PERFECTIONNISME : quand rien n’est jamais assez bien
Quand l’exigence devient si forte que ce que vous faites ne vous semble jamais vraiment suffisant
EXTRAIT DE L’ARTICLE
Vous aimez bien faire. Vous êtes attentif(ve), consciencieux(se), exigeant(e) et vous pouvez consacrer beaucoup d’énergie à produire quelque chose dont vous soyez satisfait(e). Mais lorsque rien ne semble jamais tout à fait assez bien, cette exigence peut progressivement devenir une source de pression. Vous vérifiez, corrigez, recommencez, doutez du résultat ou retardez parfois le moment de terminer. Le perfectionnisme ne consiste pas simplement à rechercher la qualité : la difficulté apparaît lorsque l’erreur devient difficile à accepter et que votre tranquillité, votre confiance ou votre capacité à agir commencent à dépendre de la qualité de ce que vous faites.
Quand bien faire ne suffit jamais vraiment
Vous avez terminé.
Mais vous regardez encore.
Vous corrigez.
Vous améliorez.
Vous vérifiez.
Et vous vous demandez :
« Est-ce vraiment assez bien ? »
Quelqu’un vous félicite.
Vous remarquez pourtant :
ce qui aurait pu être mieux.
Vous atteignez votre objectif.
Mais vous pensez déjà :
à ce que vous auriez dû faire autrement.
Vous commencez quelque chose.
Et avant même d’avancer, vous imaginez :
le niveau qu’il faudrait atteindre.
Progressivement :
faire correctement ne suffit plus toujours à vous rassurer.
Il faudrait :
faire mieux,
ne rien oublier,
éviter l’erreur,
ne pas décevoir
ou :
atteindre exactement le résultat que vous aviez imaginé.
De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de perfectionnisme ?
Vouloir bien faire n’est pas un problème.
Rechercher :
la qualité,
la précision,
la progression,
la compétence
ou :
un travail soigné
peut être parfaitement constructif.
La difficulté apparaît davantage lorsque vos standards deviennent tellement exigeants que :
l’erreur paraît difficilement acceptable,
le résultat reste rarement satisfaisant,
vous avez du mal à arrêter ou à considérer quelque chose comme terminé,
vous vous jugez durement lorsque vous n’atteignez pas vos attentes
ou :
vous évitez parfois certaines situations par peur de ne pas être à la hauteur.
La difficulté n’est donc pas simplement de vouloir bien faire.
Elle apparaît davantage lorsque :
vous avez besoin que ce soit suffisamment parfait pour pouvoir enfin vous sentir satisfait(e), rassuré(e) ou légitime.
Perfectionnisme, exigence, conscience professionnelle ou recherche de qualité : ce n’est pas exactement la même chose
Être exigeant(e)
Vous pouvez avoir :
des standards élevés
et :
chercher à progresser.
Mais vous pouvez également accepter :
qu’un résultat soit bon sans être parfait.
Être consciencieux(se)
Vous aimez :
tenir vos engagements,
faire les choses sérieusement,
être fiable
et :
aller au bout de ce que vous entreprenez.
Cela ne signifie pas nécessairement que vous exigez :
l’absence totale d’erreur.
Rechercher la qualité
Vous cherchez :
un résultat satisfaisant.
Vous améliorez ce qui mérite de l’être.
Puis :
vous pouvez considérer que c’est terminé.
Être pris(e) dans le perfectionnisme
Vous pouvez avoir davantage de mal à déterminer :
quand c’est suffisant.
Vous voyez encore :
ce qui manque,
ce qui pourrait être amélioré,
ce qui n’est pas exactement comme prévu
ou :
ce que quelqu’un pourrait critiquer.
Et parfois :
la recherche du meilleur empêche de reconnaître ce qui est déjà suffisamment bien.
Quels sont les signes que le perfectionnisme prend trop de place ?
Le perfectionnisme peut commencer à devenir pesant lorsqu’il influence régulièrement :
votre manière d’agir,
votre confiance,
vos décisions,
votre capacité à terminer
ou :
la satisfaction que vous ressentez après avoir réussi.
Je vois d’abord ce qui pourrait être mieux
Vous avez fait beaucoup.
Mais votre attention se porte immédiatement sur :
l’imperfection,
le détail oublié,
ce qui manque
ou :
ce que vous auriez pu mieux faire.
Le résultat peut être objectivement bon.
Et pourtant :
vous voyez d’abord l’écart avec ce que vous aviez imaginé.
Je vérifie encore
Vous relisez.
Vous contrôlez.
Vous corrigez.
Vous recommencez.
Vous demandez parfois :
« Tu es sûr(e) que c’est bien ? »
La vérification peut vous rassurer momentanément.
Mais :
le doute peut rapidement revenir.
J’ai du mal à considérer quelque chose comme terminé
Vous pourriez vous arrêter.
Mais vous pensez :
« Encore une petite correction. »
Puis une autre.
Et parfois encore une.
La difficulté devient alors :
savoir quand le résultat est suffisamment bon pour pouvoir lâcher.
Je repousse parfois parce que je veux être prêt(e)
Si vous ne pouvez pas :
bien faire,
tout prévoir
ou :
vous sentir suffisamment préparé(e),
vous pouvez retarder le moment de commencer.
Pourquoi vous bloquez avant de commencer
L’erreur me coûte beaucoup
Une erreur peut devenir :
une preuve que vous n’avez pas été assez attentif(ve),
que vous auriez dû faire mieux
ou :
que les autres pourraient vous juger.
L’erreur ne concerne alors plus seulement :
ce que vous avez fait.
Elle peut parfois sembler toucher :
ce que vous valez.
Les compliments ne suffisent pas toujours à me rassurer
Quelqu’un vous dit :
« C’est très bien. »
Vous pouvez répondre intérieurement :
« Oui, mais… »
Puis remarquer :
ce qui manque,
ce qui aurait pu être meilleur
ou :
ce qui n’est pas exactement comme vous le souhaitiez.
Je me mets continuellement la barre plus haut
Vous atteignez un objectif.
Puis :
le niveau attendu augmente.
Ce qui était hier :
une réussite
devient aujourd’hui :
le minimum attendu.
Et vous pouvez avoir l’impression que :
rien ne vous permet réellement d’arriver au sentiment : « C’est assez. »
Vouloir bien faire n’est pas du perfectionnisme
C’est une nuance essentielle.
Vous pouvez :
aimer le travail bien fait,
être exigeant(e),
avoir de l’ambition,
viser l’excellence
et :
rechercher la qualité
sans être prisonnier(ère) du perfectionnisme.
La différence se situe souvent moins dans :
le niveau de vos exigences
que dans :
ce qui se passe en vous lorsque vous ne les atteignez pas.
Pouvez-vous :
corriger sans vous dévaloriser ?
apprendre d’une erreur ?
livrer quelque chose d’imparfait mais suffisant ?
reconnaître ce que vous avez réussi ?
Ou chaque imperfection déclenche-t-elle :
doute,
tension,
culpabilité,
honte
ou :
forte autocritique ?
Quand le perfectionnisme devient un schéma répétitif
Le perfectionnisme peut parfois fonctionner comme :
une tentative de diminuer le risque d’erreur, de critique ou de déception.
Une tâche apparaît.
Vous voulez :
bien faire.
Puis une inquiétude peut apparaître :
« Et si je me trompais ? »
« Et si ce n’était pas assez bien ? »
« Et si quelqu’un voyait ce qui ne va pas ? »
Vous augmentez alors :
vos exigences,
vos vérifications,
vos corrections
ou :
votre contrôle.
Cela peut momentanément vous rassurer.
Mais la prochaine fois :
le même niveau d’exigence revient.
Parfois :
il augmente encore.
Le paradoxe peut devenir :
plus vous cherchez à vous rassurer par la perfection, plus l’imperfection devient difficile à tolérer.
Lorsque cette répétition devient centrale, vous pouvez également explorer :
Pourquoi vous répétez toujours les mêmes situations, même quand vous comprenez
D’autres difficultés peuvent apparaître avec le perfectionnisme
Si vous doutez fortement de votre valeur ou de vos capacités
Si vous avez besoin de tout prévoir et maîtriser
Si vous reportez parce que vous ne vous sentez jamais suffisamment prêt(e)
Si la pression devient presque permanente
Si vos exigences finissent par épuiser vos ressources
Le perfectionnisme peut toucher plusieurs Domaines de votre Vie
Vous pouvez être :
très souple dans certains domaines
et :
extrêmement exigeant(e) dans d’autres.
MA VIE PERSONNELLE
Vous pouvez vouloir :
prendre toujours la bonne décision,
avoir parfaitement organisé votre quotidien,
réussir ce que vous entreprenez
ou :
devenir la version de vous-même que vous pensez devoir être.
Lorsque cette difficulté commence à freiner votre vie :
MA VIE DE COUPLE
Vous pouvez chercher à :
être le ou la partenaire idéal(e),
éviter les erreurs,
faire parfaitement fonctionner la relation
ou :
attendre beaucoup de vous-même, de l’autre ou du couple.
MA VIE FAMILIALE
Vous pouvez avoir l’impression de devoir :
être le parent parfait,
tout gérer,
ne décevoir personne
ou :
toujours faire ce qu’il faut.
MA VIE PROFESSIONNELLE
Le perfectionnisme peut apparaître lorsque vous devez :
rendre un travail,
prendre la parole,
prendre une décision,
déléguer,
montrer votre travail
ou :
accepter qu’une autre personne fasse différemment de vous.
MA VIE SOCIALE
Vous pouvez craindre :
de ne pas dire ce qu’il faut,
de ne pas donner la bonne image,
d’être jugé(e)
ou :
de ne pas être suffisamment intéressant(e), compétent(e) ou à votre place.
Être perfectionniste ne définit pas qui vous êtes
Il peut être tentant de dire :
« Je suis perfectionniste. »
Mais il peut être plus utile d’observer :
« Dans quelles situations ai-je besoin que tout soit particulièrement bien fait ? »
Car vous pouvez accepter une erreur :
chez les autres
mais très difficilement :
chez vous.
Vous pouvez tolérer l’imperfection :
dans votre vie personnelle
mais beaucoup moins :
dans votre travail.
Vous pouvez également connaître des périodes durant lesquelles votre exigence augmente fortement.
Le perfectionnisme décrit un fonctionnement.
Il ne résume pas :
qui vous êtes.
Ce que votre perfectionnisme peut chercher à protéger
Deux personnes peuvent toutes les deux se dire perfectionnistes :
et pourtant :
ne pas chercher à éviter la même chose.
Chez l’une :
« Si je fais parfaitement, on ne pourra pas me critiquer. »
Chez une autre :
« Si je réussis parfaitement, je prouverai que je suis à la hauteur. »
Chez une autre encore :
« Si je contrôle tout, je limiterai les mauvaises surprises. »
Ou :
« Si je ne fais pas d’erreur, je ne décevrai personne. »
Votre perfectionnisme peut ainsi être associé à :
la peur de l’erreur,
la peur du jugement,
le besoin de reconnaissance,
la peur de décevoir,
le doute sur votre valeur,
le besoin de contrôler
ou :
la difficulté à tolérer l’incertitude.
Cela ne signifie pas qu’il existe :
une seule cause cachée
qu’il suffirait de découvrir.
Mais cette question peut devenir plus utile que :
« Comment faire pour être moins perfectionniste ? »
Vous pouvez commencer par vous demander :
« Qu’est-ce qui devient si difficile pour moi lorsque ce n’est pas parfait ? »
FAQ — PERFECTIONNISME
Être perfectionniste signifie-t-il simplement être exigeant(e) ?
Non.
L’exigence peut être constructive.
La difficulté apparaît davantage lorsque :
l’erreur devient difficile à tolérer,
le résultat ne semble jamais suffisant
ou :
votre tranquillité dépend fortement de votre performance.
Peut-on être perfectionniste seulement dans certains domaines ?
Oui.
Vous pouvez être très souple dans certaines parties de votre vie et extrêmement exigeant(e) dans :
votre travail,
votre apparence,
vos études,
votre rôle de parent
ou :
vos relations.
Pourquoi le perfectionnisme peut-il conduire à procrastiner ?
Parce que commencer signifie parfois :
risquer de ne pas réussir parfaitement.
Vous pouvez alors :
préparer,
analyser,
attendre,
chercher davantage d’informations
ou :
reporter.
PROCRASTINATION : quand vous reportez encore ce qui compte pourtant pour vous
Pourquoi ai-je du mal à profiter de mes réussites ?
Parce que votre attention peut se déplacer très rapidement vers :
ce qui manque encore
ou :
le prochain niveau à atteindre.
Vous réussissez.
Mais votre référence change immédiatement.
Le perfectionnisme peut-il être utile ?
Certaines exigences peuvent soutenir :
la qualité,
l’investissement
et :
la progression.
La question est surtout de savoir si vos standards :
vous aident à avancer ou vous maintiennent constamment sous pression.
Le regard du Coach & Thérapeute
Lorsque quelqu’un me dit :
« Je suis perfectionniste. »
je ne cherche pas immédiatement à lui apprendre :
à faire moins bien.
Ce serait passer à côté de l’essentiel.
Je cherche plutôt à comprendre :
« Qu’est-ce qui devient difficile pour vous lorsque ce n’est pas parfait ? »
Est-ce :
l’erreur ?
le regard des autres ?
la critique ?
la peur de décevoir ?
le sentiment de ne pas être à la hauteur ?
l’incertitude ?
la perte de contrôle ?
Parce que le véritable problème n’est pas toujours :
l’exigence.
Il peut être :
ce que l’imperfection vient réveiller.
Et vous ?
Lorsque vous pensez à votre propre exigence :
Dans quels domaines avez-vous le plus besoin que les choses soient bien faites ?
Quand savez-vous qu’un résultat est suffisamment bon ?
Que ressentez-vous lorsque vous faites une erreur ?
Que vous dites-vous intérieurement lorsque vous n’atteignez pas votre niveau attendu ?
Pouvez-vous recevoir un compliment sans immédiatement ajouter « oui, mais… » ?
Qu’est-ce que vous craignez réellement si vous faites simplement suffisamment bien ?
Et peut-être surtout :
qu’est-ce qui changerait dans votre vie si l’imperfection devenait un peu moins menaçante ?
Et dans quels Domaines de Vie en ressentez-vous aujourd’hui les effets ?
Votre vie professionnelle ?
Votre vie personnelle ?
Votre vie de couple ?
Votre vie familiale ?
Votre vie sociale ?
Commencer par observer cela permet déjà de mieux situer :
la place que votre perfectionnisme prend aujourd’hui dans votre vie.
Pour aller plus loin
Comprendre plus précisément le lien entre perfectionnisme et contrôle
Lorsque commencer devient le principal obstacle
Lorsque le même fonctionnement revient malgré vos efforts
MES DOMAINES DE VIE
Faites le premier pas
Vous savez peut-être déjà :
que vous êtes très exigeant(e) avec vous-même.
Mais vous ne savez pas nécessairement encore :
pourquoi certaines erreurs sont si difficiles à accepter,
ce que vous essayez réellement d’éviter,
ce qui vous pousse continuellement à faire davantage
ou :
pourquoi réussir ne suffit pas toujours à vous rassurer.
Un premier échange peut permettre de clarifier :
ce que vous vivez,
les situations dans lesquelles votre perfectionnisme apparaît,
ce qu’il semble chercher à protéger
et :
la direction la plus pertinente pour avancer.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
20 min — Gratuit — Confidentiel — Sans engagement
Quelques références scientifiques & auteurs
Randy O. Frost — travaux de référence sur les différentes dimensions du perfectionnisme, notamment les préoccupations liées aux erreurs, les standards personnels et le doute concernant ses actions.
Frost, R. O., Marten, P., Lahart, C. & Rosenblate, R. (1990). The Dimensions of Perfectionism. Cognitive Therapy and Research, 14, 449–468.
Paul L. Hewitt et Gordon L. Flett — travaux de référence sur les dimensions personnelles et interpersonnelles du perfectionnisme, notamment les exigences envers soi, envers les autres et celles que l’on pense devoir satisfaire pour répondre aux attentes perçues.
Hewitt, P. L. & Flett, G. L. (1991). Perfectionism in the Self and Social Contexts: Conceptualization, Assessment, and Association With Psychopathology. Journal of Personality and Social Psychology, 60(3), 456–470.