Trouver la bonne personne… ou devenir la bonne personne ?
Nous consacrons parfois beaucoup d’énergie à chercher la personne qui nous conviendra. Mais beaucoup moins à nous demander :
quelle personne nous sommes nous-mêmes lorsque nous entrons dans une relation.
La bonne personne.
Celle avec qui tout deviendrait enfin simple.
Celle qui nous comprendrait.
Qui nous aimerait comme nous avons besoin de l’être.
Qui partagerait suffisamment nos valeurs, nos envies et nos projets.
Qui nous rassurerait sans nous étouffer.
Qui nous laisserait libre sans nous abandonner.
Qui saurait communiquer.
Qui serait disponible, tendre, fidèle, autonome, attentionnée…
La liste peut être longue.
Et il est parfaitement légitime d’avoir des attentes et des critères lorsque nous choisissons quelqu’un avec qui partager notre vie.
Mais une question est beaucoup moins souvent posée :
Et moi, suis-je la personne avec laquelle j’aimerais être en couple ?
Chercher la bonne personne : une question légitime
Toutes les personnes ne sont évidemment pas compatibles entre elles.
Nous pouvons avoir des valeurs profondément différentes.
Des projets de vie incompatibles.
Des attentes relationnelles éloignées.
Des conceptions différentes de la fidélité, de la famille, de l’argent, de la sexualité, de l’engagement ou de la liberté.
L’attirance ne suffit donc pas nécessairement pour construire une relation durable.
Choisir son partenaire compte.
Et il serait absurde de prétendre que travailler sur soi permettrait de construire une relation heureuse avec n’importe qui.
La question n’est donc pas de renoncer à chercher quelqu’un qui nous corresponde.
Elle consiste à ajouter une deuxième question à la première :
Est-ce que cette personne me correspond ?
mais aussi :
Suis-je moi-même capable de construire la relation que j’attends d’elle ?
Nous avons parfois une liste pour l’autre…
mais pas pour nous-mêmes
Imaginons que je souhaite rencontrer quelqu’un :
qui communique,
qui écoute,
qui respecte mes limites,
qui sache s’engager,
qui ne cherche pas à me contrôler,
qui soit affectivement disponible,
qui sache reconnaître ses erreurs,
qui puisse parler de ses émotions,
qui respecte mon autonomie,
qui soit capable de traverser un désaccord sans remettre immédiatement la relation en cause.
Très bien.
Mais retournons maintenant la liste.
Et moi ?
Est-ce que je sais communiquer lorsque je suis contrarié(e) ?
Est-ce que j’écoute réellement lorsque je ne suis pas d’accord ?
Est-ce que je respecte les limites de l’autre lorsqu’elles me frustrent ?
Est-ce que je peux m’engager sans avoir le sentiment de perdre ma liberté ?
Est-ce que je cherche parfois à contrôler lorsque j’ai peur ?
Est-ce que je suis émotionnellement disponible ?
Est-ce que je sais reconnaître mes erreurs ?
Est-ce que je peux exprimer ce que je ressens autrement que par le reproche, le silence ou la colère ?
Est-ce que je respecte l’autonomie de l’autre lorsqu’elle réveille chez moi de l’insécurité ?
Que devient ma manière d’aimer lorsque je suis blessé(e), frustré(e), inquiet(e) ou en colère ?
La question devient alors beaucoup plus intéressante.
Je ne suis plus uniquement en train d’évaluer TOI.
Je commence à regarder MOI.
La personne que je suis célibataire n’est pas exactement celle que je deviens en couple
C’est l’un des paradoxes intéressants de la relation amoureuse.
Je peux me sentir autonome, serein, confiant et équilibré lorsque je suis seul…
puis découvrir certaines parties de moi lorsqu’un lien affectif devient important.
Pourquoi ?
Parce que l’autre compte.
Et dès lors qu’il compte, quelque chose devient possible :
le perdre.
La proximité peut réveiller la peur de l’abandon.
La distance peut réveiller le rejet.
Le silence peut devenir inquiétant.
Une ancienne trahison peut rendre la confiance plus difficile.
Un désaccord peut être vécu comme une menace.
Le besoin d’autonomie de l’autre peut être interprété comme un désamour.
Une remarque peut toucher une blessure beaucoup plus ancienne que la relation.
Le couple devient alors parfois un révélateur.
Il ne crée pas nécessairement toutes nos fragilités : il leur offre un contexte dans lequel elles peuvent apparaître.
Devenir « la bonne personne » ne signifie pas devenir parfait(e)
L’expression pourrait être trompeuse.
Il n’existe probablement pas de « bonne personne » universelle.
Et il ne s’agit certainement pas de devenir un partenaire parfait avant d’avoir le droit d’aimer.
Nous arrivons tous dans une relation avec une histoire.
Des forces.
Des vulnérabilités.
Des besoins.
Des apprentissages.
Des blessures parfois.
Des contradictions aussi.
La véritable question est moins :
« Ai-je tout réglé ? »
que :
« Que fais-je de ce qui m’appartient ? »
Puis-je prendre soin de ce qui m’appartient ?
Si j’ai peur d’être abandonné(e), puis-je progressivement reconnaître cette peur sans demander à l’autre de me rassurer à chaque instant ?
Si j’ai été trahi(e), puis-je distinguer la personne qui est aujourd’hui devant moi de celle qui m’a blessé(e) hier ?
Si j’ai besoin de contrôler pour me sentir en sécurité, puis-je apprendre à construire davantage de sécurité intérieure ?
Si je réagis très fortement à la frustration, puis-je travailler ma manière de la traverser ?
Si je ne sais pas poser mes limites, puis-je apprendre à dire non plutôt que d’accumuler du ressentiment ?
Et si je découvre quelque chose que je n’arrive pas à transformer seul(e), puis-je accepter de me faire accompagner ?
C’est probablement là que commence une forme de maturité relationnelle :
ne pas demander à l’autre de porter seul ce qui demande aussi un travail en moi.
Attention à une autre confusion : devenir la personne que l’autre veut
« Devenir la bonne personne » pourrait aussi être compris d’une manière dangereuse :
me transformer pour être choisi(e).
Ce n’est absolument pas l’idée.
Il ne s’agit pas de devenir plus séduisant, plus docile, plus accommodant ou plus conforme aux attentes de quelqu’un.
Il ne s’agit pas davantage de renoncer à ses besoins ou à ses limites pour « réussir » son couple.
Au contraire.
Devenir davantage soi
Construire une relation vivante suppose aussi de pouvoir :
connaître ses besoins,
exprimer ses désaccords,
dire non,
poser des limites,
préserver son individualité,
assumer ses valeurs,
et parfois reconnaître qu’une relation ne nous convient pas.
Devenir la bonne personne ne signifie donc pas devenir la bonne personne pour n’importe qui.
Cela signifie devenir davantage capable d’être soi-même dans une relation, tout en laissant à l’autre la possibilité d’être lui-même.
La bonne rencontre ne suffit pas : il faut encore savoir construire
Deux personnes peuvent énormément s’aimer et rencontrer malgré tout des difficultés importantes.
Parce qu’une relation ne repose pas uniquement sur le choix initial.
Elle se construit.
Au fil du temps apparaissent les différences.
Les habitudes.
Les frustrations.
Les attentes implicites.
La sexualité qui évolue.
Les projets.
Les contraintes professionnelles.
La famille.
Parfois les enfants.
Les épreuves.
Et les transformations personnelles de chacun.
La question n’est alors plus seulement :
« Ai-je trouvé la bonne personne ? »
Elle devient :
« Que savons-nous construire ensemble lorsque la vie devient moins simple ? »
Nous passons alors progressivement de :
MOI → TOI → NOUS → LE CHEMIN®
Être la bonne personne… pour cette relation-là
Il existe encore une nuance importante.
Nous pouvons avoir développé de belles capacités relationnelles et rencontrer quelqu’un avec qui la relation ne fonctionne pas.
Parce qu’il existe aussi une question de compatibilité.
Nos valeurs peuvent être trop éloignées.
Nos projets peuvent être incompatibles.
Nos besoins essentiels peuvent difficilement coexister.
La relation peut également devenir destructrice ou ne plus correspondre à ce que l’un des deux souhaite vivre.
Le travail sur soi ne doit donc jamais servir à conclure :
« Si cette relation échoue, c’est que je n’ai pas suffisamment travaillé sur moi. »
Une relation se construit à deux.
Je peux prendre ma part de responsabilité sans prendre toute la responsabilité.
Et cette distinction sera essentielle tout au long de MA VIE DE COUPLE.
Quelques questions à se poser avant de chercher l’autre
Plutôt que d’établir uniquement la liste des qualités recherchées chez un partenaire, essayez un instant de retourner le regard.
Quelle relation ai-je envie de vivre ?
Quelle personne ai-je envie d’être dans cette relation ?
Qu’est-ce que je sais déjà apporter à quelqu’un ?
Qu’est-ce qui devient difficile chez moi lorsque je m’attache ?
Comment est-ce que je réagis lorsque je me sens rejeté(e), frustré(e), jaloux(se) ou inquiet(e) ?
Quelles expériences de mes relations précédentes ai-je réellement comprises ?
Qu’est-ce que je ne veux plus reproduire ?
Quelles limites suis-je capable de poser ?
Quelles limites suis-je capable de respecter ?
Et enfin :
Est-ce que je cherche quelqu’un avec qui construire… ou quelqu’un qui viendra résoudre ce que je n’arrive pas encore à construire en moi ?
Le regard du Coach & Thérapeute de Couple
Chercher la « bonne personne » place naturellement notre regard vers l’extérieur.
TOI dois me convenir.
TOI dois me comprendre.
TOI dois répondre à mes besoins.
TOI dois savoir aimer.
Mais une relation transforme nécessairement cette logique.
Car lorsque TOI apparaît, il rencontre immédiatement MOI.
Mon histoire rencontre ton histoire.
Mes besoins rencontrent les tiens.
Mes blessures peuvent rencontrer les tiennes.
Mes stratégies de protection peuvent déclencher les tiennes.
Et progressivement, nos réactions réciproques construisent NOUS.
C’est précisément pour cela qu’une difficulté de couple ne peut pas toujours être comprise en cherchant simplement lequel des deux « pose problème ».
Parfois, quelque chose nécessite un travail chez l’un.
Parfois chez l’autre.
Parfois c’est surtout la dynamique créée entre les deux qui doit évoluer.
Et très souvent, ces dimensions se combinent.
La question devient alors moins :
« Qui est la bonne personne ? »
que :
« Que doit comprendre et transformer chacun pour que nous puissions construire ensemble la relation que nous souhaitons vivre ? »
De MOI vers TOI
Le premier article de ce parcours posait la question :
« Suis-je vraiment prêt(e) à vivre en couple ? »
Celui-ci nous invite à déplacer encore légèrement le regard :
avant d’attendre beaucoup de l’autre, que suis-je prêt(e) à apporter moi-même dans la relation ?
Mais le travail sur MOI ne constitue pas une fin.
Car on peut énormément travailler sur soi…
et rester incapable de rencontrer réellement quelqu’un d’autre.
La prochaine étape est donc essentielle.
Il faut maintenant passer de :
MOI
à :
TOI.
Et nous demander :
Sommes-nous simplement en couple… ou sommes-nous véritablement en relation ?
Pour poursuivre MA VIE DE COUPLE
- Suis-je vraiment prêt(e) à vivre en couple ?
Revenir à la première étape : ma disponibilité personnelle pour entrer en relation.
- Être en couple… ou être véritablement en relation ?
ARTICLE SUIVANT : quitter progressivement le seul regard sur MOI pour rencontrer réellement TOI.
- Les besoins affectifs dans le couple
Comprendre ce que chacun attend et recherche dans la relation.
- L’attachement et la liberté dans le couple
Construire de la proximité sans perdre son individualité.
- MA VIE DE COUPLE — MOI • TOI • NOUS • LE CHEMIN®
Retrouver le MASTER SOMMAIRE et les 9 grands chapitres.
Et si le même scénario se répète ?
Lorsque les relations se ressemblent, que les mêmes difficultés reviennent ou que certaines réactions semblent plus fortes que ce que la situation présente permet d’expliquer, il peut être utile de regarder autrement ce qui se joue.
Non pas pour chercher ce qui « ne va pas » chez soi.
Mais pour identifier ce que l’on apporte dans ses relations, ce que l’on recherche, ce que l’on redoute et ce qui pourrait aujourd’hui évoluer.
Et lorsqu’un couple existe déjà, ce travail permet également de mieux distinguer :
ce qui appartient à MOI,
ce qui appartient à TOI,
ce que nous construisons dans NOUS,
et ce que nous souhaitons faire de notre CHEMIN®.
Faites le premier pas en réservant un moment d’échange gratuit.
Nous pourrons faire un premier point sur votre situation et déterminer ce qui pourrait être utile de comprendre, de travailler ou de transformer.
20 min – Gratuit – Confidentiel – Sans engagement
















