REJET : quand votre perception du regard des autres vous fait douter de votre place
Quand un regard, un silence ou une distance peut suffire à vous faire douter d’être encore accepté(e)
EXTRAIT DE L’ARTICLE
Un silence, un regard, une réponse plus froide, une distance inhabituelle… et vous vous demandez immédiatement si quelque chose ne va pas. Lorsque votre perception du regard des autres prend beaucoup de place, vous pouvez rapidement douter de votre légitimité, de votre valeur ou de votre place dans la relation. Vous observez davantage, interprétez certains signaux, vous adaptez ou vous retirez parfois pour éviter d’être rejeté(e). Pourtant, ressentir du rejet ne signifie pas toujours qu’un rejet est réellement en train de se produire.
Quand un regard, un silence ou une distance vous fait immédiatement douter
Quelqu’un répond :
plus brièvement que d’habitude.
Une personne vous regarde différemment.
Vous n’êtes pas invité(e).
Un message reste sans réponse.
Quelqu’un paraît :
moins chaleureux.
Vous entrez dans un groupe et vous ne savez pas exactement :
comment vous êtes accueilli(e).
Très vite, une question peut apparaître :
« Est-ce qu’il y a quelque chose qui ne va pas avec moi ? »
Puis parfois :
« Est-ce qu’on ne veut pas vraiment de moi ici ? »
Vous observez davantage.
Vous repensez à ce que vous avez dit.
Vous cherchez :
le moment où quelque chose aurait pu changer.
Vous vous demandez si vous avez :
trop parlé,
pas assez parlé,
déplu,
dérangé,
fait quelque chose de travers
ou simplement :
pris une place que l’on ne voulait peut-être pas vous donner.
De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de rejet ?
Être rejeté fait partie des expériences relationnelles possibles.
Une personne peut réellement :
refuser une relation,
mettre de la distance,
ne pas vous choisir,
vous exclure,
désapprouver quelque chose
ou :
ne pas souhaiter poursuivre un lien.
Mais la difficulté dont nous parlons ici ne concerne pas uniquement :
le rejet réel.
Elle concerne aussi ce qui peut se passer lorsque votre attention devient particulièrement sensible :
aux signes possibles de rejet.
Un comportement ambigu peut alors prendre :
beaucoup de poids.
Vous ne savez pas ce que l’autre pense.
Mais votre esprit peut rapidement proposer une explication :
« Il ou elle ne m’apprécie plus. »
« Je dérange. »
« Je suis de trop. »
« Je n’ai pas ma place. »
Les travaux de Geraldine Downey et Scott I. Feldman ont notamment décrit la sensibilité au rejet comme une tendance à attendre anxieusement le rejet, à le percevoir plus facilement et à y réagir fortement. Leurs travaux montrent également que des comportements relationnels ambigus peuvent être plus facilement interprétés comme intentionnellement rejetants lorsque cette attente est déjà présente.
Rejet réel, perception du rejet, peur du rejet et manque d’estime de soi : ce n’est pas la même chose
Ces expériences peuvent se croiser.
Mais elles méritent d’être distinguées.
Le rejet réel
Quelqu’un :
vous refuse,
vous exclut,
rompt une relation,
vous écarte
ou :
exprime clairement qu’il ne souhaite pas poursuivre le lien.
Dans ce cas :
le rejet n’est pas simplement une interprétation.
La perception du rejet
La situation reste :
ambiguë.
Vous remarquez :
un silence,
un regard,
une réponse plus courte,
une distance,
un changement de ton.
Puis vous en déduisez :
« Je suis probablement rejeté(e). »
Cette interprétation peut être juste.
Mais elle peut aussi :
aller plus loin que ce que les faits permettent réellement de savoir.
La peur du rejet
Ici, le rejet :
n’a parfois même pas encore eu lieu.
Vous anticipez qu’il pourrait arriver.
Vous pouvez alors :
vous censurer,
vous adapter,
ne pas dire ce que vous pensez,
éviter de vous exposer
ou :
vous retirer avant de savoir ce que l’autre aurait réellement fait.
Le manque d’estime de soi
Le manque d’estime de soi concerne davantage :
la valeur que vous vous accordez.
Mais lorsque cette valeur est fragile, un signe de distance ou de désapprobation peut être plus facilement vécu comme :
une confirmation que vous valez moins ou que vous n’avez pas votre place.
MANQUE D’ESTIME DE SOI : quand vous avez du mal à reconnaître votre propre valeur
Quels sont les signes que la peur ou la perception du rejet prend trop de place ?
La difficulté devient particulièrement importante lorsque la possibilité d’être rejeté(e) commence à influencer régulièrement :
ce que vous pensez de vous,
la manière dont vous interprétez les autres,
ce que vous osez dire,
la place que vous prenez
ou :
la manière dont vous vous comportez dans vos relations.
Je remarque immédiatement les signes de distance
Une réponse plus courte.
Une personne moins disponible.
Un changement d’attitude.
Un silence inhabituel.
Votre attention se fixe rapidement sur :
ce qui pourrait signifier que le lien a changé.
J’interprète facilement un signal ambigu comme négatif
Vous ne savez pas réellement :
ce que l’autre pense.
Mais votre esprit cherche une explication.
Et cette explication peut rapidement devenir :
« C’est probablement à cause de moi. »
Je repasse les échanges dans ma tête
Après une conversation, vous pouvez vous demander :
« Est-ce que j’ai dit quelque chose qu’il ne fallait pas ? »
« Est-ce que j’ai été trop direct(e) ? »
« Est-ce que j’ai trop parlé ? »
« Est-ce que cette personne m’en veut ? »
Vous cherchez :
l’endroit où vous auriez pu perdre votre place.
J’ai besoin d’être rassuré(e) sur la relation
Vous pouvez chercher :
un message,
un signe d’affection,
une réponse,
une confirmation,
une invitation
ou :
une preuve que tout va toujours bien entre vous.
Le soulagement existe.
Mais parfois :
seulement jusqu’au prochain signe ambigu.
Je m’adapte beaucoup pour éviter de déplaire
Vous pouvez :
dire oui alors que vous préféreriez dire non,
éviter certains sujets,
retenir une opinion,
minimiser vos besoins,
vous montrer particulièrement disponible
ou :
essayer de devenir plus facilement acceptable.
Je me retire parfois avant que l’autre puisse me rejeter
Vous vous sentez moins bien accueilli(e).
Alors vous :
parlez moins,
prenez vos distances,
cessez de proposer,
vous refermez
ou :
quittez intérieurement la relation avant de savoir ce qui s’y passe réellement.
Une critique ou une exclusion peut remettre en question toute ma place
Ce n’est plus seulement :
« Cette personne n’est pas d’accord avec moi. »
Cela peut rapidement devenir :
« Je ne suis pas apprécié(e). »
Puis :
« Je ne suis probablement pas vraiment à ma place ici. »
Être sensible au regard des autres ne signifie pas que vous imaginez tout
Cette distinction est essentielle.
Parfois :
vous êtes réellement rejeté(e).
Une personne peut être :
froide,
excluante,
méprisante,
hostile
ou :
clairement désengagée.
Un groupe peut réellement :
vous laisser à l’écart.
Une relation peut réellement devenir :
moins investie.
L’objectif n’est donc pas de conclure :
« Tout est dans ma tête. »
Il est davantage de pouvoir différencier :
ce que j’observe réellement
de :
ce que j’en conclus immédiatement sur ma valeur ou ma place.
Car entre :
« Cette personne ne m’a pas répondu »
et :
« Cette personne ne veut plus de moi »
il existe parfois :
un espace d’incertitude.
Quand un signe ambigu devient une preuve que vous n’avez plus votre place
La sensibilité au rejet peut créer un cycle particulièrement difficile.
Vous remarquez :
un signal ambigu.
Vous vous demandez :
« Est-ce que je suis rejeté(e) ? »
Votre attention augmente.
Vous cherchez :
d’autres signes,
des explications,
des confirmations.
Vous pouvez ensuite :
vous adapter davantage,
demander à être rassuré(e)
ou au contraire :
vous retirer.
Cela peut vous soulager momentanément.
Mais cela peut aussi réduire les occasions :
d’obtenir une information plus claire
ou :
de vivre la relation plus spontanément.
UN REGARD • UN SILENCE • UNE DISTANCE • UN CHANGEMENT
↓
JE ME DEMANDE SI QUELQUE CHOSE NE VA PAS
↓
J’INTERPRÈTE POSSIBLEMENT CE SIGNAL COMME DU REJET
↓
JE DOUTE DE MA PLACE OU DE MA VALEUR
↓
JE SURVEILLE • JE ME RASSURE • JE M’ADAPTE • JE ME RETIRE
↓
JE SUIS MOMENTANÉMENT PROTÉGÉ(E)
↓
MAIS JE RESTE ATTENTIF(VE) AU PROCHAIN SIGNE
Le paradoxe peut devenir :
plus vous cherchez à éviter le rejet, plus votre attention peut rester organisée autour de sa possibilité.
D’autres difficultés peuvent apparaître avec le rejet
Si vous doutez surtout de votre propre valeur
Si vous surveillez continuellement les réactions des autres
Si vous anticipez sans cesse ce qui pourrait mal se passer
Si vous cherchez à être irréprochable pour éviter la critique
Si vous doutez surtout de votre capacité à agir ou à prendre votre place
Le rejet peut toucher plusieurs Domaines de votre Vie
MA VIE PERSONNELLE
Vous pouvez :
vous sentir facilement de trop,
douter de votre légitimité,
vous comparer
ou :
vous demander ce que vous devriez changer pour être davantage accepté(e).
Lorsque cette difficulté commence à freiner votre vie :
MA VIE DE COUPLE
Vous pouvez être particulièrement sensible :
aux silences,
à la distance,
aux changements d’attitude,
à une diminution des messages
ou :
à tout ce qui pourrait annoncer que l’autre s’éloigne.
MA VIE FAMILIALE
Vous pouvez vous demander :
si vous êtes suffisamment accepté(e),
si vous répondez aux attentes,
si votre différence dérange
ou :
si vous avez réellement le droit de prendre une autre place dans votre famille.
MA VIE PROFESSIONNELLE
Vous pouvez interpréter :
un retour,
une absence de réponse,
une décision,
un changement de comportement
ou :
le regard de votre hiérarchie ou de vos collègues
comme un signal que :
votre valeur ou votre place professionnelle est remise en question.
MA VIE SOCIALE
Vous pouvez :
vous demander si vous êtes intéressant(e),
observer les réactions,
craindre d’être exclu(e),
vous adapter fortement au groupe
ou :
prendre moins de place pour limiter le risque de ne pas être accepté(e).
Se sentir rejeté(e) ne définit pas votre valeur
Être rejeté(e) par quelqu’un :
ne signifie pas que vous êtes rejetable.
Ne pas correspondre :
aux attentes,
aux envies,
aux valeurs
ou :
aux choix d’une personne
ne constitue pas :
une mesure objective de votre valeur.
De même, ressentir très fortement :
la possibilité d’un rejet
ne signifie pas automatiquement :
que ce rejet est réellement en train de se produire.
Votre expérience mérite d’être entendue.
Mais elle peut aussi être interrogée :
« Qu’est-ce qui s’est réellement passé… et qu’est-ce que j’en ai conclu sur moi ? »
Ce qui peut entretenir la sensibilité au rejet
La sensibilité au rejet n’a pas :
une seule cause.
Elle peut être influencée par :
votre histoire relationnelle,
des expériences réelles d’exclusion,
des critiques répétées,
des relations instables,
votre estime de vous,
votre besoin d’appartenance
ou :
des périodes dans lesquelles votre sécurité relationnelle a été fragilisée.
Elle peut aussi être entretenue aujourd’hui lorsque vous :
surveillez fortement les réactions,
cherchez à être rassuré(e),
vous adaptez systématiquement,
évitez de montrer certaines facettes de vous
ou :
vous retirez avant d’avoir pu vérifier ce qui se passe réellement.
Les travaux de Mark R. Leary et de ses collaborateurs ont proposé que l’estime de soi puisse fonctionner en partie comme un indicateur de la perception d’acceptation ou d’exclusion sociale. Cela aide à comprendre pourquoi certaines expériences relationnelles peuvent toucher simultanément le sentiment d’appartenance et la valeur que l’on s’accorde.
La question peut alors devenir :
« Est-ce que j’observe seulement la relation… ou est-ce que j’utilise aussi chaque réaction de l’autre pour mesurer ma propre valeur ? »
FAQ — REJET
Ressentir du rejet signifie-t-il que je me trompe ?
Non.
Il existe :
de vrais rejets.
Mais un ressenti très fort ne permet pas toujours, à lui seul, de savoir :
ce que l’autre pense réellement.
Il peut être utile de distinguer :
les faits,
les indices
et :
l’interprétation que vous en faites.
Pourquoi un simple silence peut-il me toucher autant ?
Parce qu’un silence est :
ambigu.
Lorsque vous êtes particulièrement sensible au rejet, cette absence d’information peut rapidement être remplie par :
une hypothèse négative sur la relation ou sur vous-même.
Pourquoi ai-je besoin d’être autant rassuré(e) ?
Être rassuré(e) peut temporairement diminuer :
l’incertitude.
Mais lorsque votre sécurité relationnelle dépend de confirmations répétées :
un nouveau doute peut rapidement recréer le besoin de vérifier.
La peur du rejet peut-elle me pousser à m’effacer ?
Oui.
Vous pouvez parfois :
moins parler,
moins demander,
moins vous opposer,
moins montrer vos besoins
ou :
vous adapter davantage pour réduire le risque de déplaire.
Peut-on craindre le rejet tout en paraissant très sociable ?
Oui.
La peur du rejet ne se manifeste pas uniquement par :
le retrait.
Elle peut aussi conduire à :
plaire,
faire rire,
rendre service,
être particulièrement disponible
ou :
chercher activement les signes d’acceptation.
Est-ce forcément une blessure ou un trauma de rejet ?
Non.
Une sensibilité au rejet :
ne suffit pas à conclure à une blessure profonde ou à un traumatisme.
Lorsque votre histoire comporte des expériences relationnelles répétées ou marquantes, cette piste peut cependant mériter d’être explorée plus précisément.
Le regard du Coach & Thérapeute
Lorsque quelqu’un me dit :
« J’ai toujours l’impression qu’on ne veut pas de moi. »
je ne cherche pas immédiatement à lui répondre :
« Vous vous faites des idées. »
Mais je ne considère pas non plus automatiquement :
que chaque impression correspond exactement à ce que l’autre pense.
Je cherche plutôt à distinguer :
ce qui s’est réellement passé,
ce qui a été perçu,
ce qui a été interprété
et :
ce que cette interprétation déclenche ensuite.
Parce que deux questions très différentes peuvent être présentes :
« Est-ce que cette personne me rejette réellement ? »
et :
« Pourquoi l’incertitude sur son regard me fait-elle aussi rapidement douter de ma propre place ? »
Cette distinction évite :
de nier ce que vous ressentez
comme :
de transformer automatiquement chaque signal ambigu en preuve de rejet.
Et vous : que se passe-t-il lorsque vous pensez être rejeté(e) ?
Lorsque vous sentez que votre place est menacée, demandez-vous :
Quel fait précis ai-je observé ?
Qu’est-ce que j’en ai immédiatement conclu ?
Est-ce que je sais ce que l’autre pense… ou est-ce que je l’imagine ?
Qu’est-ce que cela me fait penser de moi ?
Est-ce que je cherche à être rassuré(e) ?
Est-ce que je m’adapte davantage ?
Est-ce que je me retire avant de savoir ce qui se passe réellement ?
Et peut-être surtout :
est-ce que la réaction de cette personne est devenue une mesure de la place que je m’autorise à prendre ?
Et dans quels Domaines de Vie en ressentez-vous aujourd’hui les effets ?
Votre vie professionnelle ?
Votre vie personnelle ?
Votre vie de couple ?
Votre vie familiale ?
Votre vie sociale ?
Commencer par observer cela permet déjà de mieux situer :
la place que la peur ou la perception du rejet prend aujourd’hui dans votre vie.
Pour aller plus loin
Si vous souhaitez comprendre la blessure de rejet
Si vous avez vécu des expériences de rejet particulièrement marquantes
Si vous vous effacez pour éviter de perdre le lien
Pour comprendre la place que le regard extérieur peut prendre dans vos choix
Si vous surveillez continuellement les réactions et les changements
MES DOMAINES DE VIE
Faites le premier pas
Vous savez peut-être déjà :
que le regard des autres prend beaucoup de place.
Mais vous ne savez pas nécessairement encore :
pourquoi certains signaux vous atteignent autant,
pourquoi une distance vous fait rapidement douter de votre place,
pourquoi vous vous adaptez ou vous retirez
ou :
ce qui continue aujourd’hui à entretenir cette peur du rejet.
Un premier échange peut permettre de clarifier :
ce que vous vivez,
les situations dans lesquelles cette difficulté apparaît,
les autres difficultés auxquelles elle peut être associée
et :
la direction la plus pertinente pour avancer.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
20 min — Gratuit — Confidentiel — Sans engagement
Quelques références scientifiques & auteurs
Downey, G. & Feldman, S. I. (1996). Implications of Rejection Sensitivity for Intimate Relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 70(6), 1327–1343.
Leary, M. R., Tambor, E. S., Terdal, S. K. & Downs, D. L. (1995). Self-Esteem as an Interpersonal Monitor: The Sociometer Hypothesis. Journal of Personality and Social Psychology, 68(3), 518–530.