quelle certitude aurais-je besoin pour me sentir complètement prêt ?
- Cette certitude est-elle réellement accessible avant de commencer ?
- Est-ce que je reporte parce que le moment est objectivement mauvais ou parce que décider m’inquiète ?
- Si je ne fais rien, qu’est-ce qui risque de rester identique ?
- Si je commence, quel serait le plus petit premier pas possible ?
- Qu’est-ce que je voudrais pouvoir me dire dans six mois ?
- Ai-je envie de continuer à réfléchir à cette situation ou de commencer à m’en occuper ?
- Quelle décision me semblerait aujourd’hui la plus respectueuse de moi-même ?
Il ne s’agit pas de produire artificiellement un « oui ».
Il s’agit d’arriver à un choix qui m’appartienne réellement.
Le dernier mouvement de la prise de conscience : JE M’AUTORISE → JE CHOISIS
Le parcours a commencé très simplement.
JE RESSENS.
Quelque chose se passe.
Puis :
JE RECONNAIS.
Ce que je vis mérite mon attention.
Puis :
JE PRENDS AU SÉRIEUX.
Je peux commencer à m’en occuper.
Puis :
JE M’AUTORISE.
Je peux ne pas être obligé de le faire seul.
Et progressivement, après avoir perçu ce que le changement pourrait apporter :
JE CHOISIS.
Je passe de :
« Je pourrais m’en occuper. »
à :
« Je décide de m’en occuper. »
C’est ici que se termine véritablement l’Arc de la Prise de Conscience.
JE CHOISIS n’est pas encore JE TRANSFORME
Cette distinction est fondamentale.
Prendre une décision ne signifie pas que la transformation est déjà faite.
Je peux décider de changer avant de savoir comment changer.
Je peux décider de commencer avant d’avoir acquis de nouvelles compétences.
Je peux décider de me faire accompagner avant que les anciennes habitudes aient évolué.
JE CHOISIS vient ainsi fermer l’Arc de la Prise de Conscience.
La prise de conscience a suffisamment progressé pour devenir une décision.
Et après cette décision peut commencer un autre chemin :
apprendre ;
comprendre ;
expérimenter ;
modifier certains comportements ;
construire de nouvelles manières de fonctionner ;
intégrer progressivement ce changement dans ma vie.
Autrement dit :
la décision ouvre la transformation.
Elle ne la remplace pas.
CONCLUSION — Une prise de conscience devient puissante lorsqu’elle devient un choix
Tout a peut-être commencé par quelque chose de très discret.
Une fatigue.
Une tension.
Une pensée.
Un décalage.
Une impression :
« Quelque chose ne me convient plus. »
Puis j’ai regardé.
Reconnu.
Pris au sérieux.
Je me suis progressivement autorisé à envisager que je pouvais m’occuper de ce que je vivais.
Et maintenant une nouvelle question apparaît :
« Qu’est-ce que je choisis d’en faire ? »
Je peux encore attendre.
Je peux essayer seul.
Je peux demander de l’aide.
Je peux chercher un accompagnement.
Mais je peux surtout sortir de l’automatisme et reprendre une part de décision.
Alors la prise de conscience ne reste plus seulement une pensée.
Elle devient une orientation.
« Je décide de m’occuper de ce qui compte pour moi. »
Et c’est précisément là qu’un nouveau voyage peut commencer :
JE TRANSFORME.
Pour aller plus loin
Cet article constitue le dernier repère de MA PRISE DE CONSCIENCE :
JE M’AUTORISE → JE CHOISIS.
Retrouvez le parcours complet :
MA PRISE DE CONSCIENCE : reconnaître ce que je vis pour commencer à changer
L’étape précédente est :
« Plus je m’en occupe tôt, plus je peux profiter longtemps du changement »
Le chemin de MA PRISE DE CONSCIENCE est alors complet :
JE RESSENS → JE RECONNAIS → JE PRENDS AU SÉRIEUX → JE M’AUTORISE → JE CHOISIS
Puis commence une autre phase :
JE TRANSFORME.
Vous avez envie de faire un premier pas ?
Vous n’avez pas besoin d’avoir déjà toutes les réponses.
Vous n’avez pas besoin de savoir exactement quelle méthode vous conviendrait.
Vous pouvez simplement partir de ce que vous vivez aujourd’hui et de ce que vous aimeriez voir évoluer.
Un échange découverte de 20 à 30 minutes peut permettre de faire ce premier point ensemble et de regarder si un accompagnement est pertinent pour vous.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement