Plus je m’en occupe tôt, plus je peux profiter longtemps du changement
Nous raisonnons souvent en fonction de l’urgence.
Tant qu’une situation reste supportable, nous pouvons penser :
« Je verrai plus tard. »
« Ce n’est pas encore indispensable. »
« Je peux encore continuer comme cela. »
Et c’est vrai.
Nous pouvons parfois continuer.
Quelques mois.
Quelques années.
Parfois beaucoup plus longtemps.
Mais une autre question peut changer notre manière de regarder les choses :
si cette situation pouvait évoluer, combien de temps ai-je envie d’attendre avant de profiter de ce changement ?
Car s’occuper plus tôt de ce qui nous pèse ne signifie pas forcément que la situation est grave.
Cela peut simplement signifier :
je donne davantage de temps à la vie que j’aimerais construire.
Après m’être autorisé, je peux regarder ce que le changement pourrait m’apporter
Dans l’article précédent, « Je n’ai pas besoin d’aller très mal pour être accompagné », le mouvement était :
JE PRENDS AU SÉRIEUX → JE M’AUTORISE.
Je cesse progressivement de penser qu’il faudrait attendre une situation extrême.
Je peux commencer à reconnaître :
« Oui, je pourrais me faire accompagner. »
Mais cette possibilité peut encore rester abstraite.
Je peux savoir que je pourrais faire quelque chose…
sans sentir véritablement pourquoi cela mérite de commencer maintenant.
Une nouvelle étape apparaît alors :
percevoir la valeur du changement.
Non seulement :
« Qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui ? »
mais aussi :
« Qu’est-ce que cela pourrait changer dans ma vie demain ? »
Nous évaluons souvent le coût du changement… mais beaucoup moins le coût de l’attente
Changer peut avoir un coût.
Du temps.
De l’énergie.
Une remise en question.
Parfois de l’argent.
Une période d’incertitude.
Nous voyons facilement ces coûts-là.
Mais nous regardons moins souvent ce que coûte le fait de ne rien changer.
Une relation qui continue à nous peser.
Une confiance qui reste fragile.
Une décision constamment repoussée.
Une situation professionnelle que nous supportons sans réellement la choisir.
Une difficulté à poser des limites qui se répète dans plusieurs relations.
Une peur qui continue à orienter nos décisions.
Ce coût n’apparaît pas toujours brutalement.
Il s’accumule.
Une difficulté répétée ne prend pas seulement du temps aujourd’hui
Elle peut également influencer ce qui vient ensuite.
Si je manque de confiance aujourd’hui, cela peut influencer les décisions que je prendrai demain.
Si je n’ose pas poser mes limites, cela peut façonner plusieurs relations futures.
Si je reste dans une situation professionnelle qui ne me correspond plus, cela peut orienter plusieurs années de mon quotidien.
Si je reproduis la même dynamique dans mon couple, le temps peut renforcer les habitudes de chacun.
Le sujet n’est donc pas uniquement :
« Est-ce que cette situation est suffisamment difficile aujourd’hui ? »
Il peut devenir :
« Quelle place ai-je envie de lui laisser dans la suite de ma vie ? »
Une petite transformation peut avoir des effets pendant longtemps
Nous imaginons parfois qu’un accompagnement devrait produire un bouleversement spectaculaire pour avoir de la valeur.
Ce n’est pas nécessairement le cas.
Apprendre à poser une limite plus clairement peut modifier de nombreuses situations.
Développer davantage de confiance peut ouvrir plusieurs décisions.
Comprendre plus tôt ce que nous voulons dans notre vie professionnelle peut éviter de longues périodes d’hésitation.
Changer notre manière de communiquer dans le couple peut influencer des centaines de conversations futures.
Sortir d’une répétition peut éviter de la retrouver encore et encore.
Une évolution apparemment modeste aujourd’hui peut donc produire des effets beaucoup plus longtemps que nous ne l’imaginons.
Le changement possède une valeur dans le temps
Imaginons simplement une difficulté que nous pourrions faire évoluer.
Si je commence à m’en occuper dans cinq ans, je pourrai encore en bénéficier ensuite.
Mais si je commence aujourd’hui, je peux potentiellement bénéficier du changement pendant ces cinq années supplémentaires.
C’est cette dimension que nous oublions souvent.
Nous évaluons une démarche en regardant :
l’effort qu’elle demande maintenant.
Mais nous pouvons aussi regarder :
la durée pendant laquelle ses effets pourront nous accompagner.
La question devient alors :
« Combien de temps ai-je envie de profiter de ce que je pourrais construire autrement ? »
Plus tôt ne veut pas dire dans l’urgence
Il faut ici éviter une confusion.
Dire :
« Plus je m’en occupe tôt… »
ne signifie pas :
« Il faut agir immédiatement. »
Il ne s’agit pas de créer une urgence artificielle.
Certaines décisions demandent du temps.
Certaines périodes ne sont pas propices.
Nous pouvons avoir besoin de réfléchir.
De nous renseigner.
De laisser mûrir.
Mais il existe une différence entre :
prendre le temps nécessaire
et
repousser indéfiniment quelque chose que nous savons déjà important.
La question n’est donc pas de se précipiter.
Elle est de regarder honnêtement ce que produit l’attente.
Je peux me demander ce que ma vie gagnerait si cela évoluait
Nous sommes souvent très habitués à regarder ce que nous voulons supprimer :
moins de stress ;
moins de peur ;
moins de conflits ;
moins de doute ;
moins de fatigue.
Mais le changement peut aussi être regardé positivement.
Si cette difficulté évoluait, qu’est-ce que je pourrais avoir davantage ?
Davantage de calme ?
De liberté ?
De confiance ?
De disponibilité ?
De plaisir ?
De clarté ?
De relations plus simples ?
De choix ?
De projets ?
D’énergie pour autre chose ?
Cette question déplace le regard.
Je ne cherche plus seulement à sortir d’une difficulté.
Je commence à voir ce que je pourrais construire à la place.
Une limite posée aujourd’hui peut modifier mes relations de demain
Prenons un exemple simple.
Si j’ai beaucoup de difficulté à dire non, cette difficulté ne concerne pas seulement la situation actuelle.
Elle peut se retrouver avec :
un collègue ;
un responsable ;
un conjoint ;
un parent ;
un enfant ;
un ami.
Si j’apprends progressivement à poser mes limites autrement, je ne transforme pas uniquement un échange.
Je développe une capacité qui pourra me servir dans de nombreuses situations futures.
C’est cela qui donne au changement une valeur particulière.
Il ne concerne pas seulement le problème qui m’amène aujourd’hui.
Il peut transformer ma manière de rencontrer demain des situations similaires.
Retrouver confiance aujourd’hui peut modifier plusieurs décisions futures
Il en va de même pour la confiance.
Une confiance plus stable peut influencer :
une prise de parole ;
une candidature ;
une négociation ;
une rencontre ;
un projet ;
une décision professionnelle ;
la manière dont je me positionne dans une relation.
Le bénéfice ne se limite donc pas au moment où je commence à me sentir mieux.
Il peut se diffuser dans une partie plus large de ma trajectoire.
Une relation travaillée plus tôt peut préserver ce qui fonctionne encore
Dans un couple ou une relation importante, nous attendons parfois que les tensions soient devenues très fortes avant de nous en occuper.
Pourtant, commencer plus tôt peut avoir une autre logique :
préserver ce qui fonctionne encore.
Lorsque le lien existe encore.
Lorsque chacun peut encore entendre l’autre.
Lorsque les blessures ne se sont pas accumulées pendant trop longtemps.
Il ne s’agit pas d’intervenir parce que « tout va mal ».
Il peut s’agir de protéger quelque chose qui compte.
Un changement professionnel préparé plus tôt peut offrir davantage de choix
Le même principe existe dans la vie professionnelle.
Nous pouvons attendre d’être totalement épuisés avant de réfléchir à la suite.
Ou commencer lorsque nous constatons simplement :
« Cela ne me correspond plus autant qu’avant. »
Réfléchir plus tôt peut donner davantage de marge.
Le temps de clarifier.
Explorer.
Se former.
Tester une direction.
Construire progressivement un projet.
Ici encore, commencer plus tôt ne signifie pas tout quitter demain.
Cela signifie parfois retrouver suffisamment de temps pour choisir plutôt que subir.
Je peux aussi décider que ce n’est pas encore le moment
Percevoir la valeur d’un changement ne signifie pas que je dois obligatoirement commencer maintenant.
Je peux regarder honnêtement la situation et conclure :
« Oui, c’est important, mais je choisis encore d’attendre. »
Cette décision peut être parfaitement légitime.
La différence est importante :
je ne repousse plus automatiquement.
Je choisis consciemment.
Et je sais davantage ce que cette attente implique.
C’est déjà une autre position.
Quelques questions pour regarder la valeur du changement
Je peux me demander :
- Si cette difficulté évoluait, qu’est-ce qui deviendrait plus simple dans ma vie ?
- Qu’est-ce que je pourrais retrouver ?
- Qu’est-ce que je pourrais construire ?
- Cette évolution aurait-elle des effets dans plusieurs domaines de ma vie ?
- Quelles décisions seraient peut-être différentes ?
- Quelles relations pourraient évoluer ?
- Qu’est-ce que je risque de continuer à perdre si rien ne change ?
- Si je commence maintenant, de combien de temps pourrais-je profiter autrement ?
- Dans un an, serai-je content d’avoir commencé aujourd’hui ?
- Et si j’attends encore trois ans, qu’est-ce que cela pourrait signifier ?
Il ne s’agit pas de créer de la peur.
Il s’agit d’élargir le regard.
Le quatrième repère : JE M’AUTORISE → JE PERÇOIS LA VALEUR DU CHANGEMENT
J’ai d’abord pu reconnaître :
JE RESSENS → JE RECONNAIS.
Puis :
JE RECONNAIS → JE PRENDS AU SÉRIEUX.
Puis :
JE PRENDS AU SÉRIEUX → JE M’AUTORISE.
À présent, je peux passer de :
« Je peux me faire accompagner. »
à :
« Si quelque chose peut évoluer, ce changement peut avoir de la valeur bien au-delà d’aujourd’hui. »
Je commence à regarder non seulement ce que je veux quitter…
mais aussi ce que je pourrais gagner.
Et cette perception prépare naturellement la question suivante :
« Est-ce que je choisis maintenant de m’en occuper ? »
CONCLUSION — Le temps peut aussi devenir un allié du changement
Il n’est jamais trop tard pour commencer à transformer quelque chose.
Mais cela ne signifie pas qu’il soit nécessaire d’attendre.
Je peux m’occuper d’une difficulté parce qu’elle me fait souffrir aujourd’hui.
Mais je peux aussi m’en occuper parce que je souhaite profiter plus longtemps de ce qui pourrait devenir différent demain.
Une relation plus juste.
Davantage de confiance.
Une vie professionnelle plus cohérente.
Une meilleure capacité à choisir.
Des limites plus claires.
Une manière plus libre de vivre certaines situations.
Alors une nouvelle question peut apparaître :
« Si ce changement peut réellement compter dans ma vie, pourquoi attendre indéfiniment ? »
Je ne suis pas encore obligé de décider.
Mais je commence à percevoir quelque chose d’essentiel :
le changement a aussi une valeur dans le temps.
Et c’est cette prise de conscience qui peut ouvrir l’étape suivante :
JE CHOISIS.
Pour aller plus loin
Cet article correspond au quatrième mouvement de MA PRISE DE CONSCIENCE :
JE M’AUTORISE → JE PERÇOIS LA VALEUR DU CHANGEMENT.
Retrouvez le parcours complet dans :
MA PRISE DE CONSCIENCE : reconnaître ce que je vis pour commencer à changer
L’étape précédente est :
Je n’ai pas besoin d’aller très mal pour être accompagné
Puis vient :
« Je choisis de m’en occuper : quand la prise de conscience devient une décision »
qui correspond au passage :
PERCEVOIR LA VALEUR → CHOISIR.