LA SYSTEMIE
Comprendre les interactions, les contextes et les boucles relationnelles pour transformer durablement les systèmes humains
Introduction
Pourquoi certaines difficultés semblent-elles résister, malgré tous les efforts déployés pour les résoudre ?
Pourquoi une personne peut-elle aller mieux pendant quelque temps, puis retrouver les mêmes réactions dès qu’elle revient dans son environnement familial, conjugal ou professionnel ?
Pourquoi certaines relations paraissent-elles enfermées dans des répétitions où chacun réagit à l’autre, tout en ayant l’impression que le problème vient toujours de l’extérieur ?
Pourquoi un conflit peut-il continuer alors que les personnes concernées souhaitent sincèrement retrouver une relation plus apaisée ?
La Systémie apporte une manière particulièrement éclairante de comprendre ces situations.
Au lieu d’isoler une personne, un comportement ou un symptôme, elle observe les relations, les interactions, les contextes et les mécanismes de régulation dans lesquels ils apparaissent.
Elle ne demande pas seulement :
- « Pourquoi cette personne agit-elle ainsi ? »
Elle cherche également à comprendre :
- « Dans quel système ce comportement apparaît-il ? »
- « Que se passe-t-il juste avant et juste après ? »
- « Comment chacun réagit-il aux réactions des autres ? »
- « Quelles tentatives de solution maintiennent involontairement le problème ? »
- « Quelle fonction cette difficulté remplit-elle dans l’équilibre actuel du système ? »
- « Que faudrait-il modifier dans les interactions pour permettre un changement durable ? »
La Systémie nous invite ainsi à quitter une lecture uniquement individuelle, linéaire et causale des difficultés humaines.
Elle nous apprend à observer les boucles relationnelles, les influences réciproques, les règles implicites, les rôles, les frontières, les alliances, les loyautés, les contextes et les processus de changement.
Elle peut être utilisée dans l’accompagnement individuel, le coaching, la thérapie de couple, la thérapie familiale, l’intervention institutionnelle, le management, la médiation et l’accompagnement des organisations.
Chez Coaching & Thérapies®, nous considérons la Systémie comme une véritable grille de navigation relationnelle.
Elle permet de mieux comprendre comment une personne se construit, s’adapte, réagit et évolue au sein des différents systèmes auxquels elle appartient.
Qu’est-ce que la Systémie ?
La Systémie est une manière d’étudier les phénomènes humains en les considérant comme les éléments d’ensembles organisés.
Un système peut être une famille, un couple, une équipe, une entreprise, une institution, un groupe d’amis, une classe, une communauté ou même un ensemble de relations intérieures représentées par une personne.
Chaque système est composé d’éléments interdépendants.
Cela signifie que ce qui affecte un membre peut influencer les autres et que les réactions de chacun participent à l’évolution de l’ensemble.
Dans une famille, par exemple, le comportement d’un enfant peut modifier la relation entre les parents.
La tension entre les parents peut ensuite influencer les réactions de l’enfant.
Les réactions de l’enfant peuvent à leur tour renforcer l’inquiétude ou les désaccords parentaux.
Il devient alors difficile de déterminer une cause unique.
Nous sommes face à une boucle d’influences réciproques.
Le système est plus que la somme de ses membres
Une famille ne peut pas être comprise uniquement en étudiant séparément chacune des personnes qui la composent.
Un couple n’est pas seulement l’addition de deux personnalités.
Une équipe ne se réduit pas aux compétences individuelles de ses membres.
À partir du moment où des personnes interagissent régulièrement, elles développent progressivement :
- des habitudes relationnelles ;
- des manières de communiquer ;
- des attentes réciproques ;
- des règles implicites ;
- des rôles ;
- des alliances ;
- des façons de gérer les tensions ;
- des stratégies de protection ;
- des mécanismes de régulation.
Ces interactions créent une organisation particulière.
Cette organisation influence ensuite les comportements de chacun.
La Systémie cherche donc à comprendre non seulement les personnes, mais également ce qui se passe entre elles.
Une personne appartient simultanément à plusieurs systèmes
Nous ne vivons jamais dans un seul système.
Une même personne peut appartenir simultanément :
- à une famille d’origine ;
- à un couple ;
- à une famille actuelle ;
- à un environnement professionnel ;
- à un cercle amical ;
- à une culture ;
- à une organisation ;
- à une communauté ;
- à une société.
Ces différents systèmes peuvent soutenir la personne, mais également lui adresser des attentes contradictoires.
Une personne peut, par exemple, être encouragée à s’affirmer dans son environnement professionnel tout en ayant appris, dans sa famille, qu’il était préférable de ne pas se faire remarquer.
Elle peut souhaiter construire un couple égalitaire tout en restant influencée par des modèles familiaux plus hiérarchiques.
Elle peut vouloir changer de métier tout en ressentant une loyauté envers une tradition familiale.
La lecture systémique permet d’observer ces différents niveaux sans réduire la difficulté à une simple faiblesse individuelle.
De la causalité linéaire à la causalité circulaire
Notre manière habituelle de comprendre les problèmes repose souvent sur une logique linéaire.
Nous cherchons une cause qui aurait provoqué une conséquence.
A provoque B.
Cette logique est utile dans de nombreux domaines.
Cependant, elle devient parfois insuffisante lorsqu’il s’agit de comprendre les relations humaines.
Dans une interaction, le comportement de A influence B, mais la réaction de B influence également A.
A agit sur B.
B réagit à A.
A réagit à la réaction de B.
B réagit à la nouvelle réaction de A.
Une boucle se forme.
Exemple d’une boucle conjugale
Une personne se sent insuffisamment considérée par son partenaire.
Elle multiplie les demandes, les questions ou les reproches pour obtenir davantage de proximité.
Le partenaire se sent pressé, contrôlé ou critiqué.
Il se retire pour retrouver de l’espace.
Ce retrait augmente l’insécurité de la première personne.
Elle intensifie alors ses demandes.
Plus elle insiste, plus l’autre se retire.
Plus l’autre se retire, plus elle insiste.
Chacun peut sincèrement penser que son comportement est uniquement une réaction au comportement de l’autre.
Pourtant, les deux comportements participent à la même boucle.
La Systémie ne cherche pas d’abord à déterminer qui a commencé.
Elle cherche à comprendre comment la séquence se maintient.
Sortir de la recherche du coupable
La causalité circulaire ne signifie pas que toutes les personnes ont la même responsabilité.
Elle ne doit jamais servir à relativiser une agression, une violence, une emprise ou une transgression.
Dans une situation de violence, la responsabilité de l’acte appartient à celui ou celle qui le commet.
La sécurité et la protection restent prioritaires.
La lecture systémique permet néanmoins d’examiner les interactions, les contextes, les réactions et les mécanismes qui entourent une situation, sans confondre influence réciproque et responsabilité morale ou juridique.
Son objectif n’est pas de distribuer les torts.
Il est de repérer les mécanismes sur lesquels il devient possible d’agir.
Ce que la Systémie n’est pas
La Systémie est parfois mal comprise.
Elle ne consiste pas à rendre la famille responsable de tout
Une approche systémique sérieuse ne cherche pas à désigner les parents, le conjoint ou l’environnement comme responsables de toutes les difficultés.
Elle étudie les interactions sans réduire les personnes à des coupables.
Elle ne nie pas l’existence de la vie intérieure
La Systémie s’intéresse aux relations et aux contextes, mais cela ne signifie pas qu’elle nie les émotions, les pensées, les traumatismes, les mécanismes inconscients ou les vulnérabilités individuelles.
Les approches systémiques contemporaines peuvent intégrer ces différentes dimensions.
Elle ne signifie pas que tout le monde doit être présent
Un accompagnement systémique peut être réalisé avec un couple, une famille ou un groupe.
Mais il peut également être mené avec une seule personne.
Le travail porte alors sur les systèmes auxquels elle appartient, sur les représentations qu’elle en a et sur les interactions auxquelles elle participe.
Une perspective systémique peut donc être mobilisée dans différentes modalités d’accompagnement, y compris en séance individuelle.
Elle ne promet pas de supprimer tous les conflits
Le conflit fait partie de la vie des systèmes humains.
L’objectif n’est pas de créer des relations sans désaccord.
Il est de permettre aux personnes de traverser les désaccords sans rester prisonnières de mécanismes destructeurs.
Elle ne se confond pas avec les constellations familiales
La thérapie systémique, la thérapie familiale et les constellations familiales ne sont pas synonymes.
Les constellations peuvent être utilisées comme une démarche symbolique ou expérientielle dans certaines pratiques intégratives.
Elles ne doivent cependant pas être présentées comme l’équivalent des modèles cliniques de thérapie systémique dont les méthodes, les indications et les travaux de recherche sont différents.
Les origines de la pensée systémique
La Systémie s’est construite au croisement de plusieurs disciplines.
Elle a été influencée par la biologie, l’anthropologie, les sciences de la communication, la théorie générale des systèmes, la cybernétique, la psychiatrie, la psychologie et l’étude des organisations.
Cette frise permet de visualiser comment la pensée systémique s’est progressivement constituée. Partie de l’étude générale des systèmes vivants et des mécanismes de régulation, elle s’est ensuite développée dans les domaines de la communication, de la thérapie familiale, des relations humaines, du coaching et des organisations.
La théorie générale des systèmes
Le biologiste Ludwig von Bertalanffy a contribué à développer une théorie générale permettant d’étudier les principes communs à différents systèmes vivants, sociaux ou organisationnels.
Un système est alors compris comme un ensemble d’éléments reliés dont les interactions produisent une organisation globale.
Cette perspective s’oppose à une lecture strictement réductionniste dans laquelle il suffirait d’étudier chaque partie séparément pour comprendre l’ensemble.
La cybernétique
La cybernétique, notamment associée aux travaux de Norbert Wiener, a étudié les processus de communication, de régulation et de rétroaction dans les systèmes.
Elle a permis de mieux comprendre comment un système utilise les informations qu’il reçoit pour maintenir son fonctionnement ou le modifier.
Ces principes ont inspiré les notions de rétroaction, de boucle, de régulation et d’homéostasie utilisées dans la pensée systémique.
Gregory Bateson et l’étude de la Communication
L’anthropologue Gregory Bateson a joué un rôle déterminant dans le développement de la pensée systémique appliquée aux relations humaines.
Ses travaux ont contribué à déplacer le regard depuis l’individu isolé vers les formes de communication et les contextes relationnels.
Avec plusieurs chercheurs, il a notamment étudié les paradoxes de communication.
Le concept historique de « double contrainte » ou « double bind » désigne une situation dans laquelle une personne reçoit des messages contradictoires à différents niveaux et ne peut ni résoudre la contradiction ni quitter facilement la relation.
Cette hypothèse a exercé une influence importante sur l’histoire de la thérapie familiale. Elle ne doit toutefois pas être interprétée aujourd’hui comme une explication unique de la schizophrénie.
L’École de Palo Alto
Le Mental Research Institute de Palo Alto a été fondé par Don D. Jackson en 1959.
Il est devenu l’un des principaux lieux de recherche et de développement des approches interactionnelles, systémiques, familiales et brèves.
Parmi les figures qui ont participé à cette aventure figurent notamment Gregory Bateson, Don D. Jackson, Virginia Satir, Jay Haley, John Weakland, Richard Fisch et Paul Watzlawick.
Les chercheurs de Palo Alto se sont particulièrement intéressés à la communication et à la manière dont certaines tentatives répétées pour résoudre un problème pouvaient paradoxalement contribuer à le maintenir.
Cette idée est devenue centrale :
Le problème n’est pas toujours seulement la difficulté initiale. Il peut également être entretenu par les solutions qui sont répétées sans produire le résultat attendu.
Murray Bowen et la Famille comme unité émotionnelle
Murray Bowen a développé une théorie dans laquelle la famille est considérée comme une unité émotionnelle.
Il s’est notamment intéressé à la différenciation de soi, aux triangles relationnels, aux processus de transmission multigénérationnelle et à la manière dont l’anxiété circule dans les systèmes familiaux.
Sa théorie comprend huit concepts étroitement reliés.
Salvador Minuchin et l’approche structurale
Salvador Minuchin a développé la thérapie familiale structurale.
Cette approche observe l’organisation de la famille, ses sous-systèmes, ses frontières, ses hiérarchies, ses coalitions et la manière dont ses membres s’adaptent les uns aux autres.
L’intervention vise à rendre l’organisation familiale plus souple et plus fonctionnelle.
Les approches stratégiques
Jay Haley, Cloe Madanes, John Weakland, Richard Fisch et Paul Watzlawick ont contribué, selon des orientations différentes, au développement des thérapies stratégiques et brèves.
Ces approches s’intéressent particulièrement :
- aux interactions qui maintiennent le problème ;
- aux tentatives de solution répétitives ;
- aux objectifs concrets ;
- aux ressources disponibles ;
- aux expériences susceptibles d’interrompre la boucle problématique
L’École de Milan
Mara Selvini Palazzoli et son équipe ont développé à Milan un modèle systémique reposant notamment sur l’élaboration d’hypothèses, les questions circulaires et une position de neutralité ou, dans les évolutions ultérieures, de curiosité.
Cette approche a contribué à rendre visibles les jeux relationnels, les alliances, les règles et les croyances familiales.
Les approches contextuelles et transgénérationnelles
Ivan Boszormenyi-Nagy a développé une thérapie contextuelle accordant une place importante aux liens de loyauté, à l’éthique relationnelle, aux dettes symboliques, aux mérites et à l’équilibre entre ce qui est donné et reçu.
D’autres approches ont approfondi l’étude des transmissions familiales, des héritages relationnels, des mythes, des secrets et des répétitions entre générations.
Les approches narratives et orientées solutions
Les thérapies narratives, associées notamment à Michael White et David Epston, étudient la manière dont les récits dominants influencent la perception de soi et des relations.
Elles cherchent à distinguer la personne du problème et à faire émerger d’autres récits possibles.
Les thérapies orientées solutions, développées notamment par Steve de Shazer et Insoo Kim Berg, accordent une attention particulière aux exceptions, aux ressources, aux compétences et aux signes concrets d’amélioration.
Les principes fondamentaux de la Systémie
Malgré la diversité des écoles, plusieurs principes constituent le socle de la pensée systémique.
L’interdépendance
Dans un système, les éléments ne fonctionnent pas indépendamment.
Une modification chez l’un peut provoquer des ajustements chez les autres.
Lorsqu’une personne commence à poser de nouvelles limites, son entourage peut se sentir déstabilisé.
Lorsqu’un enfant gagne en autonomie, les parents doivent réorganiser leur place.
Lorsqu’un salarié cesse de compenser les défaillances d’un collègue, l’équilibre de l’équipe peut être momentanément perturbé.
Le changement d’une partie du système oblige souvent l’ensemble à se réorganiser.
La totalité
Un comportement prend une signification différente selon le contexte dans lequel il apparaît.
Le silence peut être une manière de se protéger, de punir, d’éviter un conflit, de retrouver du calme ou de respecter l’espace de l’autre.
La Systémie cherche donc à comprendre le comportement dans l’ensemble de la séquence et non à partir d’une interprétation isolée.
La circularité
Les comportements s’influencent mutuellement.
La question n’est plus seulement :
- « Qui provoque quoi ? »
Elle devient :
« Comment les réactions de chacun alimentent-elles la séquence ? »
La rétroaction
Une rétroaction correspond à l’effet produit par une action qui revient influencer le fonctionnement du système.
Certaines rétroactions réduisent les écarts et favorisent le retour à l’équilibre.
D’autres amplifient les changements.
Dans les systèmes humains, les réactions, les paroles, les silences, les émotions et les décisions servent continuellement d’informations aux autres membres.
L’homéostasie
L’homéostasie désigne la tendance d’un système à maintenir une certaine stabilité.
Cette stabilité n’est pas forcément confortable ou satisfaisante.
Une famille peut maintenir un équilibre fondé sur les disputes.
Un couple peut organiser sa relation autour de la dépendance et du retrait.
Une équipe peut fonctionner grâce à une personne qui compense constamment les dysfonctionnements.
Lorsqu’un changement menace cet équilibre, le système peut chercher à revenir à son organisation habituelle.
Cette résistance ne signifie pas nécessairement que les personnes refusent consciemment d’évoluer.
Elle peut correspondre à une tentative de préserver la cohérence, la sécurité ou la prévisibilité du système.
Le changement
La Systémie distingue souvent deux niveaux de changement.
Le changement de premier niveau modifie certains comportements sans transformer profondément l’organisation du système.
Le changement de second niveau modifie les règles, les positions ou la manière même dont le problème est construit.
Faire davantage d’efforts pour obtenir un résultat peut être un changement de premier niveau.
Comprendre que ces efforts alimentent le problème et adopter une logique différente peut constituer un changement de second niveau.
Le contexte
Un même comportement peut avoir des significations différentes selon :
- la relation ;
- l’époque ;
- la culture ;
- la situation ;
- l’histoire du système ;
- les contraintes économiques ;
- les rapports de pouvoir ;
- le niveau de sécurité ;
- le cycle de vie traversé.
La Systémie replace donc toujours les comportements dans leur contexte.
Les règles implicites
Les systèmes développent des règles parfois clairement exprimées et parfois totalement implicites.
Par exemple :
- il ne faut pas parler des conflits ;
- il faut toujours rester fort ;
- les besoins du groupe passent avant les besoins individuels ;
- les émotions ne doivent pas être montrées ;
- il est interdit de réussir davantage que les parents ;
- les problèmes familiaux ne doivent jamais sortir de la famille ;
- la paix doit être maintenue à tout prix ;
- certaines personnes doivent prendre soin de toutes les autres.
Ces règles peuvent organiser durablement les relations sans être consciemment identifiées.
Les frontières
Les frontières définissent les relations entre les personnes, les sous-groupes et l’environnement extérieur.
Elles peuvent être :
- trop rigides ;
- trop perméables ;
- confuses ;
- souples et suffisamment protectrices.
Dans une famille, il existe par exemple un sous-système conjugal, un sous-système parental et un sous-système fraternel.
Lorsque les frontières sont confuses, un enfant peut être entraîné dans les conflits du couple.
Lorsque les frontières sont trop rigides, les membres peuvent manquer de soutien ou de communication.
Les rôles
Les membres d’un système adoptent parfois des rôles relativement stables :
- le responsable ;
- le protecteur ;
- le médiateur ;
- le rebelle ;
- le malade ;
- le performant ;
- le silencieux ;
- le sauveur ;
- le bouc émissaire ;
- celui qui fait rire ;
- celui qui absorbe les tensions ;
- celui qui reste absent.
Ces rôles ne résument jamais la personne.
Ils décrivent une position relationnelle qui peut avoir été utile à un moment donné, puis devenir enfermante.
Les alliances, les coalitions et les triangles
Une alliance est un lien de coopération entre plusieurs membres.
Une coalition apparaît lorsque des personnes s’unissent, souvent implicitement, contre une autre.
Un triangle se forme lorsqu’une tension entre deux personnes implique une troisième personne.
Pour Bowen, le triangle constitue la plus petite structure relationnelle relativement stable capable d’absorber une tension importante.
Le triangle systémique ne doit pas être confondu avec le Triangle dramatique de Karpman utilisé en Analyse Transactionnelle.
La fonction du symptôme
Dans une lecture systémique, un symptôme peut parfois participer à l’équilibre d’un système.
Cela ne signifie pas que la personne choisit consciemment de souffrir.
Cela signifie que la difficulté peut avoir des conséquences relationnelles qui contribuent involontairement à maintenir une organisation.
La crise d’un enfant peut, par exemple, détourner l’attention d’un conflit conjugal.
L’épuisement d’une personne peut obliger un entourage à reconnaître des limites auparavant ignorées.
Une difficulté professionnelle peut maintenir une personne dans une proximité familiale rassurante.
La question devient alors :
« Que se passerait-il dans le système si le symptôme disparaissait ? »
Les tentatives de solution
Face à un problème, les personnes tentent naturellement de le résoudre.
Cependant, certaines solutions répétées peuvent renforcer le problème.
Par exemple :
- vérifier davantage une personne méfiante peut accroître sa dépendance ;
- rassurer continuellement une personne anxieuse peut renforcer son besoin de réassurance ;
- éviter chaque conflit peut rendre les désaccords de plus en plus menaçants ;
- contrôler un adolescent pour obtenir son autonomie peut intensifier son opposition ;
- travailler toujours davantage pour compenser un système défaillant peut empêcher l’organisation de se réformer.
La Systémie cherche alors à identifier ce qui est tenté, avec quelle intention et avec quels effets.
L’équifinalité et la multifinalité
Des situations de départ différentes peuvent conduire à des résultats semblables.
Inversement, des situations initiales comparables peuvent produire des évolutions très différentes.
La Systémie évite donc les interprétations automatiques.
Un même comportement ne possède pas une signification universelle.
Les grandes écoles de la Systémie
La Systémie n’est pas une méthode unique.
Elle rassemble plusieurs courants qui partagent une attention aux interactions et aux contextes, mais utilisent des concepts et des modalités d’intervention différents.
| Approche | Ce qu’elle observe principalement | Concepts importants | Orientation du travail |
|---|---|---|---|
| Interactionnelle – Palo Alto | Séquences de communication et tentatives de solution | Boucles, communication, paradoxe, rétroaction | Interrompre les mécanismes qui maintiennent le problème |
| Structurale | Organisation du système familial | Frontières, sous-systèmes, hiérarchie, coalitions | Réorganiser les relations et les positions |
| Stratégique | Fonctionnement actuel du problème | Stratégies, tâches, objectifs, règles | Produire une expérience corrective et concrète |
| Bowenienne | Système émotionnel familial | Différenciation, triangles, transmission multigénérationnelle | Se positionner plus clairement tout en restant en relation |
| Milanaise | Jeux relationnels et croyances du système | Hypothèses, circularité, questions circulaires | Faire émerger de nouvelles compréhensions |
| Contextuelle | Justice et éthique relationnelles | Loyautés, dettes, dons, légitimité | Restaurer une forme de confiance et d’équité |
| Narrative | Histoires qui organisent l’identité | Récits dominants, externalisation, exceptions | Construire des récits alternatifs |
| Orientée solutions | Ressources et changements déjà présents | Exceptions, échelles, futur préféré | Amplifier ce qui fonctionne |
| Écosystémique | Relations entre plusieurs niveaux de contexte | Famille, école, travail, institutions, culture | Coordonner les changements entre systèmes |
Les grands concepts de la Systémie
Le système, les sous-systèmes et le suprasystème
Un système peut contenir plusieurs sous-systèmes.
Une famille contient, par exemple :
- le couple ;
- le système parental ;
- la fratrie ;
- les relations entre chaque parent et chaque enfant.
Cette famille appartient elle-même à des systèmes plus larges :
- la famille élargie ;
- le quartier ;
- l’école ;
- l’environnement professionnel ;
- la culture ;
- les institutions ;
- la société.
La difficulté peut circuler entre plusieurs niveaux.
La Communication
Toute relation transmet des informations.
La communication ne se limite pas aux mots.
Le ton, le rythme, la distance, le regard, le silence, les gestes et la manière de répondre communiquent également.
Les approches de Palo Alto ont distingué le contenu d’un message et la dimension relationnelle de la communication.
Une phrase peut transmettre une information tout en indiquant simultanément la manière dont la relation doit être comprise.
La métacommunication
Métacommuniquer consiste à communiquer sur la manière dont nous sommes en train de communiquer.
Par exemple :
« J’ai l’impression que nous essayons tous les deux d’avoir raison et que nous n’écoutons plus ce que l’autre cherche réellement à dire. »
La métacommunication permet de quitter momentanément le contenu du conflit pour observer le processus relationnel.
L’interprétation des séquences
Chaque personne découpe la séquence relationnelle à partir de son propre point de vue.
L’une peut penser :
« Je me ferme parce qu’il me critique. »
L’autre peut penser :
« Je le critique parce qu’il se ferme. »
Chacun identifie le comportement de l’autre comme le début du problème.
La Systémie cherche à rendre visible la boucle complète.
La différenciation de soi
Dans la théorie de Bowen, la différenciation désigne la capacité à rester émotionnellement relié aux autres tout en conservant une pensée, une position et une responsabilité personnelles.
Une personne différenciée ne cherche pas nécessairement à s’éloigner.
Elle peut rester en relation sans être entièrement gouvernée par l’approbation, le rejet, la peur ou la pression émotionnelle du système.
Les loyautés
Les loyautés familiales peuvent prendre différentes formes.
Certaines sont clairement exprimées.
D’autres restent implicites.
Elles peuvent conduire une personne à :
- reproduire une trajectoire ;
- prendre soin d’un parent ;
- renoncer à une réussite ;
- maintenir un secret ;
- rester dans une position infantile ;
- ne pas dépasser un membre de la famille ;
- réparer symboliquement une injustice ancienne ;
- porter une souffrance qui ne lui appartient pas entièrement.
Le travail systémique ne cherche pas forcément à rompre les liens.
Il aide à distinguer la fidélité relationnelle de la répétition contraignante.
Le cycle de vie
Les systèmes traversent des étapes :
- formation du couple ;
- arrivée d’un enfant ;
- entrée à l’école ;
- adolescence ;
- départ des enfants ;
- retraite ;
- vieillissement ;
- deuil ;
- recomposition familiale ;
- maladie ;
- migration ;
- changement professionnel.
Chaque transition exige une réorganisation des rôles, des frontières et des attentes.
Une difficulté peut apparaître lorsqu’un système ne parvient pas à s’adapter à une nouvelle étape.
Les principaux outils de la Systémie
Les outils systémiques ne sont pas des recettes automatiques.
Ils permettent d’explorer les relations, de rendre visibles les boucles et d’ouvrir de nouvelles possibilités d’action.
Le génogramme
Le génogramme est une représentation graphique de la famille sur plusieurs générations.
Il permet de cartographier :
- les liens familiaux ;
- les séparations ;
- les décès ;
- les événements importants ;
- les répétitions ;
- les métiers ;
- les maladies ;
- les alliances ;
- les conflits ;
- les ruptures ;
- les transmissions ;
- les mythes et secrets familiaux.
Il ne sert pas à affirmer qu’un événement ancien explique automatiquement la difficulté actuelle.
Il aide à formuler des hypothèses et à replacer l’histoire individuelle dans un contexte relationnel plus large.
La cartographie systémique
La cartographie systémique représente les membres, les sous-systèmes, les acteurs extérieurs et leurs relations.
Elle peut faire apparaître :
- les personnes centrales ;
- les personnes périphériques ;
- les alliances ;
- les conflits ;
- les dépendances ;
- les ressources ;
- les relations interrompues ;
- les circuits d’information ;
- les zones de tension.
Les questions circulaires
Les questions circulaires explorent la manière dont chaque personne perçoit les interactions.
Par exemple :
- « Lorsque votre conjoint se retire, que faites-vous généralement ? »
- « Qui remarque en premier que la tension augmente ? »
- « Comment votre enfant réagit-il lorsque vous n’êtes pas d’accord ? »
- « Qui serait le plus surpris si le problème disparaissait ? »
- « Que penserait votre mère de la manière dont vous gérez cette situation ? »
Ces questions invitent à observer les relations depuis plusieurs points de vue.
La séquence interactionnelle
L’accompagnant peut reconstruire précisément la séquence :
- Que se passe-t-il en premier ?
- Qui réagit ?
- Comment ?
- Que fait alors l’autre personne ?
- Quel effet cette réaction produit-elle ?
- Comment la séquence se termine-t-elle ?
- Dans quelles circonstances recommence-t-elle ?
Cette analyse permet de transformer une difficulté vague en une boucle observable.
Le recadrage
Le recadrage consiste à proposer une autre signification possible à une situation.
Un comportement perçu comme une attaque peut également être compris comme une tentative maladroite d’obtenir de la sécurité.
Un retrait peut être interprété comme une manière de prévenir l’escalade.
Une hypervigilance peut être reconnue comme une ancienne stratégie de protection.
Le recadrage ne nie pas les effets problématiques du comportement.
Il permet de modifier la manière dont celui-ci est compris et d’ouvrir d’autres réponses.
L’externalisation
L’externalisation distingue la personne du problème.
Au lieu de dire :
« Il est anxieux »,
on peut explorer :
« Comment l’anxiété intervient-elle dans sa vie ? »
Au lieu de dire :
« Nous sommes un couple conflictuel »,
on peut demander :
« Comment le conflit parvient-il à prendre le contrôle de vos échanges ? »
Cette distinction limite l’enfermement identitaire.
Les exceptions
Les exceptions sont les moments où le problème aurait pu apparaître, mais ne s’est pas manifesté de la même manière.
Elles permettent de découvrir :
- ce qui était différent ;
- les ressources mobilisées ;
- les comportements utiles ;
- les contextes favorables ;
- les compétences déjà présentes.
Les échelles
Une personne peut être invitée à évaluer sa situation de 0 à 10.
La question ne porte pas seulement sur la note.
Elle permet d’explorer :
- ce qui empêche la situation d’être plus difficile ;
- ce qui a déjà été accompli ;
- ce qui ferait progresser d’un seul point ;
- les signes concrets d’une amélioration.
La sculpture familiale ou relationnelle
La sculpture utilise l’espace pour représenter les relations.
Les personnes peuvent se positionner en fonction de la proximité, de la distance, de l’orientation du corps ou de la place occupée.
Cet outil peut rendre visibles des expériences difficiles à exprimer uniquement avec des mots.
La mise en situation
Dans certaines approches, les membres sont invités à reproduire une interaction habituelle pendant la séance.
L’accompagnant peut alors observer le processus et proposer une autre manière d’interagir.
Les tâches et expériences
Une tâche peut inviter les personnes à essayer une modification précise entre les séances.
Il peut s’agir de :
- changer un moment de la séquence ;
- observer une interaction ;
- suspendre temporairement une tentative de solution ;
- tester une nouvelle limite ;
- créer un rituel ;
- organiser une conversation différente ;
- identifier les exceptions.
La tâche doit rester respectueuse, compréhensible, réaliste et adaptée à la sécurité des personnes.
Les objets et le travail symbolique
Des objets, des cartes, des figurines ou des images peuvent être utilisés pour représenter :
- les personnes ;
- les places ;
- les distances ;
- les ressources ;
- les obstacles ;
- les héritages ;
- les relations ;
- les futurs possibles.
Le travail symbolique facilite parfois une prise de recul lorsque la situation est émotionnellement chargée.
Pourquoi choisir une approche systémique ?
La Systémie devient particulièrement pertinente lorsqu’un problème semble inséparable de son contexte relationnel.
Elle peut être indiquée lorsque :
- les mêmes conflits se répètent ;
- chacun accuse l’autre d’être à l’origine du problème ;
- les tentatives de solution aggravent la situation ;
- une personne porte seule une difficulté qui concerne l’ensemble du système ;
- les rôles sont devenus rigides ;
- les limites sont difficiles à poser ;
- un changement individuel déstabilise l’entourage ;
- les relations familiales influencent fortement une décision ;
- une organisation reste prisonnière de dysfonctionnements récurrents ;
- une transition de vie exige une réorganisation.
Elle permet de passer d’une question centrée sur la faute à une question centrée sur le fonctionnement.
Au lieu de demander :
« Qui est le problème ? »
Elle propose :
« Comment le problème fonctionne-t-il entre nous et que pouvons-nous modifier ? »
Les bénéfices possibles de la Systémie
Une approche systémique peut aider à :
- prendre du recul sur une situation ;
- sortir des accusations réciproques ;
- comprendre les boucles de répétition ;
- identifier les règles implicites ;
- mieux définir les responsabilités ;
- assouplir les rôles ;
- restaurer des frontières plus protectrices ;
- améliorer la communication ;
- réduire certaines escalades ;
- repérer les ressources du système ;
- mieux traverser les transitions ;
- comprendre les loyautés ;
- retrouver une marge de choix ;
- expérimenter de nouvelles interactions ;
- consolider des changements plus durables.
Elle aide également à comprendre qu’une personne n’est pas nécessairement « le problème », même lorsqu’elle est celle qui manifeste le symptôme le plus visible.
À qui s’adresse la Systémie ?
Aux personnes accompagnées individuellement
La Systémie peut aider une personne qui souhaite comprendre :
- sa place dans sa famille ;
- ses difficultés relationnelles ;
- ses réactions dans le couple ;
- les répétitions professionnelles ;
- ses difficultés à poser des limites ;
- ses loyautés ;
- les conflits entre autonomie et appartenance ;
- les effets de son environnement sur ses décisions.
Aux Couples
Elle permet d’explorer :
- les cycles de conflit ;
- la poursuite et le retrait ;
- les attentes implicites ;
- les malentendus ;
- la répartition des rôles ;
- les frontières avec les familles d’origine ;
- les transitions ;
- les blessures relationnelles ;
- les difficultés de communication.
Aux Familles
Elle peut soutenir les familles confrontées à :
- des conflits répétés ;
- des difficultés éducatives ;
- l’adolescence ;
- une séparation ;
- une recomposition familiale ;
- une maladie ;
- un deuil ;
- un départ ;
- un changement important ;
- une rupture de communication.
Aux professionnels et aux organisations
La Systémie permet d’étudier :
- les circuits de décision ;
- les rôles ;
- les conflits d’équipe ;
- les relations hiérarchiques ;
- les zones de responsabilité floues ;
- les doubles contraintes ;
- les résistances au changement ;
- les mécanismes de compensation ;
- les injonctions contradictoires ;
- les interactions entre services.
Comment se déroule un accompagnement utilisant la Systémie ?
1. Clarifier la demande
La première étape consiste à comprendre :
- qui demande l’accompagnement ;
- pour quel problème ;
- depuis quand ;
- dans quel contexte ;
- avec quelles attentes ;
- qui est concerné ;
- qui souhaite que la situation change ;
- qui pourrait se sentir menacé par ce changement.
La demande initiale peut évoluer au fil du travail.
2. Identifier les systèmes concernés
L’accompagnant explore les différents environnements dans lesquels la difficulté apparaît :
- famille ;
- couple ;
- travail ;
- école ;
- réseau amical ;
- institutions ;
- contexte culturel ;
- événements de vie.
3. Cartographier les interactions
Il cherche à comprendre :
- qui interagit avec qui ;
- comment ;
- à quel moment ;
- avec quelles réactions ;
- quelles alliances se forment ;
- quelles informations circulent ;
- quelles informations sont retenues ;
- quelles positions restent figées.
4. Observer les tentatives de solution
L’accompagnant examine tout ce qui a déjà été tenté.
Il ne s’agit pas de juger ces efforts.
Les personnes ont généralement essayé de résoudre la situation avec les moyens dont elles disposaient.
Le travail consiste à repérer les solutions utiles, celles qui restent inefficaces et celles qui participent involontairement au maintien du problème.
5. Construire un objectif observable
L’objectif doit pouvoir être décrit concrètement.
Par exemple :
- interrompre une dispute avant l’escalade ;
- exprimer un désaccord sans rupture de communication ;
- rétablir une frontière entre le couple et les familles d’origine ;
- clarifier les responsabilités professionnelles ;
- permettre à un adolescent d’accéder progressivement à davantage d’autonomie ;
- cesser de répondre automatiquement à une provocation.
6. Introduire de nouvelles expériences
L’accompagnement peut utiliser :
- des questions circulaires ;
- un génogramme ;
- une cartographie ;
- un recadrage ;
- une mise en situation ;
- une tâche ;
- une modification des frontières ;
- une expérimentation relationnelle ;
- un travail symbolique ;
- une exploration des exceptions.
7. Observer les effets sur le système
Toute modification produit des réactions.
Le changement est donc évalué dans le temps.
L’objectif n’est pas seulement de réussir une action isolée, mais de vérifier si la nouvelle organisation devient progressivement plus soutenable.
8. Consolider l’autonomie
L’accompagnement vise à permettre aux personnes de reconnaître elles-mêmes leurs boucles relationnelles et de développer leurs propres capacités de régulation.
La Systémie en Coaching
Le coaching systémique ne se concentre pas uniquement sur les objectifs ou les compétences individuelles.
Il observe également les systèmes dans lesquels la personne agit.
Un professionnel peut posséder les compétences nécessaires et rester néanmoins bloqué par :
- une organisation contradictoire ;
- une hiérarchie floue ;
- des alliances implicites ;
- des attentes incompatibles ;
- une culture qui sanctionne l’initiative ;
- une équipe qui résiste au changement ;
- une loyauté envers un ancien rôle ;
- une surcharge entretenue par des mécanismes de compensation.
Le coaching systémique peut alors travailler simultanément sur :
- la position de la personne ;
- ses interactions ;
- ses marges de manœuvre ;
- les règles du système ;
- les acteurs concernés ;
- les conséquences possibles de chaque changement.
La Systémie dans le Couple
Le couple est un système dynamique.
Chaque partenaire apporte :
- son histoire ;
- ses modèles familiaux ;
- ses attentes ;
- ses peurs ;
- ses besoins ;
- ses stratégies de protection ;
- sa manière de gérer la proximité et la distance.
Le problème visible appartient rarement à une seule personne.
Il s’inscrit souvent dans une danse relationnelle répétitive.
L’approche systémique aide les partenaires à comprendre cette danse.
L’objectif n’est pas de déterminer lequel a raison.
Il est de permettre à chacun de reconnaître sa contribution au cycle, d’assumer sa responsabilité et de développer une manière différente de réagir.
La Systémie dans la Famille
Dans une famille, les difficultés peuvent être liées :
- aux étapes du cycle de vie ;
- aux places ;
- aux frontières ;
- aux alliances ;
- aux conflits de loyauté ;
- aux styles éducatifs ;
- aux transmissions ;
- aux événements traumatiques ;
- aux séparations ;
- aux recompositions ;
- aux changements sociaux ou professionnels.
L’approche systémique cherche à soutenir la famille sans réduire l’un de ses membres à son symptôme.
Elle s’intéresse aux compétences du système et à sa capacité de réorganisation.
La Systémie dans les organisations
Une entreprise ou une institution possède également :
- des frontières ;
- des sous-systèmes ;
- des règles ;
- des rôles ;
- une hiérarchie ;
- une culture ;
- des circuits d’information ;
- des mécanismes de régulation ;
- des mythes ;
- des zones de pouvoir.
Un dysfonctionnement individuel peut révéler un problème organisationnel plus large.
Un salarié présenté comme « résistant » peut être confronté à des injonctions incompatibles.
Un manager considéré comme trop contrôlant peut évoluer dans une organisation qui sanctionne toute erreur.
Une équipe dite démotivée peut ne disposer d’aucune autonomie réelle.
La lecture systémique évite d’individualiser excessivement les difficultés collectives.
Comment Coaching & Thérapies® utilise la Systémie
Chez Coaching & Thérapies®, la Systémie est intégrée dans une approche globale qui prend en compte :
- les comportements ;
- les émotions ;
- le corps ;
- les pensées ;
- les relations ;
- les mécanismes inconscients ;
- les systèmes d’appartenance ;
- les expériences de vie ;
- les ressources ;
- les processus de changement.
Elle peut être associée, selon les besoins, au Coaching, à l’Analyse Transactionnelle, à la PNL, à l’Hypnose, aux Thérapies Cognitives et Comportementales et à différents outils symboliques ou expérientiels.
La Systémie éclaire particulièrement :
- les Dynamiques Relationnelles® ;
- les Dynamiques Professionnelles® ;
- les Loyautés Invisibles® ;
- les places occupées dans les systèmes ;
- les triangles relationnels ;
- les rôles répétitifs ;
- les boucles de maintien ;
- les processus de Rééquilibrage® et de Transformation.
L’objectif n’est pas d’appliquer une méthode standardisée à toutes les personnes.
Il est de choisir les outils les plus adaptés à la situation, au rythme et aux objectifs de chacun.
Les erreurs les plus fréquentes dans l’utilisation de la Systémie
Chercher trop rapidement une fonction au symptôme
Un symptôme peut avoir des effets sur le système, mais il ne faut pas conclure automatiquement qu’il serait « utile » ou nécessaire à la famille.
Une telle interprétation peut être culpabilisante.
Oublier la souffrance individuelle
Observer le système ne doit pas conduire à minimiser la douleur d’une personne.
La dimension relationnelle et la dimension individuelle doivent pouvoir être pensées ensemble.
Confondre circularité et responsabilité égale
Les influences sont réciproques, mais les responsabilités ne sont pas toujours équivalentes.
Cette distinction est essentielle dans les situations de violence, de domination, d’abus ou d’emprise.
Transformer les hypothèses en vérités
Une lecture systémique produit des hypothèses de travail.
Elle ne permet pas de connaître avec certitude les intentions inconscientes de tous les membres d’une famille.
Ignorer les rapports de pouvoir
Tous les membres d’un système ne disposent pas des mêmes ressources, de la même autorité ou de la même liberté.
Le contexte social, économique, culturel et institutionnel doit être pris en compte.
Vouloir changer une personne sans anticiper les réactions du système
Un changement individuel peut modifier l’équilibre relationnel.
Il est utile d’anticiper les réactions possibles et de préparer la personne à maintenir sa nouvelle position.
Les idées reçues sur la Systémie
« Il faut obligatoirement venir avec toute sa famille »
Non.
Une lecture systémique peut être utilisée en séance individuelle.
« La Systémie considère que les parents sont responsables »
Non.
Elle étudie les interactions, les transmissions et les contextes sans chercher automatiquement un coupable.
« Le problème n’existe pas vraiment, il est seulement relationnel »
Non.
Une difficulté peut posséder des dimensions biologiques, psychologiques, sociales et relationnelles.
« Comprendre le système suffit pour changer »
Non.
La compréhension est utile, mais le changement nécessite souvent de nouvelles expériences et de nouveaux comportements.
« Tout le monde est également responsable »
Non.
La circularité des influences ne supprime ni la responsabilité personnelle ni la responsabilité juridique.
« La Systémie ne s’intéresse qu’aux familles »
Non.
Elle peut être appliquée aux couples, aux équipes, aux organisations, aux institutions et aux réseaux.
Les fondements scientifiques qui éclairent la Systémie
La thérapie systémique constitue aujourd’hui un ensemble diversifié de modèles psychothérapeutiques centrés sur les contextes sociaux et relationnels des difficultés psychologiques. Elle ne correspond pas à une technique unique et les résultats de recherche varient selon les populations, les indications et les modèles étudiés.
Les recherches sur les interventions familiales et systémiques montrent des effets intéressants dans plusieurs domaines, notamment certaines difficultés de l’enfant et de l’adolescent, les troubles liés à l’usage de substances, certains troubles du comportement et différentes problématiques familiales. Les conclusions doivent toutefois rester liées aux modèles précisément étudiés et ne pas être généralisées à toutes les pratiques se présentant comme systémiques.
Pour la dépression de l’adolescent, une revue systématique n’a pas conclu à une supériorité générale de la thérapie familiale sur les autres psychothérapies, même si elle a relevé des résultats favorables concernant les idées suicidaires. La qualité et la portée des preuves restent variables selon les études.
Une revue comparant la thérapie systémique à la TCC chez les enfants et adolescents souligne également la nécessité d’interpréter les résultats en fonction des troubles, des protocoles et de la qualité méthodologique des recherches disponibles.
Comme dans les autres formes de psychothérapie, la qualité de l’alliance joue un rôle important. Dans un accompagnement familial, cette alliance est complexe, car elle doit être construite avec plusieurs personnes qui peuvent avoir des objectifs, des attentes et des niveaux d’engagement différents.
La Systémie peut également être éclairée par plusieurs domaines de recherche :
- la psychologie sociale ;
- les théories de l’attachement ;
- les recherches sur la communication ;
- la psychologie du développement ;
- les sciences des organisations ;
- les travaux sur les dynamiques de groupe ;
- les études sur le stress familial ;
- les recherches sur la régulation émotionnelle ;
- les sciences de la complexité ;
- les travaux sur les réseaux sociaux et relationnels.
Ces fondements ne démontrent pas automatiquement l’efficacité de chaque outil systémique.
Ils offrent des connaissances permettant de mieux comprendre pourquoi les relations, les environnements, les rétroactions, les transitions et les conditions de sécurité peuvent influencer le fonctionnement humain.
La Systémie ne doit donc être présentée ni comme une explication universelle ni comme une méthode infaillible.
Elle constitue une grille de compréhension et un ensemble d’approches dont l’utilisation doit rester adaptée à la situation, à la demande, aux compétences du professionnel et aux connaissances scientifiques disponibles.
Tableau comparatif : Systémie, PNL, Hypnose, TCC et Analyse Transactionnelle
| Colonne 1 | Colonne 2 |
|---|---|
| Approche | Point d’attention principal | Question centrale | Outils fréquents | Orientation |
| Systémie | Relations, contextes et interactions | Comment le système maintient-il ou transforme-t-il la difficulté ? | Génogramme, questions circulaires, cartographie, recadrage | Modifier les boucles et les organisations relationnelles |
| PNL | Organisation subjective de l’expérience | Comment la personne construit-elle et modifie-t-elle son expérience ? | Ancrages, sous-modalités, recadrages, métamodèle | Développer de nouvelles stratégies |
| Hypnose | États de conscience et processus inconscients | Comment mobiliser autrement les ressources et les apprentissages ? | Inductions, suggestions, métaphores, phénomènes hypnotiques | Faciliter une expérience intérieure de changement |
| TCC | Pensées, émotions et comportements | Quels mécanismes maintiennent actuellement la difficulté ? | Analyse fonctionnelle, exposition, restructuration cognitive | Modifier les apprentissages et comportements problématiques |
| Analyse Transactionnelle | États du Moi et échanges relationnels | Depuis quelle position la personne pense-t-elle, ressent-elle et communique-t-elle ? | États du Moi, Transactions, Scénarios, Drivers | Développer conscience, autonomie et nouvelles permissions |
Ces approches ne s’excluent pas nécessairement.
Elles peuvent éclairer différents niveaux d’une même situation dans le cadre d’un accompagnement intégratif rigoureux.
Vous avez l’impression de revivre les mêmes difficultés relationnelles, familiales, conjugales ou professionnelles ?
Vous souhaitez comprendre les mécanismes qui se répètent et retrouver une marge de choix ?
Un accompagnement systémique peut vous aider à prendre du recul, à cartographier votre situation et à identifier les changements réellement possibles.
Vous pouvez réserver un {strong}échange découverte de 30 minutes{/strong} afin de faire le point sur votre situation, vos besoins et les formes d’accompagnement qui pourraient vous correspondre.
Questions fréquentes sur la Systémie
La Systémie est-elle une thérapie familiale ?
La thérapie familiale fait partie des grands domaines d’application de la Systémie.
Cependant, la pensée systémique peut également être utilisée en accompagnement individuel, en couple, en coaching et dans les organisations.
Peut-on travailler sur sa famille sans qu’elle soit présente ?
Oui.
La personne peut explorer ses relations, ses places, ses représentations, ses réactions et les boucles auxquelles elle participe.
Combien de séances sont nécessaires ?
La durée dépend de la demande, du contexte, du nombre de personnes impliquées, de l’ancienneté des difficultés et des objectifs.
Certaines approches sont brèves et ciblées.
D’autres accompagnements nécessitent davantage de temps.
La Systémie permet-elle de résoudre tous les conflits ?
Non.
Elle peut aider à comprendre et à modifier les mécanismes relationnels, mais elle ne peut pas garantir que toutes les personnes souhaiteront ou pourront transformer la relation.
Est-il nécessaire de connaître toute son histoire familiale ?
Non.
Le travail peut se concentrer sur les interactions actuelles.
L’histoire familiale est explorée lorsqu’elle apporte un éclairage utile.
La Systémie peut-elle être utilisée pour les problèmes professionnels ?
Oui.
Elle aide à comprendre les rôles, les alliances, les contraintes, les circuits d’information et les mécanismes organisationnels.
Quelle différence existe-t-il entre un conflit et une boucle systémique ?
Un conflit désigne un désaccord ou une opposition.
Une boucle systémique décrit la manière répétitive dont les réactions de chacun alimentent et maintiennent la situation.
Une personne peut-elle changer un système à elle seule ?
Une personne ne contrôle pas l’ensemble du système.
Elle peut néanmoins modifier sa propre participation à la boucle.
Cette modification oblige souvent les autres membres à s’ajuster, même si la direction de cet ajustement ne peut pas être entièrement prévue.
Poursuivre votre découverte de la Systémie
La Systémie ouvre un vaste champ d’exploration.
Pour approfondir progressivement cette approche, plusieurs familles d’articles peuvent être développées.
Comprendre les fondamentaux de la Systémie
- Qu’est-ce qu’un système humain ?
- Causalité linéaire et causalité circulaire
- Les boucles de rétroaction
- Homéostasie, régulation et changement
- Changement de niveau 1 et changement de niveau 2
- Les règles implicites dans les systèmes
- Les frontières et les sous-systèmes
- Les cycles de vie familiaux
- La communication selon l’École de Palo Alto
Découvrir les grands outils systémiques
- Le génogramme
- Les questions circulaires
- La cartographie systémique
- L’analyse des séquences interactionnelles
- Le recadrage systémique
- Les sculptures familiales
- Les prescriptions et tâches systémiques
- Les exceptions et les échelles
- Les objets flottants et le travail symbolique
Explorer les dynamiques familiales et relationnelles
- Les triangles relationnels
- Les alliances et coalitions
- Les places dans la famille
- Les loyautés familiales
- Les secrets et les mythes familiaux
- Les transmissions multigénérationnelles
- Les conflits entre appartenance et autonomie
- Les rôles familiaux
- Les familles recomposées
- Les relations avec les familles d’origine
Appliquer la Systémie aux différents domaines de vie
- La Systémie dans le couple
- La Systémie et l’éducation
- La Systémie au travail
- Le coaching systémique
- Les équipes et les organisations
- Les changements de vie
- Les séparations et recompositions familiales
- Les crises et transitions
- La communication dans les institutions
Relier la Systémie aux autres approches
- Systémie et Analyse Transactionnelle
- Systémie et PNL
- Systémie et Hypnose
- Systémie et Thérapies Cognitives et Comportementales
- Systémie et Théorie de l’attachement
- Systémie et Constellations familiales
- Systémie et Neurosciences
- Systémie et approche intégrative
Découvrir les modèles développés par Coaching & Thérapies®
- Les Dynamiques Relationnelles®
- Les Dynamiques Professionnelles®
- Les Loyautés Invisibles®
- Les Cinq Sphères de Transformation®
- Les Ressources & Ancres de Transformation®
- Les modèles de Rééquilibrage®
- Les modèles de Traversée®
- Les Modèles Symboliques de Fonctionnement®
Conclusion
La Systémie nous invite à changer de regard.
Elle nous rappelle qu’un comportement ne peut pas toujours être compris indépendamment des relations, des contextes et des réactions qu’il suscite.
Elle nous aide à voir que certaines difficultés sont entretenues par des boucles auxquelles chacun participe sans nécessairement en avoir conscience.
Elle permet de dépasser les explications uniquement centrées sur la personnalité, la volonté ou la faute.
Comprendre un système ne signifie pas nier l’individu.
Cela signifie reconnaître que chaque personne se construit, se protège, souffre, agit et évolue au sein de multiples relations.
La Systémie nous apprend à observer :
- ce qui relie ;
- ce qui sépare ;
- ce qui se répète ;
- ce qui régule ;
- ce qui enferme ;
- ce qui protège ;
- ce qui peut être transformé.
Elle ouvre ainsi un passage essentiel :
Observer les interactions → Comprendre les boucles → Identifier les règles → Modifier les positions → Expérimenter autrement → Transformer le système
Changer ne signifie pas nécessairement convaincre tous les autres de changer.
Le premier mouvement peut parfois consister à comprendre sa propre place, à reconnaître sa participation à une boucle et à introduire une réponse différente.
Cette modification, même modeste, peut commencer à transformer l’ensemble du système.
Et si vous faisiez un premier pas ?
Vous avez l’impression de revivre les mêmes difficultés relationnelles, familiales, conjugales ou professionnelles ?
Vous souhaitez comprendre les mécanismes qui se répètent et retrouver une marge de choix ?
Un accompagnement systémique peut vous aider à prendre du recul, à cartographier votre situation et à identifier les changements réellement possibles.
Vous pouvez réserver un échange découverte de 30 minutes afin de faire le point sur votre situation, vos besoins et les formes d’accompagnement qui pourraient vous correspondre.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement
















