PROCRASTINATION : quand vous reportez encore ce qui compte pourtant pour vous
Quand « je le ferai plus tard » commence à vous éloigner de ce que vous aimeriez réellement faire
EXTRAIT DE L’ARTICLE
Vous connaissez parfois exactement la tâche à faire. Vous avez le temps, les raisons et même parfois l’envie de vous y mettre. Pourtant, vous reportez. Vous réfléchissez encore, vous attendez de vous sentir prêt(e), vous vous occupez d’autre chose ou vous commencez lorsque l’urgence ne vous laisse plus le choix. Procrastiner ponctuellement est humain. La difficulté apparaît lorsque le report devient répétitif et commence à augmenter la pression, la culpabilité ou les occasions que vous laissez passer.
Quand vous savez ce que vous devriez faire… mais que vous le remettez encore à plus tard
Un dossier.
Un appel.
Une décision.
Une démarche administrative.
Un projet personnel.
Un message auquel répondre.
Une candidature.
Une conversation importante.
Vous savez :
« Il faudrait que je m’en occupe. »
Vous y pensez.
Puis :
« Je le ferai tout à l’heure. »
Ou :
« Demain, je serai plus disponible. »
« Je dois encore réfléchir. »
« Ce n’est pas le bon moment. »
« Je vais d’abord terminer autre chose. »
Le temps passe.
La tâche reste là.
Et progressivement :
ce qui pouvait être simplement fait commence à devenir de plus en plus lourd.
De quoi parle-t-on lorsque l’on procrastine ?
Reporter quelque chose n’est pas automatiquement procrastiner.
Vous pouvez parfaitement décider de repousser une tâche parce que :
une autre est plus importante,
vous manquez réellement de temps,
vous avez besoin d’informations,
vous êtes trop fatigué(e)
ou :
le moment choisi n’est effectivement pas adapté.
La procrastination désigne plutôt le fait de retarder volontairement une action prévue alors que vous savez que ce report risque de vous compliquer ensuite la situation. Cette définition est cohérente avec les travaux de Piers Steel et avec les recherches contemporaines sur l’autorégulation.
La difficulté n’est donc pas seulement de remettre à plus tard.
Elle apparaît davantage lorsque :
vous reportez alors que vous préféreriez vous-même avoir commencé ou terminé.
Procrastination, manque de motivation, fatigue ou difficulté d’organisation : ce n’est pas exactement la même chose
Manquer de motivation
Vous pouvez simplement :
ne pas avoir envie de faire quelque chose
et :
ne pas considérer cette tâche suffisamment importante pour vous y investir.
Être fatigué(e) ou épuisé(e)
Vous pouvez vouloir agir…
mais :
ne plus disposer réellement des ressources nécessaires.
ÉPUISEMENT : quand vous ne récupérez plus, même en vous arrêtant
Manquer d’organisation
Vous pouvez sous-estimer :
le temps nécessaire,
le nombre de tâches
ou :
les priorités.
Procrastiner
Vous savez souvent :
ce qui doit être fait,
que cela compte
et parfois même :
que reporter vous compliquera la situation.
Et pourtant :
vous repoussez quand même le moment d’agir.
Quels sont les signes que la procrastination prend trop de place ?
La procrastination devient particulièrement gênante lorsqu’elle commence régulièrement à influencer :
vos décisions,
vos projets,
vos délais,
votre tranquillité
ou :
la confiance que vous accordez à votre capacité à avancer.
Je reporte même ce qui compte vraiment pour moi
Ce n’est pas nécessairement une tâche sans importance.
Vous pouvez reporter :
un projet qui vous tient à cœur,
une démarche importante,
une décision
ou :
quelque chose que vous voulez réellement faire.
Et cela peut être particulièrement frustrant :
« Si c’est important pour moi, pourquoi est-ce que je ne le fais pas ? »
J’attends le bon moment
Vous vous dites :
« Quand je serai plus calme. »
« Quand j’aurai davantage de temps. »
« Quand je serai plus motivé(e). »
« Quand je serai vraiment prêt(e). »
Mais :
le moment parfaitement favorable peut continuer à reculer.
Je fais autre chose à la place
Vous devez commencer une tâche…
mais vous vous retrouvez à :
ranger,
répondre à d’autres messages,
chercher encore des informations,
vous occuper d’une tâche secondaire
ou :
faire quelque chose qui paraît soudain plus urgent.
Vous êtes actif(ve).
Mais :
pas sur ce qui comptait réellement.
Je prépare beaucoup… sans vraiment commencer
Vous pouvez :
faire des listes,
chercher la meilleure méthode,
préparer vos outils,
organiser,
réfléchir
ou :
attendre d’avoir une vision parfaitement claire.
La préparation devient alors parfois :
une manière de rester juste avant l’action.
Je commence lorsque l’urgence ne me laisse plus le choix
Le délai approche.
La pression augmente.
Et soudain :
vous agissez.
Vous pouvez même être capable de travailler :
vite,
intensément
et :
efficacement.
Mais avec :
davantage de stress,
moins de marge
et parfois :
un résultat moins satisfaisant que si vous aviez commencé plus tôt.
Je culpabilise après avoir reporté
Après le soulagement momentané peut arriver :
la frustration,
le regret,
la culpabilité
ou :
la critique envers vous-même.
Vous pouvez penser :
« Pourquoi est-ce que je fais encore ça ? »
Je recommence malgré les conséquences
Vous aviez promis :
« La prochaine fois, je m’y prendrai plus tôt. »
Et pourtant :
le même scénario réapparaît.
C’est souvent cette répétition qui transforme un simple report en véritable difficulté.
Tout ce que vous reportez n’est pas de la procrastination
C’est une nuance essentielle.
Vous pouvez objectivement avoir :
trop de choses à faire,
trop de responsabilités,
des priorités concurrentes,
une charge familiale importante,
une surcharge professionnelle,
un manque de sommeil
ou :
des ressources fortement diminuées.
Dans ces situations :
ne pas réussir à tout faire ne signifie pas nécessairement que vous procrastinez.
Il faut également regarder :
ce que votre situation vous demande réellement.
ÉPUISEMENT : quand vous ne récupérez plus, même en vous arrêtant
Quand reporter soulage sur le moment… mais augmente ensuite la pression
Reporter peut parfois produire quelque chose de très concret :
pendant quelques instants, vous n’avez plus à faire face à la tâche.
Vous pensez :
« Je m’en occuperai plus tard. »
Et la tension peut diminuer.
Mais la tâche n’a pas disparu.
Le temps disponible diminue.
L’échéance approche.
La pression revient.
Et elle peut être accompagnée de :
culpabilité,
stress,
doute
ou :
peur de ne plus réussir à terminer.
Les travaux de Fuschia Sirois et Timothy Pychyl montrent notamment l’importance de la régulation de l’humeur à court terme dans certains processus de procrastination : le report peut momentanément diminuer l’inconfort, tandis que les conséquences sont reportées sur le « soi futur ».
Ce cycle n’explique pas toutes les procrastinations.
Mais il permet de repérer une chose importante :
le report peut fonctionner à court terme tout en compliquant la situation à plus long terme.
D’autres difficultés peuvent apparaître avec la procrastination
Si vous reportez parce que vous doutez fortement de vous
Si vous cherchez surtout à éviter l’erreur ou l’imperfection
Si vous avez besoin de tout prévoir avant de commencer
Si vous restez bloqué(e) au moment de passer réellement à l’action
Si vous voulez comprendre plus précisément ce qui peut se jouer derrière la procrastination
La procrastination peut toucher plusieurs domaines de votre vie
Vous ne procrastinez pas nécessairement :
partout,
tout le temps
ou :
de la même manière.
Vous pouvez être parfaitement efficace dans certains domaines…
et beaucoup plus facilement reporter dans d’autres.
C’est pourquoi il peut être utile de regarder :
où la procrastination apparaît réellement dans votre vie.
MA VIE PERSONNELLE
Vous pouvez reporter :
prendre une décision pour vous,
commencer un projet personnel,
faire une démarche importante,
vous occuper de votre santé ou de votre équilibre,
changer une habitude
ou :
Vous pouvez organiser votre vie à partir de principes simples :
et vous engager dans quelque chose qui compte réellement pour vous.
CHOISIR MA VIE PERSONNELLE
et lorsque cette difficulté commence à freiner votre vie :
MA VIE DE COUPLE
Vous pouvez reporter :
une conversation nécessaire,
une décision,
l’expression d’un besoin,
une limite à poser,
une difficulté à regarder ensemble
ou :
une évolution de votre relation que vous savez pourtant importante.
MA VIE FAMILIALE
Vous pouvez remettre à plus tard :
une discussion familiale,
une démarche,
une décision,
une limite,
une organisation à modifier
ou :
une situation qui continue pourtant à peser sur vous.
MA VIE PROFESSIONNELLE
La procrastination peut concerner :
un dossier,
une candidature,
une prise de parole,
une décision professionnelle,
une demande,
un projet,
une recherche d’emploi
ou :
une évolution que vous envisagez depuis longtemps.
et
MA VIE SOCIALE
Vous pouvez reporter :
reprendre contact,
répondre à quelqu’un,
accepter ou refuser une invitation,
vous inscrire à une activité,
rencontrer de nouvelles personnes
ou :
prendre davantage votre place avec les autres.
Procrastiner ne signifie pas que vous êtes « procrastinateur »
Il peut être tentant de finir par vous dire :
« Je suis comme ça. »
« Je suis incapable de m’organiser. »
« Je fais toujours tout au dernier moment. »
« Je suis paresseux(se). »
Mais :
un comportement n’est pas une identité.
Vous pouvez procrastiner :
dans certaines situations,
avec certaines tâches,
à certaines périodes
ou :
lorsque certaines émotions ou certaines exigences apparaissent.
Vous pouvez également être :
très engagé(e),
très efficace
et :
très responsable
dans d’autres domaines.
Il est donc souvent plus utile de vous demander :
« Dans quelles situations est-ce que je procrastine ? »
plutôt que :
« Pourquoi suis-je comme ça ? »
Comprendre pourquoi vous procrastinez demande parfois d’aller un peu plus loin
La procrastination n’a pas nécessairement :
une seule cause.
Chez certaines personnes, reporter permet surtout d’éviter :
une émotion désagréable.
Chez d’autres :
une possibilité d’échec,
une erreur,
un jugement
ou :
une situation d’incertitude.
Chez d’autres encore :
l’objectif lui-même est devenu flou
ou :
ne correspond plus réellement à ce qu’elles veulent.
La bonne question n’est donc pas seulement :
« Comment arrêter de procrastiner ? »
Elle peut être :
« Qu’est-ce qui se passe en moi précisément lorsque je devrais commencer ? »
Pour approfondir cette question :
PROCRASTINATION : pourquoi vous repoussez ce que vous devriez faire
Quand la procrastination devient un schéma répétitif
Une difficulté peut devenir particulièrement frustrante lorsque vous avez déjà :
compris,
pris de bonnes résolutions,
essayé de mieux vous organiser
ou :
promis que la prochaine fois serait différente.
Vous savez ce qui se passe.
Et pourtant :
vous recommencez.
Dans ce cas, la procrastination peut s’inscrire dans un fonctionnement plus large où :
vous évitez,
vous reportez,
vous vous mettez sous pression,
vous agissez finalement dans l’urgence
puis :
vous vous reprochez d’avoir recommencé.
Lorsque cette répétition devient centrale, vous pouvez également explorer :
Pourquoi vous répétez toujours les mêmes situations, même quand vous comprenez
Répétitions et rechutes : pourquoi vous retombez toujours dans les mêmes schémas
FAQ — PROCRASTINATION
Procrastiner signifie-t-il être paresseux(se) ?
Non.
La paresse suppose plutôt :
ne pas souhaiter faire l’effort.
La procrastination peut au contraire apparaître alors que vous voulez réellement :
agir,
réussir
ou :
terminer.
Pourquoi est-ce que je procrastine surtout sur les choses importantes ?
Parce que plus une tâche compte, plus elle peut parfois être associée à :
une attente,
une responsabilité,
un risque d’échec,
une possibilité de jugement
ou :
une forte pression intérieure.
Son importance peut donc paradoxalement rendre :
le passage à l’action plus difficile.
Pourquoi est-ce que j’arrive à faire beaucoup de choses… sauf celle que je devrais faire ?
Parce que la procrastination n’est pas nécessairement :
de l’inactivité.
Vous pouvez être très occupé(e)…
tout en évitant précisément :
la tâche qui vous met le plus en tension.
Pourquoi est-ce que je travaille mieux au dernier moment ?
L’urgence peut supprimer temporairement :
certaines hésitations,
certaines alternatives
ou :
la possibilité de continuer à reporter.
Vous devez alors agir.
Mais réussir à fonctionner dans l’urgence ne signifie pas nécessairement :
que l’urgence soit votre meilleure manière de fonctionner.
Le perfectionnisme peut-il provoquer de la procrastination ?
Oui.
Lorsque vous pensez devoir :
être parfaitement prêt(e),
ne pas vous tromper,
produire un résultat irréprochable
ou :
tout prévoir avant de commencer,
l’action peut devenir tellement exigeante que :
vous la repoussez.
Est-ce que mieux m’organiser suffit pour arrêter de procrastiner ?
Parfois : oui.
Si votre difficulté vient principalement :
d’une mauvaise estimation du temps,
d’un manque de priorités
ou :
d’une organisation insuffisante.
Mais si vous savez parfaitement :
quoi faire
et :
comment le faire
et que vous reportez malgré tout,
l’organisation ne constitue peut-être pas toute l’explication.
Est-ce que la procrastination peut réellement changer ?
Oui.
Mais le changement devient souvent plus pertinent lorsque vous identifiez :
ce que vous reportez,
dans quelles situations,
ce que vous ressentez juste avant
et :
ce que le report vous permet momentanément d’éviter.
Le regard du Coach & Thérapeute
Lorsque quelqu’un me dit :
« Je procrastine. »
je ne cherche pas immédiatement à lui donner :
une meilleure liste,
un meilleur agenda,
une méthode de productivité
ou :
une technique supplémentaire pour se forcer à agir.
Je cherche d’abord à comprendre :
« Sur quoi procrastinez-vous ? »
Parce que vous pouvez parfaitement :
ne jamais procrastiner pour aider quelqu’un
mais :
reporter longtemps ce qui concerne vos propres besoins.
Vous pouvez être très performant(e) professionnellement…
et reporter constamment certaines décisions personnelles.
Vous pouvez commencer facilement…
mais ne jamais terminer.
Ou préparer énormément :
sans jamais réellement commencer.
Ce qui m’intéresse est donc moins :
« Êtes-vous procrastinateur ? »
que :
« Qu’est-ce qui se passe précisément au moment où vous reportez ? »
C’est souvent là que se trouve :
la véritable cible du travail.
Et vous ?
Lorsque vous pensez à ce que vous reportez actuellement :
Qu’est-ce que vous savez déjà devoir faire ?
Depuis combien de temps le reportez-vous ?
Qu’attendez-vous avant de commencer ?
Que faites-vous à la place ?
Que ressentez-vous lorsque vous pensez à cette tâche ?
Que ressentez-vous juste après avoir décidé de la reporter ?
Quelles conséquences ce report commence-t-il à avoir ?
Et si vous ne la reportiez plus : qu’est-ce que cela pourrait changer pour vous ?
Ces questions ne servent pas à :
vous culpabiliser.
Elles permettent plutôt de commencer à distinguer :
ce que vous voulez réellement faire
de :
ce qui continue à vous retenir.
Et dans quels Domaines de Vie en ressentez-vous aujourd’hui les effets ?
Votre vie professionnelle ?
Votre vie personnelle ?
Votre vie de couple ?
Votre vie familiale ?
Votre vie sociale ?
Commencer par observer cela permet déjà de mieux situer
la place que la procrastination prend aujourd’hui dans votre vie.
Pour aller plus loin
Comprendre davantage la procrastination
Lorsque commencer devient le principal obstacle
Lorsque le perfectionnisme prend trop de place
Lorsque le besoin de tout maîtriser vous retient
Lorsque le même fonctionnement revient malgré vos efforts
MES DOMAINES DE VIE
Faites le premier pas
Vous savez peut-être déjà :
ce que vous reportez.
Mais vous ne savez pas nécessairement encore :
pourquoi cette situation continue,
ce qui vous retient réellement
ou :
sur quoi agir en priorité.
Un premier échange peut permettre de clarifier :
ce que vous vivez,
les situations dans lesquelles vous procrastinez,
ce qui semble déclencher le report
et :
la direction la plus pertinente pour avancer.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
20 min — Gratuit — Confidentiel — Sans engagement
Quelques références scientifiques & auteurs
Piers Steel — travaux de référence sur la procrastination, l’autorégulation et les facteurs associés au report volontaire de l’action.
Steel, P. (2007). The Nature of Procrastination: A Meta-Analytic and Theoretical Review of Quintessential Self-Regulatory Failure. Psychological Bulletin, 133(1), 65–94.
Fuschia Sirois et Timothy Pychyl — travaux sur la procrastination comme difficulté d’autorégulation impliquant notamment la gestion à court terme des émotions et ses conséquences pour le « soi futur ».
Sirois, F. M. & Pychyl, T. A. (2013). Procrastination and the Priority of Short-Term Mood Regulation: Consequences for Future Self. Social and Personality Psychology Compass, 7(2), 115–127.