LES MÉTAPHORES : comprendre et transformer autrement par les images et les histoires
Comprendre et transformer autrement par les images et les histoires
Il arrive que les mots expliquent parfaitement une situation… sans parvenir à la faire ressentir autrement.
Vous pouvez savoir que vous devriez lâcher prise, prendre de la distance, retrouver confiance, quitter une situation devenue insatisfaisante ou cesser de répéter certains comportements.
Vous pouvez même comprendre pourquoi.
Et pourtant, quelque chose en vous ne bouge pas.
Puis une image apparaît.
« J’ai l’impression de porter un sac beaucoup trop lourd. »
« Je tourne en rond dans une cage dont la porte est ouverte. »
« Je suis arrivé à un carrefour et je ne sais plus quelle route prendre. »
« J’ai construit une armure tellement solide que plus personne ne peut m’atteindre. »
« J’ai l’impression d’avoir perdu ma boussole. »
En quelques mots, quelque chose devient visible.
La métaphore vient de transformer une expérience intérieure complexe en une représentation que l’on peut imaginer, ressentir et explorer.
C’est précisément ce qui la rend si intéressante en coaching, en thérapie et dans différentes approches du changement.
Une métaphore ne se contente pas nécessairement d’expliquer.
Elle peut permettre de voir autrement ce qui se vit intérieurement.
Qu’est-ce qu’une métaphore ?
Une métaphore établit un rapprochement entre deux réalités qui, littéralement, ne sont pas identiques.
Lorsque vous dites :
« Je suis au pied d’une montagne »,
il n’y a probablement aucune montagne devant vous.
Pourtant, vous comprenez immédiatement quelque chose de votre expérience.
Peut-être la difficulté.
Peut-être l’effort à fournir.
Peut-être la hauteur de l’objectif.
Peut-être le sentiment d’être minuscule devant ce qui vous attend.
La métaphore permet ainsi de représenter une réalité par une autre réalité.
Nous utilisons constamment des métaphores
Les métaphores ne sont pas réservées à la littérature ou à la thérapie.
Notre langage quotidien en est rempli :
« Je suis bloqué. »
« Je porte tout sur mes épaules. »
« Il faut que je tourne la page. »
« Je me suis construit une carapace. »
« Cette relation m’étouffe. »
« Je suis à bout de souffle. »
« Je dois reprendre les commandes de ma vie. »
« J’avance dans le brouillard. »
Ces expressions sont tellement familières que nous oublions parfois qu’elles sont métaphoriques.
Pourtant, elles nous renseignent souvent sur la manière dont nous organisons intérieurement notre expérience.
Pourquoi notre esprit comprend-il si facilement les métaphores ?
Nous ne pensons pas uniquement avec des raisonnements abstraits.
Nous pensons également avec :
- des images ;
- des sensations ;
- des souvenirs ;
- des comparaisons ;
- des associations ;
- des représentations spatiales ;
- des histoires ;
- des symboles.
Les travaux de George Lakoff et Mark Johnson ont notamment contribué à montrer combien les métaphores structurent notre langage et certaines de nos manières de conceptualiser l’expérience.
Une métaphore peut ainsi rendre concret ce qui était abstrait.
La relation devient un chemin.
La difficulté devient une montagne.
La protection devient une armure.
Le passé devient un bagage.
L’incertitude devient du brouillard.
La transformation devient un voyage.
Une représentation n’est pas la réalité
Cette distinction est essentielle.
La métaphore n’est pas la réalité.
Elle constitue une représentation de la réalité vécue.
C’est précisément ce qui permet de travailler avec elle.
Si vous dites :
« Je suis enfermé dans une pièce sans fenêtre »,
nous pouvons nous demander ce que représente cette pièce.
Mais nous pouvons également explorer :
Existe-t-il une porte ?
Est-elle verrouillée ?
Qui possède la clé ?
Que se trouve-t-il derrière ?
Que faudrait-il pour l’ouvrir ?
La représentation commence alors à évoluer.
Cette question de la représentation intérieure rejoint directement le Culbuto VR® et son masque VR® : nous n’accédons jamais à toute la réalité indépendamment de nous ; nous construisons une représentation à partir de ce que nous percevons, sélectionnons et interprétons.
La métaphore peut dire ce qui est difficile à expliquer
Certaines expériences sont difficiles à mettre en mots.
Une émotion peut être confuse.
Une relation peut sembler contradictoire.
Une peur peut être ressentie sans être clairement comprise.
Une partie de soi peut vouloir avancer tandis qu’une autre semble retenir.
La métaphore permet parfois de condenser cette complexité.
« C’est comme si… »
Cette petite phrase peut ouvrir un espace considérable :
« C’est comme si… »
…j’avais un poids sur la poitrine.
…une partie de moi appuyait sur l’accélérateur pendant qu’une autre tirait le frein à main.
…je continuais à attendre devant une porte qui ne s’ouvrira plus.
…je naviguais sans savoir où se trouve le port.
La personne ne décrit alors plus seulement ce qu’elle pense.
Elle commence parfois à représenter comment elle vit intérieurement la situation.
Les métaphores spontanées : écouter le langage de la personne
Toutes les métaphores ne viennent pas du coach ou du thérapeute.
Certaines des plus intéressantes sont celles que vous utilisez spontanément.
« Je suis dans une impasse. »
« J’ai un mur devant moi. »
« Quelque chose me retient. »
Ces expressions peuvent être accueillies comme des portes d’entrée vers votre expérience.
Explorer plutôt qu’interpréter
Il existe toutefois un principe fondamental :
Une métaphore appartient d’abord à la personne qui l’utilise.
Si vous parlez d’un mur, il serait imprudent de décider immédiatement ce que ce mur « signifie ».
Il peut protéger.
Séparer.
Enfermer.
Soutenir.
Cacher.
Délimiter.
La question intéressante devient alors :
Que représente ce mur pour vous ?
L’accompagnement consiste moins à imposer une interprétation qu’à aider la personne à découvrir sa propre signification.
Les métaphores proposées : raconter pour ouvrir d’autres possibilités
Une métaphore peut également être proposée par le coach ou le thérapeute.
Elle peut prendre la forme :
- d’une image ;
- d’une comparaison ;
- d’une analogie ;
- d’une courte histoire ;
- d’un conte ;
- d’une situation imaginaire ;
- d’un personnage ;
- d’un voyage symbolique.
L’objectif n’est pas nécessairement de dire à la personne ce qu’elle doit comprendre.
Il peut au contraire s’agir de lui proposer un espace suffisamment ouvert pour qu’elle établisse ses propres associations.
Qu’est-ce qu’une métaphore thérapeutique ?
Une métaphore thérapeutique est une image, une comparaison ou une histoire utilisée intentionnellement dans un accompagnement pour aider une personne à explorer autrement une difficulté, une émotion, un comportement ou une situation de vie.
Contrairement à une simple illustration destinée à expliquer une idée, elle peut devenir un support d'exploration et de changement.
Elle permet de représenter une expérience sous une forme différente, parfois plus accessible que le langage habituel.
Une difficulté relationnelle peut ainsi devenir un pont difficile à traverser.
Une peur peut prendre la forme d'un gardien.
Une croyance limitante peut être représentée par une porte que l'on pense verrouillée.
Une période de transition peut devenir une traversée en mer.
L'intérêt n'est pas de remplacer la réalité par une histoire, mais de créer une représentation avec laquelle il devient possible de réfléchir, de ressentir et d'envisager d'autres possibilités.
Comment une métaphore thérapeutique peut-elle aider ?
Lorsqu'une personne reste enfermée dans une même manière de comprendre une situation, une métaphore peut introduire une distance.
Au lieu de rester uniquement dans la question :
« Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à avancer ? »
Il devient possible d'explorer :
« Si cette difficulté était un obstacle sur mon chemin, à quoi ressemblerait-il ? »
Un mur ?
Une montagne ?
Un brouillard ?
Un pont inachevé ?
Chaque représentation ouvre des questions différentes.
La métaphore ne fournit pas nécessairement une réponse. Elle peut permettre de découvrir d'autres manières de poser le problème.
Une métaphore thérapeutique doit respecter le sens de la personne
Une même histoire ne produit pas les mêmes associations chez tout le monde.
Pour une personne, traverser un pont peut représenter le courage.
Pour une autre, cela peut évoquer une séparation.
Pour une troisième, le pont peut symboliser un passage qu'elle ne souhaite pas encore entreprendre.
C'est pourquoi une métaphore thérapeutique ne devrait pas imposer une interprétation unique.
Elle gagne à être proposée ou explorée avec suffisamment d'ouverture pour que la personne puisse y reconnaître ce qui fait sens pour elle.
En coaching comme en thérapie, l'objectif n'est pas de convaincre par une histoire, mais de permettre à une nouvelle compréhension d'émerger.
Cette utilisation intentionnelle des métaphores occupe notamment une place importante dans l'héritage de Milton H. Erickson et dans certaines approches de L'HYPNOSE.
Milton Erickson : quand l’histoire devient un outil thérapeutique
Milton H. Erickson a profondément marqué l’utilisation thérapeutique du langage indirect, des anecdotes et des métaphores.
Plutôt que de confronter systématiquement une difficulté de manière directe, il pouvait utiliser une histoire, une situation ou une analogie permettant à la personne de construire ses propres rapprochements.
Cette influence se retrouve aujourd’hui dans l’hypnose ericksonienne et dans certains usages du langage en PNL.
Sur votre site, cette dimension est développée dans Le Milton Model : comprendre l’hypnose conversationnelle et le langage du changement, où la métaphore apparaît précisément comme l’un des outils permettant de parler indirectement d’une situation.
Suggérer sans enfermer
Une métaphore thérapeutique intéressante n’a pas forcément besoin d’expliquer sa morale.
Imaginez :
Un voilier reste au port depuis longtemps.
Le marin attend que toutes les conditions soient parfaites.
Le vent idéal.
La mer idéale.
La visibilité parfaite.
Mais cette journée n’arrive jamais.
Puis il comprend qu’un navigateur n’attend pas que la mer cesse de bouger.
Il apprend à naviguer avec elle.
Chacun peut entendre cette histoire différemment.
C’est précisément l’un de ses intérêts.
Métaphore, hypnose et inconscient
Les métaphores occupent naturellement une place importante dans certaines formes d’hypnose.
Une histoire peut favoriser :
- l’imagination ;
- les associations ;
- l’évocation sensorielle ;
- la prise de distance ;
- l’accès à des ressources ;
- l’émergence de nouvelles représentations.
Mais il faut éviter une simplification fréquente :
une métaphore n’est pas une formule magique adressée à un inconscient passif.
La personne reste porteuse de son histoire, de ses significations, de ses réactions et de ses choix.
La métaphore offre un espace.
Elle ne garantit pas ce qui va s’y produire.
➡️ Lire le MASTER L'HYPNOSE
et le futur article L’HYPNOSE SYMBOLIQUE.
Les métaphores en PNL
La PNL accorde également une place importante aux représentations internes, au langage et aux métaphores.
Il existe ici une complémentarité intéressante entre deux mouvements.
Le Métamodèle cherche notamment à préciser le langage lorsqu’il généralise, omet ou transforme certains éléments de l’expérience. Votre article Le Métamodèle : clarifier le langage pour mieux comprendre ce qui se joue développe cette fonction de clarification.
Le Milton Model, à l’inverse, utilise davantage un langage ouvert, évocateur et indirect pouvant favoriser associations et imagination.
La métaphore trouve naturellement sa place dans ce second mouvement.
De la métaphore au travail symbolique
Une métaphore peut parfois devenir davantage qu’une manière de parler.
Supposons que vous disiez :
« J’ai l’impression de traîner une valise pleine de pierres. »
Nous pouvons rester au niveau verbal.
Mais nous pouvons également commencer à explorer cette représentation.
Que contient cette valise ?
Depuis quand la portez-vous ?
Toutes les pierres vous appartiennent-elles ?
Certaines doivent-elles être conservées ?
Pourriez-vous poser la valise ?
Que se passerait-il si elle devenait plus légère ?
Nous quittons progressivement la simple métaphore pour entrer dans le travail symbolique.
Pour approfondir cette distinction, découvrez l’article :
LE TRAVAIL SYMBOLIQUE : donner une forme à ce qui se vit intérieurement.
Métaphore, imagerie mentale, visualisation et travail symbolique : quelles différences ?
Ces notions sont proches mais ne désignent pas exactement la même chose.
La métaphore
Elle établit une correspondance :
« Ma vie ressemble à un bateau sans gouvernail. »
L’imagerie mentale
Elle concerne la capacité à faire émerger ou mobiliser des représentations internes : images, sons, sensations, mouvements, espaces imaginés…
La visualisation
Elle consiste à mobiliser volontairement certaines représentations afin d’imaginer, préparer ou expérimenter intérieurement une situation ou un état souhaité.
Les métaphores et les Parties de soi
La métaphore devient particulièrement intéressante lorsqu’une personne ressent plusieurs mouvements intérieurs contradictoires.
« Une partie de moi veut partir, mais une autre veut rester. »
« Une partie veut prendre le risque ; une autre veut me protéger. »
Ces « parties » ne doivent pas nécessairement être comprises comme des entités littérales.
Elles constituent une manière utile de représenter différentes dynamiques, besoins, intentions ou protections intérieures.
La personne peut alors commencer à distinguer ce qui, auparavant, formait un conflit intérieur global.
➡️ Voir le futur article :
LE TRAVAIL AVEC LES PARTIES DE SOI.
Les métaphores sont également au cœur des Modèles Symboliques de Coaching & Thérapies®
Cette dimension mérite une place particulière dans votre approche.
Le Culbuto®, le casque du Culbuto VR®, la batterie représentant l’état énergétique ou encore certaines représentations de protection ne prétendent pas être la réalité psychologique elle-même.
Ce sont des modèles symboliques destinés à rendre certains mécanismes plus visibles et plus compréhensibles.
Ainsi, le Culbuto VR® utilise l’image du casque de réalité virtuelle pour représenter la manière dont filtres, croyances et expériences participent à notre représentation du monde.
Le Culbuto Corporel® permet quant à lui de rendre plus visible la manière dont le corps peut réagir et exprimer quelque chose avant que la pensée consciente ait identifié ce qui se joue.
La métaphore devient ici un outil de compréhension.
Elle rend visible ce qui, sans représentation, resterait parfois très abstrait.
Une métaphore peut-elle transformer ?
Elle peut y contribuer.
Mais il serait excessif d’affirmer qu’une métaphore transforme automatiquement.
Elle peut notamment permettre de :
- prendre de la distance ;
- représenter autrement un problème ;
- faire émerger une nouvelle compréhension ;
- accéder à d’autres associations ;
- percevoir une possibilité jusque-là invisible ;
- mobiliser l’imaginaire ;
- modifier la manière de se représenter une situation.
La transformation dépend ensuite de nombreux autres facteurs : la personne, son histoire, le contexte, la relation d’accompagnement, ce qui est expérimenté et ce qui peut être intégré dans la vie réelle.
Changer l’image ne suffit pas toujours à changer la vie
C’est un point essentiel.
Imaginer que l’on pose symboliquement un sac peut être profondément significatif.
Mais si ce sac représente une situation professionnelle destructrice, une relation violente ou une difficulté concrète nécessitant une décision, le travail symbolique ne remplace pas l’action réelle.
Le symbole peut accompagner le changement.
Il ne doit pas servir à fuir la réalité.
Les limites : une métaphore n’est ni une preuve ni un diagnostic
Une métaphore peut être riche de sens sans constituer une vérité objective.
Si une personne imagine une porte, un enfant, une maison ou une scène particulière, cela ne prouve pas qu’un événement historique correspondant s’est réellement produit.
De même, un symbole ne possède pas nécessairement une signification universelle.
Un arbre peut évoquer les racines pour l’un.
La croissance pour un autre.
La famille.
La solidité.
La solitude.
La liberté.
La mort ou le renouveau.
Le symbole appartient d’abord à l’expérience de la personne.
C’est pourquoi le travail avec les métaphores demande curiosité, prudence et absence d’interprétation autoritaire.
Des métaphores à découvrir
Vous pouvez trouver dans notre menu RESSOURCES des histoires, et par exemple découvrir :
- Les deux loups : une métaphore sur nos choix intérieurs — deux dynamiques s’affrontent dans une histoire transmise par un grand-père à son petit-fils.
- Les graines et le puits — deux voyageurs reçoivent le même sac de graines et en font deux usages très différents.
- Ma plante — une plante reçue presque à contrecœur commence progressivement à prendre une place inattendue.
Pour aller plus loin dans "IMAGINAIRE & SYMBOLIQUE"
→ LES MÉTAPHORES : comprendre et transformer autrement par les images et les histoires
→ LE TRAVAIL SYMBOLIQUE : donner une forme à ce qui se vit intérieurement
→ L'IMAGERIE MENTALE : utiliser les représentations internes comme support de changement
→ LE TRAVAIL AVEC LES PARTIES DE SOI : explorer les différentes dynamiques intérieures
→ LA VISUALISATION
→ LES ACTES SYMBOLIQUES
→ LA PSYCHOMAGIE
Repères scientifiques et théoriques sur les métaphores
Les métaphores occupent une place importante dans l'étude du langage, de la cognition et de la manière dont les êtres humains donnent du sens à leur expérience.
Plusieurs courants théoriques permettent de mieux comprendre leur intérêt. Il convient cependant de distinguer ce que les recherches établissent sur la compréhension des métaphores de ce qui relève de leur utilisation clinique en coaching ou en psychothérapie.
George Lakoff et Mark Johnson : les métaphores conceptuelles
Dans leur ouvrage Metaphors We Live By (1980), George Lakoff et Mark Johnson ont développé une approche selon laquelle les métaphores ne constituent pas seulement des figures de style.
Elles participent également à la manière dont nous conceptualisons certaines expériences abstraites.
Lorsque nous parlons d'un parcours de vie, d'une relation qui avance, d'un obstacle à surmonter ou d'un poids à porter, nous utilisons des expériences concrètes pour représenter des réalités plus abstraites.
Cette approche constitue un repère majeur de la linguistique cognitive.
Elle aide à comprendre pourquoi certaines métaphores nous paraissent immédiatement naturelles, sans pour autant démontrer qu'une métaphore particulière possède un effet thérapeutique.
La psychologie cognitive : comprendre le langage figuré
Les recherches en psychologie cognitive montrent que comprendre une métaphore mobilise notamment des processus d'interprétation, de mise en relation et de sélection du sens en fonction du contexte.
Une expression métaphorique ne se réduit donc pas à une image décorative.
Elle peut orienter l'attention vers certains aspects d'une situation et favoriser des rapprochements qui n'auraient pas été formulés de manière littérale.
Les travaux de Raymond Gibbs et d'autres chercheurs sur le langage figuré ont contribué à éclairer ces mécanismes.
Ces recherches portent principalement sur la compréhension et l'utilisation du langage. Elles ne constituent pas, à elles seules, une preuve de l'efficacité thérapeutique des métaphores.
Milton Erickson : l'héritage clinique du langage indirect
Milton H. Erickson a contribué à populariser l'utilisation d'histoires, d'analogies et de formulations indirectes dans certaines pratiques psychothérapeutiques et hypnotiques.
Son approche illustre l'intérêt clinique possible d'un langage laissant une place aux associations personnelles.
Elle a influencé différentes pratiques contemporaines, notamment dans l'HYPNOSE ericksonienne.
Il importe néanmoins de distinguer cet héritage clinique des validations scientifiques : l'utilisation historique d'une méthode ne suffit pas à établir son efficacité spécifique.
Les métaphores dans les approches thérapeutiques contemporaines
Certaines psychothérapies contemporaines utilisent également les métaphores comme supports pédagogiques ou expérientiels.
C'est notamment le cas de la Thérapie d'Acceptation et d'engagement (ACT), dans laquelle elles peuvent aider à explorer la relation aux pensées, aux émotions et aux comportements.
Des recherches portent sur l'ACT dans son ensemble, mais leurs résultats ne permettent pas d'attribuer automatiquement les bénéfices observés aux seules métaphores.
De la même manière, une histoire ou une image peut être utile au sein d'un accompagnement sans constituer, isolément, une technique dont l'efficacité serait démontrée pour toutes les difficultés.
Ce que les connaissances actuelles permettent de retenir
Les métaphores peuvent contribuer à représenter une expérience abstraite, faciliter certaines associations et ouvrir d'autres façons de considérer une situation.
Leur intérêt clinique dépend toutefois du contexte, de la personne, de la relation d'accompagnement et de la manière dont elles sont utilisées.
Une métaphore peut soutenir un processus de compréhension ou de changement, mais elle ne garantit pas une transformation psychologique.
C'est dans cette perspective que je les intègre à une approche globale, en complément d'autres outils et d'un travail adapté à la situation de chaque personne.
Quelques références pour aller plus loin
-
Lakoff, G. & Johnson, M. (1980). Metaphors We Live By. University of Chicago Press.
-
Gibbs, R. W. (1994). The Poetics of Mind: Figurative Thought, Language, and Understanding. Cambridge University Press.
-
Rosen, S. (dir.) (1982). My Voice Will Go with You: The Teaching Tales of Milton H. Erickson. W. W. Norton.
-
Hayes, S. C., Strosahl, K. D. & Wilson, K. G. (2012). Acceptance and Commitment Therapy: The Process and Practice of Mindful Change (2e éd.). Guilford Press.
Ces références permettent de distinguer les fondements linguistiques et cognitifs des métaphores, leur héritage clinique et leur utilisation dans certaines approches psychothérapeutiques.
Conclusion — Parfois, une image ouvre un chemin que l’explication ne trouvait plus
Nous avons besoin des mots pour comprendre.
Mais nous avons aussi besoin d’images, de représentations et d’histoires.
Parce que notre expérience intérieure ne se résume pas à ce que nous pouvons expliquer rationnellement.
Une métaphore peut donner une forme à ce qui semblait confus.
Elle peut créer une distance avec ce qui paraissait envahissant.
Elle peut permettre de regarder autrement une situation connue depuis longtemps.
Elle peut parfois faire apparaître une porte là où nous ne percevions jusque-là qu’un mur.
Et peut-être est-ce là sa fonction la plus intéressante :
ne pas vous dire ce que vous devez voir, mais vous permettre de regarder autrement.
Le regard du Coach & Thérapeute
Dans ma pratique, j'accorde une place particulière aux métaphores parce qu'elles permettent parfois d'exprimer, en quelques mots, ce qui restait difficile à comprendre malgré de longues explications.
Lorsqu'une personne me dit :
« J'ai l'impression de porter toute ma famille sur mes épaules. »
Je ne considère pas cette image comme une simple manière de parler.
Je peux lui proposer de l'explorer.
Que représente ce poids ?
Depuis quand est-il présent ?
Est-il entièrement le sien ?
Que se passerait-il si elle pouvait le déposer, même momentanément ?
Mais je ne décide jamais à sa place de ce que cette image signifie.
Une métaphore appartient d'abord à l'expérience de la personne qui l'exprime.
Je peux également proposer une histoire, une comparaison ou une représentation lorsque cela semble pertinent pour l'accompagnement.
Certaines métaphores permettent de prendre de la distance. D'autres aident à reconnaître une dynamique, à envisager une possibilité ou à formuler ce qui n'avait pas encore trouvé de mots.
Cette démarche se retrouve dans mes Modèles Symboliques Coaching & Thérapies®, notamment à travers la famille des modèles Culbuto® et ses différentes déclinaisons, qui utilisent des représentations concrètes pour rendre plus accessibles certains mécanismes du fonctionnement humain.
Mon approche ne consiste cependant pas à rechercher des symboles partout, ni à attribuer une signification cachée à chaque image.
Je privilégie ce qui aide réellement la personne à mieux se comprendre, à retrouver une capacité de choix et à avancer dans sa vie.
Une métaphore ne change pas nécessairement la réalité. Mais elle peut parfois transformer la manière dont nous la regardons — et ouvrir ainsi la possibilité d'agir autrement.
FAQ — Les Métaphores
Une métaphore est-elle forcément une histoire ?
Non. Une métaphore peut tenir en quelques mots : « porter un poids », « être dans le brouillard », « construire un mur ». L’histoire métaphorique constitue simplement une forme plus développée.
Les métaphores sont-elles réservées à l’hypnose ?
Non. Elles apparaissent naturellement dans le langage quotidien et peuvent être utilisées en coaching, en thérapie, en PNL et dans différents travaux faisant appel à l’imaginaire et au symbolique.
Faut-il interpréter les symboles ?
Pas nécessairement, et certainement pas de manière automatique. La signification donnée par la personne elle-même est généralement beaucoup plus importante qu'un dictionnaire universel des symboles.
Une métaphore peut-elle parler à l’inconscient ?
Une histoire ou une image peut susciter des associations qui ne passent pas uniquement par une analyse rationnelle consciente. Mais il est préférable d’éviter l’idée simpliste d’un message codé qui produirait automatiquement une transformation de « l’inconscient ».
Quelle différence entre métaphore et travail symbolique ?
La métaphore représente ou raconte une expérience par autre chose. Le travail symbolique consiste à explorer et éventuellement transformer les représentations symboliques qui émergent.
Quelle différence entre une métaphore et les Modèles Symboliques Coaching & Thérapies® ?
Une métaphore peut être spontanée, racontée ou créée dans l’accompagnement. Vos Modèles Symboliques® sont des représentations structurées conçues pour faciliter la compréhension de certains fonctionnements humains. Ils peuvent utiliser la puissance de la métaphore sans se réduire à une simple histoire.
Faites le premier pas
Et si vous pouviez regarder autrement ce qui vous semble aujourd’hui difficile à dépasser ?
Certaines difficultés persistent malgré les explications, les réflexions et les efforts déjà entrepris.
En coaching ou en thérapie, les métaphores, l’HYPNOSE et le travail symbolique peuvent devenir des supports pour explorer votre expérience, découvrir d’autres perspectives et accompagner un changement concret.
Je vous propose un premier échange gratuit de 20 minutes, pour faire le point sur ce que vous vivez et envisager ensemble l’accompagnement qui pourrait vous convenir.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement