Le bernard-l’hermite qui voulait grandir sans risque ni stress
Une métaphore originale de Coaching & Thérapies®.
EXTRAIT DE L’ARTICLE
Sa coquille l’avait longtemps protégé. Mais à mesure qu’il grandissait, elle devenait plus étroite, plus lourde et plus difficile à porter.
Une coquille plus vaste l’attendait à quelques pas sur le sable. Pour la rejoindre, il lui faudrait pourtant quitter l’ancienne et avancer quelques instants à découvert.
Attendrait-il encore que le ciel, la mer et le sable lui garantissent qu’il ne pouvait rien lui arriver ?
Sur une plage de sable clair vivait un petit bernard-l’hermite.
Depuis longtemps, il habitait la même coquille.
Elle l’avait protégé des vagues, des oiseaux et des longues journées de soleil. Il connaissait chacune de ses courbes et savait exactement comment s’y replier au moindre danger.
Mais, au fil du temps, son corps avait grandi.
Sa pince frottait contre l’ouverture.
Ses pattes trouvaient difficilement leur place.
La coquille lui semblait plus lourde et ses déplacements devenaient pénibles.
Il s’adapta.
Il marcha plus lentement.
Il évita les passages étroits.
Il raccourcit ses promenades et cessa de rejoindre les rochers les plus éloignés.
Puis, un matin, la mer déposa une grande coquille à quelques pas de lui.
Elle était vide, solide et suffisamment vaste pour accueillir son corps.
Le bernard-l’hermite s’en approcha.
Il en fit le tour, observa son ouverture et la toucha délicatement avec sa pince.
Elle semblait lui convenir parfaitement.
Mais, pour y entrer, il devait d’abord quitter l’ancienne.
Durant quelques instants, son abdomen tendre serait exposé sur le sable.
Une vague pouvait surgir.
Un oiseau pouvait apparaître.
Un autre animal pouvait s’emparer de la nouvelle coquille.
Il recula.
— Je changerai demain, lorsque les conditions seront meilleures.
Le lendemain, la mer était calme, mais le vent soufflait.
— Je préfère attendre.
Le jour suivant, le vent était tombé, mais une ombre traversa le ciel.
— Ce n’est pas encore suffisamment sûr.
Puis il y eut une vague un peu plus forte.
Un bruit derrière les rochers.
Une trace inconnue dans le sable.
Chaque jour, le bernard-l’hermite revenait observer la nouvelle coquille.
Et chaque jour, il trouvait une raison de reporter son passage.
Il ne refusait pas de changer.
Il voulait simplement être certain de pouvoir le faire sans danger, sans peur et sans stress.
Pendant ce temps, son corps continuait de grandir.
Il se replia davantage.
Il se déplaça de moins en moins.
Il renonça à certaines parties de la plage.
Sa coquille devenait trop étroite, mais elle restait connue.
Un soir, alors qu’il tentait de rejoindre son abri avant la marée, sa coquille se coinça entre deux rochers.
Il tira.
Elle ne bougea pas.
Une première vague atteignit ses pattes.
Il essaya de rentrer son corps à l’intérieur, mais il était devenu trop grand. Sa pince et plusieurs de ses pattes restaient exposées.
Une deuxième vague arriva.
Le bernard-l’hermite tira de toutes ses forces.
La coquille se libéra brusquement.
Il parvint à rejoindre le haut de la plage juste avant que l’eau ne recouvre le passage.
Longtemps, il resta immobile.
Puis il regarda cette coquille qui l’avait si souvent protégé.
Pour la première fois, il vit aussi ce qu’elle ne lui permettait plus de faire.
Le lendemain matin, le ciel était nuageux.
Le vent soulevait quelques grains de sable et la mer n’était pas parfaitement calme.
Le bernard-l’hermite retourna près de la grande coquille.
Il observa son ancienne protection.
Puis les quelques pas qui le séparaient de la nouvelle.
Il avait encore peur.
Alors, lentement, il sortit.
Son corps tendre toucha le sable.
Il se sentit vulnérable, exposé, sans abri.
Il aurait pu faire demi-tour.
Mais il avança.
Un pas.
Puis un autre.
Il atteignit la nouvelle coquille et s’y glissa.
Elle était plus grande.
Son corps y trouvait naturellement sa place.
Il déploya ses pattes, bougea sa pince et traversa sans difficulté le passage entre les rochers.
La mer n’était pas devenue plus calme.
Les oiseaux n’avaient pas disparu.
Et son corps tremblait encore légèrement.
Il avait longtemps attendu que le stress disparaisse pour pouvoir avancer.
Il venait de découvrir qu’il pouvait avancer sans attendre sa disparition.
Puis il partit explorer l’autre extrémité de la plage.
Et vous ?
En quoi cette histoire résonne-t-elle en vous ?
Qu’attendez-vous pour accomplir vos quelques pas à découvert ?
Reconnaissez-vous une situation dans laquelle vous attendez de ne plus ressentir aucune peur avant d’avancer ?
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