Les Submodalités
Comprendre les caractéristiques de nos représentations pour modifier notre expérience
Fermez les yeux quelques instants et pensez à un souvenir agréable.
Une image apparaît peut-être.
Est-elle proche ou lointaine ?
Claire ou sombre ?
Fixe ou en mouvement ?
Voyez-vous la scène devant vous ou avez-vous l’impression d’être à l’intérieur ?
Peut-être entendez-vous également une voix, une musique ou certains sons.
Sont-ils forts ou faibles ? Proches ou éloignés ?
Et lorsque vous retrouvez ce souvenir, quelque chose se produit peut-être aussi dans votre corps : chaleur, détente, légèreté, énergie...
Nous ne faisons pas que nous souvenir d'une expérience.
Nous nous la représentons intérieurement d'une certaine manière.
La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) appelle Submodalités certaines des caractéristiques qui composent ces représentations internes.
Taille, distance, luminosité, mouvement, volume, localisation, intensité d'une sensation...
Ces caractéristiques peuvent paraître secondaires.
Pourtant, dans l'approche PNL, elles peuvent participer à la manière dont une expérience est subjectivement ressentie.
Modifier une représentation pourrait alors contribuer à modifier la relation que nous entretenons avec elle.
C'est le principe des Submodalités.
Qu'est-ce qu'une Submodalité en PNL ?
Pour comprendre les Submodalités, il faut d'abord revenir à la notion de modalité sensorielle.
Lorsque nous faisons l'expérience du monde, plusieurs systèmes sensoriels peuvent intervenir :
visuel — ce que nous voyons ;
auditif — ce que nous entendons ;
kinesthésique — ce que nous ressentons corporellement ;
ainsi que les dimensions olfactives et gustatives.
La PNL s'intéresse également à la manière dont ces dimensions participent à nos représentations internes.
Une Submodalité correspond alors à une caractéristique plus fine de l'une de ces modalités.
Par exemple :
VISUEL
Une image peut être :
claire ou sombre,
grande ou petite,
proche ou lointaine,
nette ou floue,
fixe ou en mouvement.
AUDITIF
Un son peut être :
fort ou faible,
proche ou éloigné,
rapide ou lent,
aigu ou grave,
localisé à droite, à gauche ou ailleurs.
KINESTHÉSIQUE
Une sensation peut notamment être décrite par :
son intensité,
sa localisation,
sa température,
sa pression,
son mouvement.
Les Submodalités constituent donc, dans le vocabulaire PNL, les propriétés fines attribuées à nos représentations sensorielles internes.
Modalités et Submodalités : quelle différence ?
La distinction est simple mais fondamentale.
La modalité répond à la question :
- Par quel canal l'expérience est-elle représentée ?
Par exemple : visuel, auditif ou kinesthésique.
La Submodalité répond plutôt à la question :
Quelles sont les caractéristiques de cette représentation ?
Ainsi :
VISUEL = modalité.
Lumineux, sombre, proche, lointain, grand, petit = caractéristiques que la PNL qualifie de Submodalités.
De même :
AUDITIF = modalité.
Fort, faible, aigu, grave, proche, lointain = Submodalités.
Cette distinction permet de comprendre pourquoi deux personnes peuvent penser au même type d'événement tout en en faisant une expérience intérieure très différente.
Une même expérience peut être représentée très différemment
Prenons un exemple.
Deux personnes pensent à une présentation professionnelle prévue la semaine suivante.
La première se représente mentalement :
une immense salle,
les visages du public très proches,
une image particulièrement nette,
et une voix intérieure forte disant :
- « Tu vas te tromper. »
La seconde imagine :
une scène plus éloignée,
une salle lumineuse,
un public relativement calme,
et entend intérieurement :
- « Je vais prendre mon temps. »
L'événement futur est pourtant le même :
prendre la parole devant un groupe.
Mais l'expérience intérieure anticipée peut être très différente.
La PNL s'intéresse précisément à cette structure subjective de la représentation.
Pourquoi les Submodalités intéressent-elles la PNL ?
La PNL part de l'hypothèse que la manière dont nous codons subjectivement une expérience participe à son impact.
Prenons un souvenir désagréable.
Si l'image associée est mentalement vécue comme :
immense,
très proche,
extrêmement lumineuse,
et accompagnée d'un son particulièrement fort,
l'expérience peut être différente de celle obtenue lorsque cette même représentation paraît :
plus petite,
plus éloignée,
moins contrastée,
et silencieuse.
Cela conduit à une proposition centrale dans le travail sur les Submodalités :
- modifier certaines caractéristiques d'une représentation peut contribuer à modifier l'expérience subjective qui lui est associée.
Il faut cependant immédiatement apporter une nuance importante.
Cela ne signifie pas que nous pouvons systématiquement transformer une émotion simplement en « réduisant une image ».
Nos expériences psychologiques sont beaucoup plus complexes.
Les principales Submodalités visuelles
Les Submodalités visuelles sont probablement les plus connues en PNL.
Lorsqu'une personne se représente mentalement une scène, différentes caractéristiques peuvent être explorées.
La taille
L'image est-elle :
petite,
grande,
ou semble-t-elle occuper tout l'espace mental ?
La distance
L'image paraît-elle :
très proche,
à quelques mètres,
ou extrêmement éloignée ?
La luminosité
Est-elle :
lumineuse,
sombre,
éclatante,
atténuée ?
La netteté
L'image est-elle :
très précise,
légèrement floue,
ou presque indistincte ?
La couleur
Est-elle :
en couleurs,
désaturée,
ou en noir et blanc ?
Le mouvement
Est-ce :
une photographie mentale fixe,
une scène en mouvement,
un déroulement rapide,
ou quelque chose qui semble presque figé ?
Ces caractéristiques peuvent varier considérablement d'une représentation à une autre.
Les principales Submodalités auditives
Nos représentations ne sont pas uniquement visuelles.
Nous pouvons également nous rappeler ou imaginer :
une voix,
une phrase,
une musique,
un bruit,
un ton particulier.
Les caractéristiques auditives peuvent notamment concerner :
le volume — fort ou faible ;
la tonalité — grave ou aiguë ;
le rythme — rapide ou lent ;
la distance — proche ou éloignée ;
la localisation — devant, derrière, à droite, à gauche ;
la qualité du son — clair, étouffé, métallique, doux...
Une phrase intérieure comme :
- « Tu n'y arriveras pas »
peut ainsi avoir un impact différent selon qu'elle semble hurler juste à côté de nous ou qu'elle apparaît comme une voix lointaine et peu audible.
Les Submodalités kinesthésiques
La dimension kinesthésique concerne davantage les sensations corporelles.
Une sensation peut avoir :
une localisation — ventre, poitrine, gorge, épaules... ;
une intensité ;
une température ;
une pression ;
une étendue ;
un mouvement ;
une évolution dans le temps.
Une personne peut par exemple décrire une tension comme :
« une boule très compacte au niveau du ventre »
ou :
« une chaleur qui monte progressivement dans la poitrine ».
Ces descriptions donnent accès à la manière dont l'expérience est subjectivement organisée.
Mais il est important de ne pas confondre ce travail avec l'étude scientifique de l'interoception, qui constitue un champ neuroscientifique distinct.
Pour cette dimension, voir notre article consacré à L'INTEROCEPTION.
Et l'odorat et le goût ?
Les dimensions olfactives et gustatives peuvent également participer à certaines représentations.
Une odeur peut notamment être caractérisée par :
son intensité,
son caractère agréable ou désagréable,
sa persistance.
De même, une représentation gustative peut posséder :
une intensité,
une saveur,
une durée,
une qualité particulière.
Ces dimensions sont souvent moins mises en avant dans les présentations classiques de la PNL, mais elles peuvent être particulièrement présentes dans certains souvenirs.
Une simple odeur peut parfois faire revenir une scène avec une remarquable vivacité.
Comment une modification de Submodalité peut-elle modifier l'expérience ?
Imaginons une personne qui anticipe une conversation difficile.
Elle se représente son interlocuteur :
très proche,
immense,
avec une expression sévère.
Elle entend également intérieurement sa voix très fortement.
Cette représentation participe peut-être à l'intensité de son anticipation.
Que se passe-t-il subjectivement si elle imagine progressivement la scène :
plus éloignée,
moins imposante,
avec un volume sonore moins important ?
L'émotion peut rester identique.
Elle peut diminuer.
Ou une autre sensation peut apparaître.
C'est précisément ce que cherche à explorer le travail sur les Submodalités :
- la relation entre certaines propriétés de la représentation et l'expérience subjective associée.
Les Submodalités ne sont pas universelles
C'est une précision essentielle.
On pourrait être tenté de construire des règles simples :
proche = intense ;
loin = moins intense ;
lumineux = agréable ;
sombre = désagréable.
Mais l'expérience subjective n'obéit pas nécessairement à un code universel aussi simple.
Une image très lumineuse peut être agréable pour une personne et agressive pour une autre.
Éloigner une représentation peut diminuer son impact dans certains cas, mais pas nécessairement dans tous.
L'intérêt n'est donc pas d'appliquer mécaniquement une grille.
Il est de comprendre comment une personne particulière organise une expérience particulière.
Submodalités et États Internes : deux notions différentes
Les Submodalités et les États Internes peuvent interagir, mais elles ne désignent pas la même chose.
Un État Interne correspond à la configuration intérieure depuis laquelle une personne vit une situation : calme, peur, confiance, tension, détermination...
Les Submodalités décrivent certaines caractéristiques des représentations qui participent à son expérience.
Une modification de représentation peut parfois influencer l'état.
Mais l'État Interne ne se réduit pas à une combinaison de Submodalités.
Pour approfondir cette distinction :
Submodalités et Ancrage : deux mécanismes différents
Même distinction avec Ancrage : créer et mobiliser un État Ressource
L'Ancrage porte sur l'association entre un stimulus et une expérience ou un état.
Les Submodalités portent sur les caractéristiques d'une représentation interne.
Dans certaines interventions, les deux peuvent être mobilisés ensemble.
Mais ils doivent rester conceptuellement distincts.
C'est pourquoi ils disposent chacun de leur propre article dans notre menu PNL.
Submodalités et Association / Dissociation
La distinction est ici particulièrement importante.
Association et Dissociation concernent la position depuis laquelle une expérience est vécue ou représentée.
Lorsque je revis une expérience comme si j'étais à l'intérieur, en regardant à travers mes propres yeux, la PNL parle généralement d'association.
Lorsque je peux davantage me voir dans la scène comme un observateur, elle parle de dissociation.
Cette caractéristique peut être étudiée dans le cadre d'un travail sur les représentations, mais Association/Dissociation constitue un sujet suffisamment important pour ne pas être réduit aux Submodalités.
Cette distinction est notamment essentielle dans certains travaux portant sur des expériences émotionnellement chargées.
Submodalités et Positions de Perception
Les Positions de Perception constituent encore un autre modèle.
Elles s'intéressent au point de vue depuis lequel une situation relationnelle est appréhendée :
ma propre position,
celle de l'autre,
ou une position davantage observatrice.
Les Submodalités décrivent plutôt les caractéristiques sensorielles de la représentation.
Changer de perspective relationnelle et modifier la taille d'une image ne sont donc pas deux manières de nommer le même processus.
Submodalités et travail sur l'Histoire de Vie
Certaines représentations liées au passé peuvent évidemment comporter des caractéristiques visuelles, auditives ou kinesthésiques particulières.
Mais travailler sur les Submodalités ne doit pas être confondu avec une démarche plus large portant sur l'histoire personnelle.
La RHV - Restructuration de l'Histoire de Vie s'intéresse à la manière dont certaines réactions, apprentissages et ressources peuvent traverser différentes périodes de l'histoire personnelle.
Elle mobilise une architecture beaucoup plus large.
Les Submodalités peuvent éventuellement y intervenir comme l'un des éléments du travail, mais elles ne constituent pas la RHV.
Les Submodalités et les expériences traumatiques : une prudence indispensable
Une représentation traumatique n'est pas simplement une image désagréable que l'on pourrait rendre plus petite ou plus sombre.
Les conséquences d'un trauma peuvent mobiliser :
mémoire,
émotions,
réponses physiologiques,
évitements,
croyances,
sentiment de sécurité,
réactions autonomes,
et de nombreux autres mécanismes.
Il serait donc réducteur de présenter les Submodalités comme un traitement du psychotrauma.
Lorsque des expériences traumatiques restent fortement actives, des approches spécifiques peuvent être indiquées selon la situation, notamment l'EMDR ou certaines thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma comme la CPT - Cognitive Processing Therapy
Les Submodalités peuvent appartenir à une boîte à outils plus large, mais elles ne doivent pas être présentées comme équivalentes à ces psychothérapies.
Que dit la science sur les Submodalités ?
Il faut ici distinguer des phénomènes psychologiques généraux et le modèle spécifique proposé par la PNL.
La psychologie cognitive et les neurosciences étudient depuis longtemps :
les représentations mentales,
l'imagerie mentale,
la mémoire,
les interactions entre perception et émotion,
les caractéristiques sensorielles de l'expérience mentale.
La recherche montre notamment que l'imagerie mentale peut avoir une relation importante avec l'émotion et que certaines caractéristiques de l'imagerie peuvent influencer l'expérience subjective.
Mais cela ne signifie pas que la théorie PNL des Submodalités dans son ensemble est scientifiquement validée.
Les évaluations générales de la PNL ont historiquement souligné l'insuffisance des preuves empiriques concernant plusieurs de ses affirmations spécifiques.
Il est donc plus rigoureux de distinguer :
- ce qui est étudié scientifiquement concernant l'imagerie mentale et les représentations,
de
- la conceptualisation particulière qu'en propose la PNL sous le terme de Submodalités.
Cette distinction permet de présenter la méthode sans lui attribuer artificiellement une validation scientifique plus importante que celle dont elle dispose réellement.
Ce que les Submodalités ne sont pas
Elles ne sont pas nos cinq sens eux-mêmes
Elles décrivent, dans le modèle PNL, certaines caractéristiques attribuées aux représentations sensorielles.
Elles ne sont pas des émotions
La peur, la joie ou la colère ne sont pas des Submodalités.
Elles ne sont pas les États Internes
Un état intérieur est une expérience globale beaucoup plus large.
Elles ne sont pas l'Association et Dissociation
Même si ces notions peuvent être mises en relation dans certains travaux, elles méritent d'être distinguées.
Elles ne constituent pas un traitement universel
Modifier une image mentale ne suffit évidemment pas à résoudre toutes les difficultés auxquelles une personne peut être confrontée.
Ce que les Submodalités nous apprennent surtout
Au-delà de la technique PNL elle-même, les Submodalités attirent notre attention sur une idée particulièrement intéressante :
- nous ne réagissons pas uniquement à ce qui s'est passé ou à ce que nous imaginons ; notre expérience dépend aussi de la manière dont cela est représenté intérieurement.
Un souvenir n'est pas seulement :
« cette scène ».
Il peut être :
cette scène très proche, très nette, accompagnée de cette voix et de cette sensation particulière.
Une anticipation n'est pas seulement :
« ma réunion de demain ».
Elle peut être :
une immense image de la salle, accompagnée d'une voix intérieure répétant que quelque chose va mal se passer.
S'intéresser aux Submodalités revient donc à regarder non seulement le contenu de notre expérience, mais également certaines caractéristiques de sa forme subjective.
Et parfois, lorsque la forme change, quelque chose dans notre relation à l'expérience peut également changer.
Pour poursuivre votre découverte de la PNL
Les Submodalités prennent davantage de sens lorsqu'elles sont reliées aux autres grands mécanismes du modèle PNL.
Vous pouvez poursuivre avec :
La PNL - PROGRAMMATION NEURO-LINGUISTIQUE — le MASTER permettant de retrouver l'ensemble de cette approche.
Etats Internes & Ressources internes — comprendre l'état depuis lequel nous percevons et agissons.
L'Ancrage : créer et mobiliser un État Ressource — comprendre comment un stimulus peut être associé à une ressource.
Association et Dissociation : ajuster la distance émotionnelle — comprendre différentes manières de vivre ou d'observer intérieurement une expérience.
Les Positions de Perception — comprendre comment notre point de vue peut modifier notre lecture d'une situation relationnelle.
RHV - Restructuration de l'Histoire de Vie — comprendre comment certaines réactions peuvent s'inscrire et se renforcer à travers notre histoire.
Conclusion — Changer la représentation, c'est parfois changer notre relation à l'expérience
Nous pensons souvent que ce qui nous affecte dépend uniquement du contenu :
ce souvenir,
cette personne,
cette situation,
cet événement à venir.
Les Submodalités invitent à regarder un niveau supplémentaire :
comment cette expérience existe-t-elle intérieurement ?
Est-elle proche ou lointaine ?
Immense ou petite ?
Lumineuse ou sombre ?
Silencieuse ou accompagnée d'une voix ?
Fixe ou en mouvement ?
Quelles sensations l'accompagnent ?
Cette exploration ne change pas les faits.
Elle ne réécrit pas ce qui s'est passé.
Elle ne garantit pas non plus qu'une difficulté disparaîtra simplement parce que nous modifions une représentation.
Mais elle ouvre une possibilité intéressante :
- ce que nous avons vécu et la manière dont nous continuons à nous le représenter ne sont pas exactement la même chose.
Et cette distinction peut parfois créer un nouvel espace de changement.
Faites le premier pas
Certaines situations continuent parfois à prendre beaucoup de place intérieurement : un souvenir, une anticipation, une peur, une conversation à venir ou une expérience que nous nous représentons encore et encore de la même manière.
Un accompagnement permet d'explorer ce qui se passe réellement dans votre expérience, ce qui contribue à la maintenir et les approches susceptibles de vous aider à retrouver davantage de choix.
Faites le premier pas en réservant un moment d'échange gratuit.
Ce premier échange permet de clarifier votre situation et d'identifier l'accompagnement qui pourrait être le plus pertinent pour vous.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement
















