Ce que mon histoire personnelle apporte dans mon couple

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Je ne rencontre jamais l’autre avec une page blanche : j’entre dans la relation avec ce que j’ai vécu, appris, reçu… et parfois avec ce qui m’a manqué.

Lorsque deux personnes se rencontrent, nous pourrions imaginer que leur histoire commence ce jour-là.

Il y aurait MOI.

Il y aurait TOI.

Puis commencerait progressivement NOUS.

Mais chacun arrive déjà avec une histoire.

Bien avant cette rencontre, j’ai découvert ce que pouvait signifier aimer et être aimé.

J’ai observé des relations.

J’ai vécu des rapprochements et des séparations.

J’ai appris à faire confiance — ou à rester prudent.

J’ai reçu certaines formes d’attention et peut-être manqué de certaines autres.

J’ai connu des expériences heureuses, des déceptions, parfois des ruptures ou des trahisons.

J’ai développé une certaine représentation de ce qu’est un couple, de ce qu’un partenaire devrait être, de ce que l’on peut attendre de l’amour.

Et TOI aussi.

Ainsi, lorsque deux personnes commencent une relation, ce ne sont jamais seulement deux individus présents qui se rencontrent.

Ce sont aussi, d’une certaine manière, deux histoires qui entrent en relation.

La question n’est donc pas de savoir si mon passé influence mon couple.

Il est probablement plus intéressant de demander :

qu’est-ce que mon histoire personnelle apporte aujourd’hui dans ma manière d’aimer, d’interpréter et de vivre ma relation ?


Mon histoire ne commence pas avec mon premier couple

Nous apprenons énormément sur les relations bien avant d'avoir notre première relation amoureuse.

L’enfant observe.

Il ressent.

Il interprète.

Il apprend progressivement ce qui semble normal dans son environnement.

Comment les adultes se parlent-ils ?

Expriment-ils leur affection ?

Se touchent-ils ?

Se disputent-ils ?

Comment se réconcilient-ils ?

Parlent-ils de leurs émotions ?

Les désaccords sont-ils possibles ?

Existe-t-il de la tendresse ?

Du silence ?

Des cris ?

De l’humour ?

De la distance ?

De la coopération ?

Chacun peut ainsi construire, souvent sans en avoir conscience, une première représentation de ce à quoi ressemble une relation entre deux personnes qui comptent l’une pour l’autre.


Ce que j’ai observé peut devenir une référence sans que je l’aie choisi

Je peux avoir grandi en observant un couple très démonstratif.

Ou extrêmement discret.

Un couple dans lequel tout se disait.

Ou presque rien.

Un couple très fusionnel.

Ou constitué de deux personnes vivant largement chacune de leur côté.

Un couple dans lequel les conflits étaient discutés.

Ou évités.

Ou explosifs.

Ces expériences ne déterminent pas automatiquement ce que je deviendrai.

Mais elles peuvent participer à ce que je considère spontanément comme :

normal, rassurant, inquiétant, acceptable ou inhabituel dans une relation.


J’ai appris une certaine manière de recevoir et de donner de l’affection

Nous n’avons pas tous appris à reconnaître l’amour de la même manière.

Pour certains, l’affection passe beaucoup par les mots.

Pour d’autres, par les gestes.

La présence.

Les services rendus.

Le toucher.

Les attentions.

La disponibilité.

Le fait de prendre soin.

Une personne peut avoir appris :

« Quand on aime quelqu’un, on le lui dit. »

Une autre :

« Quand on aime quelqu’un, on est là lorsqu’il a besoin de nous. »

Une autre encore :

« L’amour n’a pas besoin d’être exprimé constamment : il se voit dans les actes. »

Puis ces personnes se rencontrent.

Et chacune peut avoir l’impression d’aimer clairement l’autre…

tout en se demandant pourquoi elle reçoit si peu en retour.


Nous pouvons donner de l’amour sous la forme que nous avons appris à reconnaître

C’est une source fréquente d’incompréhension.

Je peux donner énormément selon mes propres repères et pourtant ne pas répondre à ce qui permet à mon partenaire de se sentir aimé.

Et réciproquement.

La question devient alors moins :

« Qui aime le plus ? »

que :

« Comment chacun de nous a-t-il appris à reconnaître et à exprimer l’affection ? »


Mon histoire peut influencer ce que j’attends d’une relation

Certaines attentes nous semblent tellement naturelles que nous ne les identifions même plus comme des attentes.

Pour moi, il peut être évident qu’un couple :

passe beaucoup de temps ensemble ;

partage ses activités ;

se raconte tout ;

gère son argent ensemble ;

voit régulièrement sa famille ;

dort toujours dans le même lit ;

partage ses vacances ;

se téléphone plusieurs fois par jour ;

prend les grandes décisions à deux ;

ou, au contraire, préserve beaucoup d’espaces individuels.

Mais pourquoi cela me paraît-il évident ?

Parce que c’est universel ?

Ou parce que c’est ainsi que j’ai appris à imaginer le couple ?

Lorsque TOI possède d’autres références, une différence culturelle, familiale ou personnelle peut alors être interprétée comme un manque d’amour ou d’engagement.

Alors qu’il s’agit parfois simplement de deux cartes différentes de la vie à deux.


Ce que j’ai reçu peut influencer ce que je recherche

Notre histoire ne nous apporte pas seulement des modèles.

Elle nous apporte aussi des expériences.

Certaines ont pu nourrir un sentiment de sécurité.

J’ai été écouté(e).

Encouragé(e).

Reconnu(e).

Protégé(e).

Respecté(e).

J’ai pu compter sur certaines personnes.

Exprimer mes émotions.

Faire des erreurs sans perdre le lien.

Ces expériences peuvent devenir de véritables ressources dans une relation adulte.

Elles peuvent faciliter la confiance, la capacité à demander, à recevoir, à traverser un désaccord ou à croire que le lien peut survivre à une difficulté.


Notre histoire apporte aussi des ressources

Il serait réducteur de parler de notre passé uniquement sous l'angle des blessures.

Nous apportons également dans notre couple :

des valeurs ;

des apprentissages ;

des souvenirs heureux ;

des manières de prendre soin ;

des capacités relationnelles ;

des modèles inspirants ;

des traditions ;

des façons de célébrer ;

de l'humour ;

de la résilience ;

des expériences de confiance.

Notre histoire n’est donc pas seulement quelque chose dont nous devrions nous libérer.

Elle constitue aussi une partie de ce avec quoi nous pouvons construire.


Ce qui m’a manqué peut aussi entrer dans la relation

À l’inverse, certaines expériences ont pu être plus difficiles.

J’ai peut-être manqué d’attention.

De reconnaissance.

De disponibilité.

De stabilité.

De sécurité.

De liberté.

De tendresse.

Ou simplement de la possibilité d’être entendu(e) tel que j’étais.

Ces manques ne produisent pas mécaniquement un comportement particulier à l’âge adulte.

Mais ils peuvent parfois rendre certains besoins particulièrement sensibles.

Si j’ai souvent eu l’impression de ne pas compter, je peux devenir très attentif aux signes qui me permettent de vérifier ma place.

Si j’ai vécu beaucoup d’instabilité, certains changements peuvent me déstabiliser davantage.

Si mon autonomie a été peu respectée, une grande proximité peut parfois être ressentie comme envahissante.

Là encore, il ne s’agit pas de conclure :

« Je réagis ainsi parce que mes parents ont fait ceci ou cela. »

La réalité est beaucoup plus complexe.

Il s’agit plutôt de se demander :

« Est-ce que ce que je vis aujourd’hui rencontre quelque chose que j’ai déjà connu auparavant ? »


Mes relations précédentes entrent parfois dans la suivante

Notre histoire amoureuse ne disparaît pas nécessairement lorsque nous changeons de partenaire.

Une relation passée peut avoir renforcé notre confiance.

Elle peut nous avoir appris à mieux communiquer.

À poser des limites.

À reconnaître nos besoins.

À savoir ce que nous voulons.

Mais certaines expériences peuvent aussi laisser davantage de vigilance.

Après une infidélité, je peux devenir plus attentif à certains signes.

Après une relation particulièrement contrôlante, je peux devenir très sensible à tout ce qui ressemble à une restriction de liberté.

Après une rupture brutale, certains changements de comportement peuvent réveiller rapidement une inquiétude.

Après avoir été régulièrement dévalorisé(e), une remarque pourtant anodine peut être reçue avec une intensité particulière.


TOI peut parfois rencontrer les conséquences de ce qu’un autre a fait

C’est l’un des enjeux délicats des nouvelles relations.

Mon partenaire actuel peut être fiable…

et je peux pourtant avoir peur d’être trahi(e).

Il peut respecter mon autonomie…

et je peux craindre d’être contrôlé(e).

Il peut m’aimer…

et je peux avoir du mal à croire que cet amour durera.

Cela ne signifie pas que mes réactions sont absurdes.

Elles peuvent avoir une cohérence dans mon histoire.

Mais elles ne décrivent pas nécessairement correctement la personne qui se trouve aujourd’hui devant moi.


Le présent peut parfois réveiller le passé

Imaginons une situation simple.

Mon partenaire rentre beaucoup plus tard que prévu sans m’avoir prévenu(e).

Objectivement, il existe un événement présent :

il est en retard et je n’ai pas reçu de message.

Mais cet événement peut être vécu de multiples manières.

Une personne sera simplement contrariée.

Une autre inquiète.

Une autre furieuse.

Une autre immédiatement méfiante.

Une autre presque indifférente.

Pourquoi une même situation provoque-t-elle des expériences si différentes ?

Parce que nous ne réagissons jamais uniquement à des faits.

Nous réagissons aussi à la signification que ces faits prennent pour nous.

Et cette signification peut parfois être nourrie par notre histoire.


« Ce qui se passe » et « ce que cela signifie pour moi » ne sont pas toujours la même chose

C’est une distinction extrêmement utile dans le couple.

Le comportement de l’autre est réel.

Mais l’interprétation que j’en fais m’appartient également.

« Il ne répond pas » est une observation.

« Il ne pense jamais à moi » est déjà une interprétation.

« Je ne compte pas pour lui » en est une autre.

« Il va me quitter » en est encore une autre.

Entre le comportement de TOI et la réaction de MOI peuvent donc s’insérer mes expériences, mes croyances, mes attentes et mes peurs.

Les identifier ne consiste pas à nier ce que fait l’autre.

Cela permet simplement de distinguer plus clairement le présent et ce que mon histoire ajoute parfois au présent.


Nous pouvons répéter ce que nous connaissons… même lorsque nous ne le voulons pas

« Jamais je ne vivrai ce que mes parents ont vécu. »

Cette décision peut être profondément sincère.

Et pourtant, nous pouvons parfois découvrir quelques années plus tard certaines ressemblances que nous n’avions jamais souhaitées.

Pourquoi ?

Parce que vouloir consciemment faire différemment ne suffit pas toujours à savoir comment faire différemment.

Nous pouvons connaître parfaitement ce que nous ne voulons pas reproduire…

sans avoir encore construit une autre manière de fonctionner.


Faire l’inverse n’est pas toujours sortir du modèle

Je peux également construire ma vie en opposition à ce que j’ai connu.

Si ma famille était très fusionnelle, je peux valoriser fortement l’indépendance.

Si les conflits étaient permanents, je peux vouloir les éviter à tout prix.

Si mes parents contrôlaient beaucoup, je peux refuser toute contrainte relationnelle.

Cela peut constituer une évolution.

Mais parfois, ma vie reste encore organisée en réaction à ce que j’ai vécu.

La liberté apparaît davantage lorsque je peux choisir ce qui me convient aujourd’hui, plutôt que simplement reproduire ou faire systématiquement l’inverse.


Les règles familiales peuvent continuer à voyager avec nous

Chaque famille possède aussi des règles plus ou moins explicites.

« Les problèmes restent dans la famille. »

« On ne parle pas d’argent. »

« Il faut toujours aider les siens. »

« On ne montre pas ses faiblesses. »

« Les enfants passent avant tout. »

« On ne se couche jamais fâchés. »

« Il faut pardonner. »

« On ne dépend de personne. »

« La famille passe avant le couple. »

Ces règles peuvent être transmises sans jamais avoir été formulées clairement.

Puis deux personnes issues de deux familles différentes construisent leur propre couple.

Et découvrent parfois qu’elles transportent avec elles deux ensembles de règles invisibles.

Ce qui paraît évident à MOI peut sembler incompréhensible à TOI.


Les loyautés familiales peuvent parfois entrer dans le couple

Construire une relation implique progressivement de créer un nouvel équilibre entre la famille dont je viens et le couple que je construis.

Cette transition n’est pas toujours simple.

Quelle place donner à mes parents ?

À ma belle-famille ?

Aux traditions familiales ?

Aux fêtes ?

Aux vacances ?

Aux demandes d’aide ?

Aux avis de chacun ?

À ce qui doit rester privé dans notre couple ?

Certaines tensions présentées comme des conflits entre partenaires concernent en réalité aussi la place que chacun donne à sa famille d’origine dans le nouveau système relationnel.

Créer NOUS demande parfois d’apprendre à reconnaître ce que je souhaite conserver de mon histoire familiale…

et ce que je souhaite désormais décider autrement.


Mon histoire peut influencer ma manière de vivre le conflit

Pour certaines personnes, le conflit est relativement normal.

On peut se disputer.

Parler fort.

Exprimer son désaccord.

Puis se réconcilier.

Pour d’autres, le conflit annonce immédiatement un danger.

La relation est menacée.

Il faut absolument rétablir l’harmonie.

Ou partir.

Ou se taire.

Ou céder.

Une personne ayant grandi dans un environnement où les désaccords étaient discutés calmement n’a pas nécessairement appris la même chose qu’une personne ayant vécu des conflits imprévisibles ou extrêmement intenses.

Ainsi, lorsque MOI et TOI nous disputons, nous ne réagissons pas seulement au sujet du désaccord.

Nous pouvons aussi réagir à ce que le conflit représente pour chacun de nous.


Mon histoire influence parfois ma manière de vivre la confiance

Faire confiance n’est pas simplement une décision rationnelle.

Je peux savoir intellectuellement que mon partenaire est fiable et ressentir malgré tout de l’inquiétude.

À l’inverse, je peux accorder très rapidement ma confiance parce que j’ai appris à considérer la relation comme un espace relativement sûr.

Nos expériences participent parfois à la facilité ou à la difficulté avec laquelle nous pouvons :

croire l’autre ;

nous laisser aider ;

accepter de ne pas tout contrôler ;

tolérer une absence ;

ne pas vérifier ;

montrer une fragilité ;

croire que le lien restera présent malgré un désaccord.

Mais la confiance n’est pas seulement héritée du passé.

Elle se construit aussi dans le présent.

TOI peut progressivement me donner des raisons de faire confiance.

Ou, au contraire, me donner des raisons de devenir prudent(e).

Il est donc essentiel de ne pas expliquer toute difficulté actuelle par mon histoire personnelle.


Tout ne vient pas de mon passé

C’est un point fondamental.

Une personne peut avoir une histoire difficile et construire aujourd’hui une relation sécurisante.

Une autre peut avoir grandi dans un environnement relativement stable et rencontrer pourtant d’importantes difficultés de couple.

Et surtout :

certaines inquiétudes sont parfaitement adaptées à ce qui se passe aujourd’hui.

Si mon partenaire me ment régulièrement, ma méfiance n’est pas nécessairement une projection du passé.

S’il franchit mes limites, mon inconfort n’est pas forcément une vieille blessure.

S’il disparaît régulièrement sans explication, mon inquiétude n’est pas nécessairement un « problème d’attachement ».

S’il me dévalorise, je n’ai pas besoin de rechercher immédiatement dans mon enfance pourquoi cela me fait souffrir.


Comprendre mon histoire ne doit jamais servir à nier la réalité présente

C’est un risque réel.

À force de rechercher ce qui vient de MOI, je pourrais finir par excuser tout ce que fait TOI.

Ce serait une erreur.

Une lecture équilibrée consiste à pouvoir regarder simultanément :

ce que fait réellement l’autre ;

ce que cela provoque en moi ;

ce que mon histoire peut amplifier, atténuer ou orienter ;

et ce qui appartient réellement à la dynamique actuelle de notre couple.


Comprendre n’est pas accuser

Explorer son histoire peut également conduire à une autre simplification :

chercher un responsable.

Mes parents.

Un ancien partenaire.

Une séparation.

Une expérience particulière.

Mais comprendre comment un fonctionnement s’est construit ne nécessite pas nécessairement de désigner un coupable.

Nos parents avaient eux-mêmes une histoire.

Des ressources.

Des limites.

Un contexte.

Des apprentissages.

Et nos relations précédentes ont été constituées, elles aussi, de dynamiques complexes.

La question la plus utile n’est donc pas toujours :

« À cause de qui suis-je devenu(e) comme cela ? »

Mais :

« Maintenant que je comprends mieux ce qui s’est construit en moi, qu’est-ce que je souhaite en faire aujourd’hui ? »


Mon histoire m’influence ; elle ne me condamne pas

C’est probablement le point essentiel de cet article.

Comprendre notre histoire ne doit jamais devenir une nouvelle forme de fatalisme.

« Je suis comme ça parce que j’ai vécu ça. »

« Dans ma famille, nous sommes tous comme ça. »

« J’ai toujours choisi le même type de partenaire. »

« Je ne sais pas faire autrement. »

Notre histoire participe à ce que nous sommes.

Mais elle n’est pas notre destin.

Nous pouvons apprendre à repérer certaines réactions.

Questionner certaines croyances.

Développer de nouvelles compétences relationnelles.

Vivre de nouvelles expériences.

Construire progressivement d’autres manières de faire.


Ce qui a été appris peut parfois être réinterrogé

Je peux découvrir que le conflit n’entraîne pas nécessairement la rupture.

Que poser une limite ne signifie pas perdre l’autre.

Que je peux demander sans exiger.

Faire confiance sans renoncer à mon discernement.

Être autonome sans me couper.

Être proche sans disparaître.

Recevoir sans devenir dépendant(e).

Aimer sans devoir contrôler.

Le couple peut alors devenir non seulement le lieu où certains anciens fonctionnements réapparaissent…

mais également un lieu où de nouvelles expériences relationnelles deviennent possibles.


Deux histoires se rencontrent

Il serait évidemment incomplet de regarder uniquement mon histoire.

TOI aussi arrives avec la tienne.

Ce que je considère comme rassurant peut t’inquiéter.

Ce que je considère comme de l’attention peut te sembler intrusif.

Ce que j’appelle indépendance peut être vécu par toi comme de la distance.

Ce que tu appelles proximité peut parfois être vécu par moi comme une perte d’espace.

Nous pouvons alors nous juger :

« Tu es trop… »

« Tu n’es pas assez… »

Alors que derrière certaines différences se trouvent simplement deux apprentissages relationnels différents.


Comprendre l’histoire de l’autre ne signifie pas tout accepter

Cette distinction est importante.

Comprendre pourquoi mon partenaire réagit d’une certaine manière peut développer mon empathie.

Mais comprendre n’oblige pas à accepter n’importe quel comportement.

Une histoire difficile peut expliquer une réaction.

Elle ne la rend pas automatiquement acceptable.

Je peux comprendre TOI tout en maintenant les limites nécessaires à MOI.

C’est précisément cette articulation qui permet progressivement de construire NOUS.


Quelques questions pour explorer ce que mon histoire apporte dans mon couple

Quel modèle de couple ai-je principalement observé en grandissant ?

Comment l’affection était-elle exprimée autour de moi ?

Comment les désaccords étaient-ils vécus ?

Quelle place avait la parole ?

Et le silence ?

Qu’ai-je appris sur la fidélité, l’engagement, l’autonomie ou la famille ?

Qu’est-ce qui me semblait manquer dans les relations que j’observais ?

Qu’est-ce que j’ai au contraire envie de conserver ?

Quelles expériences relationnelles m’ont particulièrement construit(e) ?

Qu’est-ce que mes relations précédentes m’ont appris ?

Quelles situations actuelles provoquent parfois en moi des réactions particulièrement intenses ?

Est-ce que certaines ressemblent à quelque chose que j’ai déjà vécu ?

Quelles règles familiales ai-je peut-être transportées dans mon couple sans les avoir choisies consciemment ?

Qu’est-ce que je reproduis ?

Qu’est-ce que je fais systématiquement à l’inverse ?

Et surtout :

qu’est-ce que je souhaite aujourd’hui choisir consciemment de conserver, transformer ou construire autrement ?


Le regard du Coach & Thérapeute de Couple


Lorsqu’une difficulté se répète dans une relation, une question revient souvent :

« Pourquoi est-ce que cette situation me touche autant ? »

Cette question ne signifie pas que le problème est nécessairement en moi.

Elle ouvre simplement un espace supplémentaire.

Parce qu’un événement actuel peut parfois rencontrer une expérience ancienne et acquérir ainsi une intensité particulière.

L’accompagnement peut alors permettre de distinguer plusieurs niveaux :

ce qui se passe réellement aujourd’hui ;

ce que MOI ressens et interprète ;

ce que mon histoire peut contribuer à activer ;

ce que TOI apporte de ton propre parcours ;

et ce que nos deux fonctionnements construisent ensemble dans NOUS.

Cette distinction évite deux impasses opposées.

La première consiste à penser :

« Tout vient de mon partenaire. »

La seconde :

« Tout vient de mon passé. »

Entre les deux existe une lecture beaucoup plus riche :

mon histoire rencontre ton histoire dans une situation présente.

Et c’est à partir de cette rencontre que nous construisons, consciemment ou non, notre manière particulière d’être en couple.


De mon histoire à mes attentes envers TOI

Dans l’article précédent, « MOI : qui suis-je lorsque j’entre dans une relation ?  », nous avons observé ce qui apparaît en moi lorsque la relation devient importante.

Ici, nous avons commencé à regarder d’où certains de ces fonctionnements peuvent venir.

Une nouvelle question apparaît maintenant.

Si mon histoire comporte des manques, des blessures, des déceptions ou des expériences qui n’ont pas trouvé d’issue satisfaisante…

qu’est-ce que j’attends parfois de mon partenaire à cet endroit ?

Peut-être que TOI devient, sans le savoir :

celui ou celle qui doit enfin me rassurer ;

me choisir ;

ne jamais partir ;

me donner la reconnaissance que je n’ai pas reçue ;

me permettre de me sentir suffisamment important(e) ;

me prouver que je peux faire confiance ;

ou me donner ce que j’ai longtemps attendu ailleurs.

La relation peut évidemment être profondément réparatrice.

Mais une question délicate apparaît :

jusqu’où mon partenaire peut-il participer à cette réparation… et à partir de quand lui demandé-je de réparer à ma place quelque chose qui appartient aussi à mon histoire ?

Ce sera précisément la prochaine étape de MA VIE DE COUPLE :

« Est-ce que j’attends de mon partenaire qu’il répare quelque chose en moi ? »


Pour poursuivre MA VIE DE COUPLE

MOI : qui suis-je lorsque j’entre dans une relation ?
Observer les besoins, les réactions, les limites et les stratégies qui apparaissent lorsque quelqu’un devient important pour moi.

Pourquoi est-ce que je veux être en couple ?
Explorer les motivations, les désirs, les besoins et les attentes qui peuvent se trouver derrière mon envie de vivre à deux.

Est-ce que j’attends de mon partenaire qu’il répare quelque chose en moi ? →
Explorer ce que nous pouvons attendre d’une relation et ce que nous risquons parfois de demander à l’autre de réparer pour nous.

TOI : aimer l’autre tel qu’il est… ou tel que je voudrais qu’il soit ? →
Quitter progressivement l’exploration de MOI pour rencontrer véritablement la personne qui se trouve en face de moi.

Peut-on aimer quelqu’un sans vraiment le connaître ? →
Interroger ce que nous savons réellement de l’autre derrière nos habitudes, nos projections et nos représentations.

MA VIE DE COUPLE — MOI • TOI • NOUS • LE CHEMIN®
Retrouver le MASTER et l’ensemble du parcours.


Mon histoire fait partie de moi, mais elle n’écrit pas seule la suite

Je ne peux pas entrer dans une relation sans mon histoire.

Et je n’ai pas besoin de l’effacer pour aimer.

Elle contient ce que j’ai reçu.

Ce qui m’a manqué.

Ce que j’ai appris.

Ce que j’ai aimé.

Ce que j’ai subi.

Ce que j’ai compris.

Ce que j’ai peut-être encore à comprendre.

Mais lorsque je commence à reconnaître ce que cette histoire apporte dans mon couple, une possibilité nouvelle apparaît :

je peux distinguer davantage ce qui appartient à hier de ce qui se passe aujourd’hui.

Je peux découvrir que TOI n’est pas nécessairement celui ou celle que j’ai connu auparavant.

Je peux reconnaître qu’une réaction très forte raconte peut-être plusieurs histoires à la fois.

Je peux conserver certains héritages.

En abandonner d’autres.

En transformer certains.

Et surtout, je peux participer plus consciemment à la construction de quelque chose qui n’existait ni dans mon histoire, ni dans la tienne :

notre manière à nous d’être ensemble.

C’est là que MOI et TOI peuvent progressivement construire NOUS.

Et écrire, plutôt que simplement répéter, LE CHEMIN®.


Faites le premier pas

Vous avez l’impression que certaines situations se répètent dans vos relations ?

Certaines réactions vous semblent disproportionnées par rapport à ce qui se passe aujourd’hui ?

Vous reconnaissez dans votre couple certains modèles familiaux ou certaines expériences déjà vécues auparavant ?

Ou vous souhaitez simplement mieux comprendre ce que votre histoire personnelle apporte dans votre manière d’aimer aujourd’hui ?

Un accompagnement peut permettre de distinguer ce qui appartient au présent, ce qui peut être réactivé par votre histoire et ce qui se construit actuellement dans votre relation.

L’objectif n’est pas d’effacer votre passé.

Il est de faire en sorte qu’il ne décide pas seul de votre présent.

Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.

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